ACTE IV
GUILLOCHET.
Ah! mon pauvre ami !• Quel malheur pour toi; mais aussi, quel bonheur !
PHILIPPE
Dis-moi le malheur tout de suite...
GUILLOCHET.
On vient de découvrir toute la conspiration de Dumouriez. Des papiers ont été saisis dans ses arçons... Il voulait enlever les enfants du Temple, et il avait des complices.
PHILIPPE
Ah! il avait...
GUILLOCHET.
Pendant qu’on faisait cette découverte, on arrêtait à quelques lieues d’ici, sur une dénonciation des plus perfldes mais des plus précises, un étranger suspect, qui .s’est défendu comme un lion et qui ,a succombé sous le nombre. Lui aussi était porteur des preuves de ce complot de Dumouriez, dont il a dû être le principal agent.
LE DUC
Pauvre diable ! ' • -
‘Est-ce vraiment un malheur, cela? ' '
GUILLOCHET.
Oui, pauvre Philippe ; car les papiers de cet homme, rapprochés de ceux de Dumouriez, compromettent, sans justification possible, un malheureux qu’il employait comme intermédiaire.
PHILIPPE
Je n’appelle pas cela un malheur.
OUILLOCHET.
Cet intermédiaire, Philippe, est un hussard de Bercheny...
Oh!
Un hussard !
TOUS
PHILIPPE
GÜILLOCHET. '
Qui s’appelle Sylvain Rozel ?
PHILIPPE
Mon Dieu! '
OUILLOCHET.
Quel bonheur que ton frère soit hors de France.
PHILIPPE
Sylvain est à Paris, ici même, dans ce cabinet.
OUILLOCHET.
Il est perdu... Un décret rendu il y a une heure met hors la loi le général et tout le régiment. Les mesures extraordinaires de sûreté publique viennent d’étre prises... partout la foule se précipite vers la Convention avec un enthousiasme mêlé de fureur. La patrie est déclarée en danger, tout Paris se lève en armes.
LE DUC
Don, voilà que cela va commencer. .
PHILIPPE, stupéfiût.
Sylvain, l’intermédiaire de Dumouriez, pour un complot contre la patrie; mais c’est absurde, c’est fou... mais tu no sais donc pas ce qu’il vient de faire ?