SCÈNE III
Les Mêmes, CLOTILDE.
CLOTILDE, qui a entendu la voix irritée de Philippe. Elle court
à lui.
Mon ami !
(Elle regarde la marquise absorbée dans une sombre méditation.)
PHILIPPE. 1
Il s'est passé trois heures, n’est-ce pas? depuis notre séparation ; depuis que Suzanne est descendue là... plus de trois heures. Que de choses pendant ce temps immense ! (Olotilde essaye de faire bonne contenance.) VouS n’avez pas de noavelles, vous?... On n’en a pas encore !... (11 la regarde attentivement.) Votre visage est Calme, il est naturel. Je n’ose regarder personne, vous comprenez!.,. Je cours en bas, ils doivent avoir appris quelque chose...
CLOTILDE
Non, Philippe; non, restez!...
PHILIPPE
Vous avez raison, il ne faut pas !... Ils sont deux pour qui j’ai peur; cependant j’espère pour Sylvain : j’espère beaucoup; il peut échapper, lui ; ce serait une si grande joie !... Mais si je voyais cette joie se refléter sur les traits de quelqu’un, je ne saurais pas si l’on se réjouit pour lui ou pour Suzanne... Je croirais que c’est pour tous les deux!... et alors!,.. Oli t alors!... Oh! Guillochet ! s’il était là, comme je lirais dans scs yeux tout de suite!.,, Clotilde ! j’entends une voix au bas de l’escalier... plusieurs voix!... Que dit-on?... Ne me répondez pas... on vient ! (Il recule.) Oh ! c’est mourir
LE HUSSARD DE 13ERCIIENY
mille foi& qu'attendre ainsi! Allonsl le coup mortel au cœur !...
(Il se précipite vers l’escalier.)
Philippe, par grâce... Philippe!...
(Elle sort.)