‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 54 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

que vous devez attribuer ma visite. « Ma démarche, disiez-vous, sera peut-être d’une certaine utilité”. Utile pour vous, elle aura été d’un immense intérêt pour moi.

h\ MARQUISE.

Utile à moi, je vous comprends... Il s’agit de la vie de mon fils... mais pour vous qui n'avez voulu entendre à rien, monsieur Rozel.

PHILIPPE

Il paraît, madame, que je ne m’appelle pas Rozel...

Monsieur..', permettez-inoi d’écouter cette nouvelle avec indifférence.

PHILIPPE

Je vous le permets, madame... Je me nomme, ou du moins on m’a nommé Philippe, tout court, parce que jç fus trouvé la veille de Saint-Philippe sur le grand chemin de Roye à Guiscard.

LA MARQUISE

Trouvé... on vous avait abandonné comme cela... sur le chemin ?

PHILIPPE

C’est du moins ce que raconta la personne qui m’ap-, portait chez les parents de Sylvain Rozol, mon frère, que j’ai l’honneur de vous présenter, madame la marquise.

LA MABQÜIàB,.

Monsieur, qui tantôt est venu pour parler à mon fils et qui l’a attendu vainement; je le regrette, monsieur, et vous en fais mes excuses... Enfin, monsieur Philippe, quel est le but de votre confidence et à quoi puis-je vous être utile?...

Œlle les invite ù s'asseoir et s’assied elJc-mOme !i droite.}

LE HUSSARD DE HERCUEAY

Piirur-PE.

La personne qui se détournait si obligeamment de sa route pour entrer dans la chaumière des Rozel, cette charitable personne, mon ange tutélaire.., car elle ne se contenta pas de sauver ce malheureux petit être de la faim, des loups et des pieds des chevaux, elle donna au.x pauvret gens qui acceptaient l’enfant, elle donna, non pas une aumône, mais un trésor... Oh 1 madame, quarante milie livres ! ... C’est plus que de la bienfaisance, cela, c’est de la grandeur... c’est plus que de la cliarité. c’est presquedela tendresse. ..Comprenez-vous, madame la marquise, tout ce que .i’ai dans le cœur pour cette personne- là... pour cette incomparable bienfaitrice, car c’était une femme, madame!

LA marquise.

Le trait est beau... J’en écoute avec plaisir le récit, mais sans deviner bien clairement pourquoi vous me le faites.

PHILIPPE

Quoi, vous ne comprenez pas le bonheur que j’éprouverais à tomber aux pieds de cette personne, à joindre les mains, à lui dire comme je le dirais à Dieu : Recevez mon cœur tout entier... Malheureusement cette femme... elle adisparu après avoir semé ses bienfaits... on ne l’a plus jamais revue.

LA MARQUISE. '

Vous ne la connaissez pas?

PHILIPPE

Non, madame...

Âhl...

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