ACTE III
llü •
Il faut que je ^js libre à neuf heures. ,
‘ ' ' LA MAHQUISE.
L’hôtel est gardé à vue, les issues fermées.
Suzanne'.
' 'Il faut que je sais libre à neuf heures. 11 faut que je regoigné le corate Ulrich! ‘ .
LA MAEQUISE.
Remettez-vous.
SUZANNE. ,
- , L’heure passe et l’on m’attend', vous dis-je... A dix heures, il faut que j’aie remis quelque chose que j’ai là.
LA MARQUISE
Que vous avez. sur vous? , ; • j • •.
' SUZANNE. . . “
LA MARQUISE
Mais,, prenez garde! si au district on allait vous fouiller ! • ‘ ’ , *
r SUZANNE. , . • . ,
, On me fouillerait? . ' ' .
' . .. MARQUISE
. C>st l’usage. ... • . ....
' . ' SUZANNE. ,• '
Je suis perdue, alors! Mais non, vous allez me sauver, au contraire... Je vais vous confier, ..
LA MARQUISE. • ’ • '
Vous me demandez rte me sacilftort pour vous! '
IIG
Lli HUSSARD DK 'BKRCHKNY
SIIZARNE.
Je VOUS demande, à vous qui êtes libre, do me ^rder pour une heure ce dépôt qui, saisi sur moi, perdrait sans ressource mes amis et moi-méme. ...
LA MARQUISE
Je ne puis... Ah! je suis mère, moi. Mon fils, paavre, désespéré, humilié, n’a que mon amour; je ne veux pas lui faire perdre sa mère, je ne veux pas risquer la vie de mon fils.
SUZANNE. ' ‘ *■ -
‘ Mais vous ne voyez donc pas que je ne suis plus dans les conditions ordinaires delà raison et de la vie... A ma . pâleur, à mes yeux arides, vous ne devinez donc pas que je suis déjà hors de l’humanité l Vous me racontez vos scrupules, vos terreurs, vos sentiments... Est-ce que je puis vous comprendre? Au moment ou je parle, une cause sainte, une cause que Dieu m’a ordonné de servir, va triompher si je parais, succomber si je n'arrive point à l’heure! S'il ne s’agissait que de moi, ce n’est point votre hôtel cerné, gardé à toutes ses portes, ce n’est pas une troupe de soldats qui m’arrêterait une minute : je suis apôtre aujourd’hui, j’ai la foi. Je m’élancerais par cette fenêtre, je passerais ou je périrais à travers les arnms ! Mais il ne s’agit pas de moi, je n’ai pas le droit de mourir, il faut-que je vive et que j’arrive à temps! Eli bien ! vous ne répondez pas quand vous voyez que je m'éteins dans l'angoissé, que je vous attends, que je dévore des yeux le mot qui va sortir de vos lèvres? lorsqu’il ne s’agit pour vous que d’étendre la main vers moi, de prendre ceci et de refermer un tiroir ! ^
LA marquise. • '
Vous vous trompez, il s’agit pour moi de vous suivre sur un échafaud. Qui êtes- vous pour me demander ma
ACTE III
\ ie? êtes-vous mon amie, êtes-vous ma sœur, êtes-vous ma Allé?
SUZANNE
Votre fille!... (A eile.-mfimè.) Ah! mon Dieu!... Je compl’emls... ôuî... ce jeune homme, son idole, cette ruine qu’ils ne m'ont pas pardonnée... (Revenant à la marquise.) DiteVmoi donc si je me suis trompée, madame, est-ce que vous me sauveriez si j’étais votre fille?