‹ Le Hoquet Épidémique à BordeauxChapitre 22 sur 31 · LENS · texte numérisé non relu

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raison inverse de sa sonorité, souvent même il n’y a aucun bruit, c'est une secousse sourde (Dufour).

Le dernier argument d'identité est tiré de certains cas où le hoquet et l’encéphalite se suivaient chez le même malade : où l’on assista à une contagion réciproque. Sur le très grand nombre de cas d'encéphalite, les manifestations de ce genre constituent un nombre excessivement petit. Dans toute la région bordelaise, nous l’avons déjà dit, nous n'avons vu aucun cas de ce genre, jamais le hoquet na dégénéré en encéphalite.

M. Courtois-Suffit a observé un cas de hoquet fébrile suivi de mort. Ratheret et Bordet ont vu une encéphalite évoluer en trois phases : hoquet, puis myoclonie, puis léthargie. Rivet a vu un cas de hoquet suivi d’encéphalite. C'est peu. Jusqu'à présent on peut dire, qu'en dehors du cas de Courtois-Suffit, le hoquet ne s’est jamais accompagné d’aucun des éléments qui caractérisent la symptomatologie et l’évolution de l’encéphalite.

D'ailleurs tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître la haute gravité des formes myocloniques de l’encéphalite, et pour admettre aussi la bénignité de ce hoquet épidémique qui passe tout seul, en trois jours. L'état fébrile, les courbatures, les algies cervicales, brachiales, lombaires, très atténués dans ce hoquet, neconstituent pas une preuve. Les phénomènes prodromiques sont surtout gastriques et laryngés.

Il faudrait admettre vraiment une localisation bien élective au virus de l’encéphalite et un virus bien atténué; or les deux épidémies débutent presqu'ensemble et vont de pair, puis l’une disparait bien avant l’autre.

Ce’serait le seul exemple d’encéphalite monosymptomatique. On sait combien polymorphe dans ses manifestations est cette affection, quelqu'un voulait la nommer encéphalite serpigineuse ; elle rampe d'un noyau à l’autre et s'il n’y a pas toujours coexistence des symptômes il y a toujours succession. Tous nos cas de hoquet seraient donc des loca-

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lisations exclusives sur un noyau ou sur un fragment de noyau moteur ! C'est contraire à la nature du virus encéphalique qui ne connait pas de manifestalions parcellaires de ce genre, et si éphémères. Une encéphalite dans cetle région anatomique, une encéphalite bulbaire aurait une. autre symptomatologie.

Un des partisans de cette théorie avait proposé de traiter les encéphalitiques par le sérum de personnes convalescentes du hoquet : la méthode n’a rien donné, il est vrai que rien ne fait prévoir l'existence dans le sang d’anticorps spécifiques vis-à-vis de l’encéphalite, car on sait que le virus est capable de demeurer longtemps dans les centres nerveux.

Hoquet ET GRIPPE

La deuxième hypothèse est celie de l’origine grippale. Elle est défendue par Paul Blum. La grippe est la maladie protéiforme par excellence, le hoquet serait une atteinte légère, accompagnée de catarrhe gastrique, avec réaction diaphragmatique. Cette supposition paraît plus vraisemblable.

Les arguments de temps sont les mêmes que pour l'encéphalite. Le catarrhe gastrique, la douleur pharyngée sont des phénomènes fréquents dans la grippe. Il y a presque toujours de la rhinopharyngite au début du hoquet. Il existe un cas de hoquet qui fut suivi au bout de six à sept jours d’otite grippale; dans le pus qui s'écoula spontanément on trouva un coco-bacille court ne prenant pas le Gram, donnant sur gélose des colonies colorées. Cette otite moyenne avait tous les caractères d’une otite grippale et il est facile d'expliquer que du rhino-pharynx où il avait d'abord cultivé, excitant le phrénique, le virus avait pénétré dans la trompe d'Eustache.

Il existe un cas de contagion dans lequel la sœur du malade qui présentait le hoquet, fut atteinte, tandis qu'elle soignait son frère d'unétat grippal fébrile, et on décela chez

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