‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 6 sur 118 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Le» Mêmes, moins ULRICH.

' GASTON, s’assied à droite.

Singulière figure d’inquisiteur militaire!

PÉLACHOT.

C’est pis que chez nous !... Voyons donc un peu ce qui se passe.

(Il sort au fond, à gauche.)

' ■ , GASTON

J’admire, madame, comment vous n’avez pas répondu I sur-le-champ à ce curieux personnage.

LA MARQUISE

Quoi, mon fils?

Je suis héritière de ce domaine. Il m’appartient! J’y suis chez moi...

LA MARQUISE

Gaston, nous ne vivons pas dans un temps pareil aux autres temps, nous venons d’un pays qui ne ressemble guère aux autres pays. Suspects dans notre patrie, nous le sommes à bien plus forte raison dans la patrie -des autres... (Elle s’assied près de Gaston.) Voyons, arrétons-noùs promptement à une résolution qui nous délivre àjamais

LE IIUSSAIID DE BERCIIENY

de toute inquiétude. Le frère de votre père, le comte do Manstéin, est mort. Nous sommes ses héritiers. Son tes- ' tament est formel, et depuis longtemps, vous le savez, j’avais réussi à m’en procurer une copie. Cet héritage se compose de trois domaines considérables dont celuici est, dit-on, le plus modeste. Rien à en distraire, < sinon une rente insignifiante, mille florins, que le comte laisse à je ne sais quelle nièce inconnue, ensevelie dans une terre quelconque'... Nous payerons ou rachèterons cette rente. Tout lo reste est à nous, voilà notre situation . ^

GASTON, se levant.

Elle est supportable!... -Cependant je viens de perdre encore une illusion. !>

LA MARQUISE

Sur ce domaine? ' ’

GASTON

Oui, d’abord je n’ai pas déjeuné, et puis, nous autres Parisiens, nous avons jnUle préjugés, résidus moisis, de nos lectures romantiques. J’ai lu votre ami Florian, lo digne Marmontel, et je m'attendais en arrivant à trouver des fleurs partout, des guirlandes , des arcs-detrioraphe. J’attendais mes vassales en jupe rouge et 'en bavolet avec dos papillons de papier tremblant au bout d’un laiton sur leur front virginal. Rien du tout. On ne nous a pas fait les honneurs... pas môme lo Vin du Rhin... Je vous le répète, madame, j'ai perdu une illusion.

LA MABQUI&'B. s ' '

Vous en avez perdu déjà beaucoup, sans compter celles qui vous restent à perdre. Mais, parlons sériousemeiit, qu’avez-vous vu de nouveau depuis que nàus fûmes forcés de nous séparer j on vous a donc retenu à la frontière? ' ' ' •

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