LA DUCHESSE
J’y compte bien. Pour le présent, contentons-nous de moins. J’ai laissé ce pauvre duc dans une terreur inexprimable, sa carte de civisme n’est pas arrivée.
Je l’ai demandée au district avec toutes celles de la maison. On me l’a promise en grognant un peu.
CLOTILDE
En grognant. Eh quoi!... est-ce que mon mari ne comble pas la nation de ses dons patriotiques? Le duc! mais il se ruine pour l’autel de la patrie. Est-ce qu’il n’a.pas cédé sa maison de la rue Richelieu pour qu’on en fasàe une maison d’arrêt, celle dont notre docteur est médecin en chef?
GUILLOCHET.
Que voulez-vous! ils disent qu’un contre-amiral, un fameux marin comme le ci-devant duc, dov;ait reprendre la mer.
Dioiiizi-j by Googlt
CLOTILDE
Et pourquoi faire? grand Dieu! un marin, lui!... contre-amiral, c’est possible; majfin, jamais!
N’a-t-il pas été l’héroïque commandant du Formidable'? celui qui mit le feu à son bord, plutôt que de tomber au pouvoir des Anglais?
CLOTILDE
Eh! ceux qui disent cela?...
GUILLOCHET.
Qubi !... ce n’est pas vrai?
CLOTILDE
Mais si, c’est vrai. Oui, il a voulu se faire sautep. Seulement chaque chose a son temps, et aujourd’hui le pauvre cher homme ne ferait plus rien sauter du tout.
GUILLOCHET à lui-même.
Pourquoi diantre l’ a-t-il épousée ?
(Coup de canon dans le lointain.)