‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 23 sur 118 · LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE

J’y compte bien. Pour le présent, contentons-nous de moins. J’ai laissé ce pauvre duc dans une terreur inexprimable, sa carte de civisme n’est pas arrivée.

Je l’ai demandée au district avec toutes celles de la maison. On me l’a promise en grognant un peu.

CLOTILDE

En grognant. Eh quoi!... est-ce que mon mari ne comble pas la nation de ses dons patriotiques? Le duc! mais il se ruine pour l’autel de la patrie. Est-ce qu’il n’a.pas cédé sa maison de la rue Richelieu pour qu’on en fasàe une maison d’arrêt, celle dont notre docteur est médecin en chef?

GUILLOCHET.

Que voulez-vous! ils disent qu’un contre-amiral, un fameux marin comme le ci-devant duc, dov;ait reprendre la mer.

Dioiiizi-j by Googlt

CLOTILDE

Et pourquoi faire? grand Dieu! un marin, lui!... contre-amiral, c’est possible; majfin, jamais!

N’a-t-il pas été l’héroïque commandant du Formidable'? celui qui mit le feu à son bord, plutôt que de tomber au pouvoir des Anglais?

CLOTILDE

Eh! ceux qui disent cela?...

GUILLOCHET.

Qubi !... ce n’est pas vrai?

CLOTILDE

Mais si, c’est vrai. Oui, il a voulu se faire sautep. Seulement chaque chose a son temps, et aujourd’hui le pauvre cher homme ne ferait plus rien sauter du tout.

GUILLOCHET à lui-même.

Pourquoi diantre l’ a-t-il épousée ?

(Coup de canon dans le lointain.)

Page 1