I-A MARQUISP
Monsieur Je docteur, on m’oublie.
La cliente... c’est vrai.
PHILIPI’K.
Mille pardons, madame.
SYLVAIN
A bientôt, frère. (Il salue.) Madame... - -
(Il sort. — Philippe indiqric mi fauteuil à la marquise.)
LA MARQUISE, debout.
M. le docteur Kozel? ' ■ , ■ •
PHILIPPE
C’est moi.
LA MARQUISE. '
Philippe Rozel ?
PHILIPPE
Oui, madame,
LA MARQUISE
Je suis la marquise de Manslein; oui, monsieur,' la mère de votre adversaire; j'aime tendrement mon fils unique, je n’ai plus ni mari, ni fortune, ni titre ; je n’ai plus (fue mon fils. Vous comprenez le but de ma visite : ne vous battez pas avec lui.
PHILIPPE
J’ai reçu ce matin de monsieur votre fils une lettre telle, que je serais déshonoré, si je n’en obtenais satis-
LA MARQUISE
Mon fils est jeune, plus jeune que vous, peut-être; quel â|;e avez-vous ?... Pardon . ,
PHILIPPE
J’ai vingt-cinq ans.
LA MARQUISE
Il y a des Rozel dans l’Artois, bons gentilshommes.
PHILIPPE. ■'
Ma famille à moi, ce sont des paysans de Picardie... Mais nous n’avons plus rien à nous dire, madame, je viens d’envoyer mon frère à votre fils... Permettez-moi de prendre congé de vous.
, LA MARQUISE
Permettez-moi au moins, vous, monsieur, de lire cette lettre si offensante. Quand je connaîtrai les torts de mon fils, je serai plus forte pour les lui reprocher, pour les réparer même.
PHILIPPE
La voici.
(Il rentre chez lui, sans fermer la porte. La marquise s’est placée au fond, dans l’embrasure de la croisée... elle lit.)