CHAPITRE II
Les différents hoquets.
Le hoquet est, suivant Eloy, « une contraction subite et spasmodique du diaphragme déterminant une secousse brusque des parois abdominales et thoraciques et s’accompagnant d'un bruit rauque et inarticulé causé par le resserrement et la vibration sonore des lèvres de la glotte ».
‘C'est Béclard qui en a fait la meilleure étude et la pathogénie du hoquet date de lui. La bibliographie sur la question est énorme, elle est très bien résumée dans un article déjà ancien, de Berthier, dans la Gazette des Hôpitaux du 6 juillet 1905 et dans une Thèse de Guidoni, de Montpellier 1912. Il semble que les auteurs modernes aient un peu délaissé ce phénomène qui constitue cependant un symptôme précieux de bien des affections. Peut-être même est-ce parce qu’il est trop général qu'il a été laissé dans l’ombre. L’épidémie actuelle rappelant l'attention sur lui, sera une excellente chose.
Le hoquet nous apparait comme une modalité de l’acte respiratoire, une modification intermittente du rythme ordinaire, sous l'influence d’une cause pathologique. Le Professeur Pitres, à propos de l’hystérie, classant les divers spasmes respiratoires, mit le hoquet dans les spasmes simples. Dans cette catégorie, la toux et le renâclement constituent les spasmes expiratoires, le hoquet et le reniflement, les spasmes inspiratoires. A propos de l’hystérie,
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Déjerine dit aussi : « Le hoquet est le type des spasmes inspiratoires. Il est plus rare que la toux, il survient volontiers chez les hystériques gastralgiques, il apparaît sous une cause légère, une ingestion alimentaire ou même sans cause; il est bruyant, rare pendant les attaques, cesse pendant le sommeil, associé parfois au bâillement. »
Nous appellerions plus volontiers le hoquet : réflexe que spasme; il nous apparaît comme le réflexe inspiratoire, par opposition à la toux qui serait le réflexe expiratoire, apparaissant l’un et l’autre sous l'influence d’une cause pathologique. Ils font partie l’un et l’autre de l'ensemble des phénomènes respiratoires, ils sont dépendants des mêmes centres cérébraux et bulbaires, des mêmes nerfs, des mêmes muscles, des mêmes organes.
Il existe un centre cérébral de la respiration, dans la région de l’opercule : c'est un centre supérieur, présidant aux mouvements volontaires de la respiration et contrôlant peut-être dans une certaine mesure les actions du centre inférieur ou bulbaire. Car le vrai centre respiratoire est dans le bulbe (Galien, Legallois 1812, Flourens), c’est là le centre véritable, autonome et qui se suffit à lui-même pour maintenir automatiquement cet ensemble de mouvements inconscients qui forment la respiration. Déjerine dit : « Il existe dans le bulbe, un centre respiratoire double et bilatéral, situé vers la pointe du V du calamus scriptorius, au niveau de l'origine du pneumogastrique. Il se compose de deux portions distinctes : l’une présidant à l'expiration, l’autre à l'inspiration. Le centre bulbaire est influencé par diverses impressions sensitives (voie centripète) dont la voie principale est le pneumogastrique et aussi les’ centres cérébraux de la phonation et de la respiration, qui sont localisés dans l'opercule. D'autre part, le centre bulbaire commande aux centres médullaires d’innervation des muscles respiratoires, qui siègent entre la quatrième paire cervicale et la huitième dorsale, parmi les centres médullaires qui président aux actes moteurs de la respiration, la
voie centrifuge la plus importante est célle du nerf phrénique. »
D'après Milavsky (1885), de l’Université russe de Kazan, ce centre bulbaire serait un peu au-dessous des noyaux du pneumogastrique et en dedans des racines de l'hypoglosse.
La physiologie nous apprend enfin que les centres respiratoires réagissent aussi par mode réflexe aux impressions sensitives venues de la périphérie générale ou de la péri-phérie pulmonaire (Gley), par irritation de la muqueuse nasale, par exemple, par la voie du trijumeau ou du nerf laryngé supérieur.
Nous rencontrerons donc le hoquet dans toutes les affections qui peuvent intéresser le territoire du pneumogastrique et même du phrénique, car ce dernier contient quelques fibres sensitives centripètes. Une excitation portant sur les filets terminaux de ces nerfs, ira se réfléchir au niveau des centres bulbaires, déterminant le spasme : des muscles thoraciques et du diaphragme. L’excitation peut être directe et porter sur les centres eux-mêmes.
Il faut admettre une excitation continue, produisant par sommation des effets, une réaction intermittente: il faut admettre aussi qu’elle est élective et ne s'exerce que sur certains filets se rendant aux centres de l'inspiration, ou que ce centre seul est excité.
Nous aurons donc du hoquet : dans les affections gastriques, à la suite d'aliments trop chauds ou trop froids; de liquides trop riches en acide carbonique; d’un repas trop rapide ; de liqueurs prises à jeun ; dans l'ivresse; dans toutes les gastrites aiguës ou chroniques, le cancer, l’ulcère, la dyspepsie banale avec hyperchlorhydrie et dilatation; dans toutes les affections du pharynx et de l’æsophage, du péritoine et des intestins : appendicite, hernie étranglée, occlusion, affections vermineuses ; dans certaines affections | génito-urinaires : calculs, néphrites, cystites, cancer, dans les ‘affections de l’utérus, pendant la grossesse, dans les traumatismes de l'abdomen, les compressions médiasti-