‹ Le Hoquet Épidémique à BordeauxChapitre 4 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Vers le mois de décembre 1920 et même vers la fin du mois de novembre, l'attention des médecins fut attirée par l'existence de cas de hoquet épidémique. Ces cas, presque tous semblables, survenaient chez un sujet en pleine santé et consistaient, comme seul symptôme, en un hoquet se produisant sur un rythme de deux ou trois contractions par minute; hoquet durant la nuit comme le jour et finissant par être très fatigant. De temps en temps il se produisait une pause de demi-heure environ, puis le hoquet reprenait. Dans la majorité des cas cette affection durait trois Jours et s’arrêtait comme elle avait commencé, brusquement, sans laisser après elle qu’un mauvais souvenir et de la fatigue.

Quel était donc ce hoquet? Il n'avait aucun caractère de contagiosité, mais l'abondance soudaine des cas, alors que jusqu'à présent personne n'avait gardé le souvenir de faits semblables, lui fit donner le nom de hoquet épidémique.

Il y eut done vers le mois de décembre 1920 une véritable épidémie de hoquet et, certainement, si on connaissait le nombre exact de tous les cas qui se sont produits, on en serait fort étonné. La constatation par le médecin de ce hoquet était chose rare, bien souvent les gens attendaient, se soignaient chez eux et arrivaient ainsi au troisième jour, stade de guérison habituelle, sans que personne connut jamais leur bizarre affection.

Il faut croire cependant que les cas connus furent assez

nombreux et intriguèrent suffisamment les praticiens; car nous voyons à cette époque toutes les sociétés savantes s’en occuper.

C'est ainsi que MM. Logre et Heuyer, Sicard et Paraf à la Société de Neurologie (2 décembre 1920), Achard et Rouillard, Cl. Vincent, Rivet à la Société médicale des Hôpitaux de Paris (Séance du 10 décembre 1920), attirèrent l'attention du corps médical sur l'existence de cette maladie nouvelle et sa brusque apparition à ce moment-là.

« La maladie nouvelle », répondant presque à un besoin social, fit fortune. Toutes les sociétés en parlèrent, tous les périodiques eurent leur article sur la question et celà fut bien dommage car la vérité certainement en souffrit. Le hoquet devient assez rapidement une question de mode, quelques-uns parlèrent de suggestion, d'hystérie; on se souvint de la vogue qu'eut l’appendicite au temps où Edouard VII eut la sienne; on se souvint que les hivers précédents on avait eu l'Encéphalite, et ce dernier souvenir prit une grosse part dans les destinées du hoquet épidémique. Dès lors, cet hiver là, le hoquet fut la maladie à la mode.

Cependant des médecins sérieux continuaient à constater des cas de ce genre, en nombre inusité, chez des clients dépourvus. de snobisme et insoupçonnables de suggestion et qui ignoraient même ce qui se disait de cette maladie.

M. Raillet décrivit le hoquet épidémique à Reims. M. Lafosse communiqua l'observation de quinze cas de hoquet persistant à Belfort. A Bordeaux, le Professeur Petges, à l'occasion du prima mensis de la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux (décembre 1920), éveilla l'attention de ses confrères sur la question et publia, dans la Gazette des Sciences médicales de Bordeaux, une observation détaillée de hoquet, suivie des autres cas connus et de ses conclusions personnelles. Un journal espagnol, paru à cette époque, donna aussi un article sur la question. Il semble qu'actuellement, au printemps 1921,

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l'affection ait évolué et terminé son cycle. Nous sommes. peut-être au meilleur moment pour la juger.

Nous avons pris connaissance de tous ou presque tous les cas publiés: Pour cela nous nous sommes adressé aux divers bulletins et comptes rendus des sociétés savantes, pour notre instruction personnelle et prendre ainsi connaissance des maïtres compétents. Mais pour le travail que nous présentons et pour justifier notre titre, nous avons dû limiter notre étude et ne tenir compte que des cas survenus. à Bordeaux.

Nous pouvons cependant signaler ici, pour ne plus y revenir, que dans notre region du Sud-Ouest l'épidémie fut très inégale dans les divers départements : très importante à Bordeaux, dans le Lot-et-Garonne, en Charente-Inférieure, elle $Sévit avec moins de rigueur dans les Landes, le Gers, pour être à peu près nulle dans les Basses-Pyrénées, ainsi qu'il résulte d'une enquête personnelle auprès de divers médecins de ces régions.

Mais le hoquet n'ayant pas, la plupart du temps, nécessité les soins d’un médecin, les chiffres n’ont que peu de valeur en l'espèce. Signalons cependant, sans vouloir y insister, que les régions qui connurent le plus de hoquet furent les mêmes que celles qui eurent le plus d’encéphalite.

Pour étudier cette question à Bordeaux, nous nous sommes adressé, sur le conseil et les indications de nos maitres, au plus grand nombre de médecins praticiens exerçant à Bordeaux et susceptibles de traduire le mieux l'état sanitaire de la viile. Nous tenons à les remercier tous ici du concours indispensable qu’ils nous ont apporté et de la bienveillance avec laquelle ils nous ont communiqué, leurs observations et leurs réflexions sur la question qui nous intéressait.

Nous allons donc exposer ici le résultat de notre enquête

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