‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 5 sur 118 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, ULRICH, Officiess, Le Majobsome, puis GASTON.

ULRICH, au majordome.

C’est là cette dame ? (Signe affirmatif. A la marquise.) Madame !

LA MARQUISE

A qui ai-je l’honneur de parler ?

ULRICH

C’est la question que j’allais vous adresser, madame. Je suis commandant de cette province. J’.ai ordre de me renseigner exactement sur chaque etranger qui passe

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LE HUSSARD DE DERCHENY

par mon f'ouvernement, surtout quand cet dtrangor vient de France. — Vous venez de France, madame?

LA MARQUISE

Oui, monsieur !

ULRICH

Vous émigrez?

LA MARQUISE

Je voyage avec autorisation du gouvernement français, Mais dois-je m’attendre à subir un interrogatoire ?

ULRICH

Aussi complet que possible, madame. Tout Allemand qui se hasarde en France subit mieux que des interrogatoires.

LA MARQUISE

Nous sommes en ITOS, iponsicRr, et nos deux pays se font la guerre. Mais une femme qui voyage n’est pas une armée en campagne... Vous insistez, soit. On m’appelle... non, on m’appelait la marquise de Manslein.

ULRICH, à lui-metne.

Est-il possible !...

LA MARQUISE

Je suis veuve depuis longtemps du marquis de Mansloin, lieutenant général, frère de feu l’illustre comte de Manstein, feld maréchal au service de l’impératrice Marie-Thérèse. J’habite à Paris, je ne puis faire autrement, et voilà mon fils, en ce moment absorbé dans la contemplation de cette vallée, et voici mes passeports, car je vois que vous les attendez !

(Signe il Pélachot qui donne les passo-iiortf.)

ULRICH, qni les b p.ar courus.

Ils n’expliquent pas le but de votre voyage!

, ACTE I ■' H

LA MARQUISE

Pardon. Affaires de famille. Succession... Mais vous comprenez mal peut-être, vous ôtes Autrichien, Prussien, monsieur?

ULRICH

Hongrois, s’il.vouB plaît, et je comprends aussi bien que je parle. Nous disions que vous venez en ce pays pour une succession.

LA MARQUISE

Faut-il que je fournisse le certificat de mes notaires?

ULRICH

Ignore-t-elle ce que je lui ai fait écrire?... (Montrant Püiaeliot.) Cet homme?...

PÉLACHOT.

Anacharsis... Pé... ' '

Je parle A madame...

LA MARQUISE

Pélachot, qui s’appelait autrefois Germain, et qui s’est cru obligé, par patriotisme, de prendre un nom Scythe ; ancien domestique chez moi.

ULRICH

Son passe-port le qualifie huissier, pecors...

• LA MARQUISE.’

Ce fut, je crois, sa profession, lorsque des embarras do fortuné me forcèrent à dîminuer ma maison. Il est revenu a moi depuis.

ULRICH

Avec la succession? (Jl rend le passe-port.)

]-2 LÇ HUSSARD DE BERCHENY

PÉLACHOT.

Je suis intendant des biens de madame, de ses domaines...

LA MABQUISE.

Taisez-vous!... (Appelant.) Gaston! arrivez, mon fils; vos noms, prénoms, vos passe-ports.

Déjà?

ULRICH, à lui-même. '

Voilà le fils, oui. (Haut.) C’est inutile; combien de temps comptez-vous passer en ce pays, madame?

' LA MARQÜISE. ''

Mais, monsieur, à moins que vous ne m’en chassiez... Laissez-nous arriver, au moins, môn fils et moi; nous attendons nos gens d’affaires, nous nous consultons, nous réfléchissons...

ULRICH

Ici, dans ce domaine?

GASTON

N’est-on pas libre de le visiter?

(Entrent deux heiduques.) - '■

ULRICH. '

Parfaitement libre. Visitez, faites vos réflexions, et donnez-moi réponse 4ans deux lieures. (A ses officiers.) Demeurez ici, voiliez, sans affectation. Madame, je vous salue.

LA MARQUISE

Mais, momsieur le commandant, vous commandez donc même ici, dans ce château? .

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