‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 67 sur 118 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Mêmes, GASTON’,

GASTON

La comtesse de Manstein ici, arrêtée?

SUZANNE

Oui, monsieur, oui, approchez. Nous n'avons pas une minute à perdre. Vous êtes jeune, vous, vous avez une hme. Nous nous entendrons tous les deux.

GASTON

Voyons.

SUZANNE

Monsieur, je conspire. Les filles nobles de mon pays m’ont choisie pour venir en France enlever du Temple les petits-enfants de notre impératrice Marie-Thérèse. Elles ont versé entre mes mains leurs épargnes que j’ai grossies des miennes, et je suis cachée à Paris depuis un mois.

GASTON

■ Ah! , . • ^

SUZANNE

Ceux qui m’aident dans mon entreprise avaient décidé que les prisonniers seraient enlevés de vive foree. j’ai voulu que le succès ne coûtât ni une larme, ni une goutte de sang. J’ai promis un million au gardien de la première porte. Ce soir la somme doit être remise entre les mains du gardien ; s’il ne la reçoit pas, il n’ouvre pas, tout manque, et c’en est fait du salut des prisonniers, de cent autres existences, c’en est fait de mon honneur, car l’argent n’arrivera pas.

GASTON

Pourquoi n’arriverait-il pas?

SUZANNE

Parce que je suis arrêtée, parce qu’on m’attend à neuf heures et que j’ai le million sur moi.

LA MARQUISE

Ohl ' . ' , « , ■

GASTON. ■ ■ ' '

Vous voudriez que quelqu’un se chargeât du message à votre place ?

SUZANNE

Je donnerai à ce quelqu’un ma vie, s’il l’accepte,

GASTON

Donnez seulement le mandat.

SUZANNE

Vous acceptez?

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