ACTE II
PHILII’PE .
Je vous ai vue! Je vous voyais d’ici... teneï... assise... chez vous... fatiguée d’écrire, vous écrivez sans cesse. Qu’ai'je à faire, moi, sinon vous voir, vous suivre du regard ou de la pensée; qu’ai-je à faire, sinon vivre de près ou de loin, aveevous toujours?
SUZANNE
Monsieur Philippe,
PHILIPPE
Ne VOUS détournez pas.
SUZANNE
Ne me parlez pas ainsi.
Restez, restez, je vous en conjure, vôus ne pouvez me laisser sans me répondre après ce que nous avons dit. Maintenant vous savez tout -ce que je pense. Vous savez que je vous aime... Il ne serait pas loyal de vous en aller avec mon secret.
i SUZANNE 86 lève. A elle-même.
Oh!< c’est un supplice que je n’avais pas prévu.
PHILIPPE. -
A partir de ce mpment, chaque mot, chaque regard de vous va devenir pour moi une torture..'. Je souffrais déjà et j’avais espoir... Songez à ce qui m’attend si vous ne me répondez pas.
SUZANNE, à elle-même.
De ces deux cœurs que je suis venue provoquer, j’envoie l'un demain à la mort... l’autre, je le condamne au désespoir.
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LE HUSSARÜ DE BERCllENV
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PHILIPPE
Suzanne!
SUZANNE, de mfine. *
Douze heures encore, j’étais sauvée.
Suzanne... voyons... voyons. '
SUZANNE
Monsieur... plus un mot... par grâce... j’ai bien du malheur.
PHILIPPE
Je veux savoir...
SUZANNE
Quoi donc?
PHILIPPE. • . '
Si vous m’aimez. '
SUZANNE
Vous n'avez pas le droit de me le demander.
PHILIPPE
J’ai du courage, je veux savoir... un mot suffit... Soyez brave et honnête comme je viens de l’être avec vous... Un mot .. m’aimez-vous?
SUZANNE, à elle-même.
Si je dis oui... moi qui pars demain, je suis lâche et vile.
PHIUPPE.
M’aimez-vüi' s i
Non !