‹ Le hussard de Bercheny drame en cinq actes Auguste MaquetChapitre 93 sur 118 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

plice ou votre dupe, par vous un misérable ridicule ou

SUZANNE

Quand j’ai jubé de sauver ces enfants, je ne vous connaissais pas.

SYLVAIN

Je croyais à votre amitié, pourquoi n’avez-vous pas loyalement demandé ma vie. La vie d’un soldat est peu de chose... j’en éusse fait le sacrifice... Mais vous n’aviez pas le droit de disposer de ma conscience et de mon honneur. <

SUZANNE, agenonx.

C’est vrai... c’est vrai!.,. Sylvain, je vous demande pardon.

' PHILIPrE.

Vois comme elle souffre,' elle ne savait pas, Sylvain.

' SUZANNE, éperdue.

Mais je m’accuserai, je le dirai tout haut que je vous ai trompé, que je suis seule coupable, et c’est moi qui mourrai, vous verrez que je saurai mourir !

Vous mourrez glorieuse, et moi déshonoré.

PHILIPPE. • • '

Mourir! vous, Suzanne! (il la relève.) Sylvain, aie pitié de son désespoir, mon frère,’ je t’en conjure. Si nous nous laissons abattre, c’est fait de nous. Ton honneur! mais comment le sauver, si nous ne nous défendons pas.

SYLVAIN, montrant Suzanne.

Essaye donc de me défendre sans l’accuser, elle.

SUZANNE

Rien, pour moi... rien... je ne compte plus moi... c'est fini.

PHILIPPE

Oli! non! je ne cède pas ainsi à la destinée, non, elle ne me prendra pas sans combat tout ce que j’ai de cher au monde; vous vous abandonnez tous lesdoux;-b’ien, je lutterai seul, pour vous deux. Ah! des délateurs jettent les victimes au bourreau... ah ! les victimes se laissent faire!... nous verrons!... nous verrons! Courage, Suzanne, tout n’est pas perdu encore... courage,’ vous disje... N’avons-nous pas des amis qui veillent. (Entre riotilde.) Tenez, en voici une de ces âmes dévouées... Celle qui vous a enlevée de l’abbaye... celle à qui je dois de vous avoir revue, Clotilde!... Suzanne, soutenez-vous, consolez-vous, aimez-vous. Toi, Sylvain, personne ne te sait revenu, personne ne t’a vu entrer.’ Cette maison sera la dernière soupçonnée ! Le surveillant, le greffier donneraient leur vie pour moi. Tu ne cours aucun risque, mais il faut m’écouter et m’obéir. Tu es d’ailleurs blessé, tu ne peux sortir sans me .compromettre et, tu Tas dit, sans perdre Suzanne; demeure, mo.u bon Sylvain, je t’en supplie. Je compte sur votre fermeté, Suzanne; sur ton amitié, frère; sur votre esprit, Clotilde. Tranquille pour vous tous, je cours consulter mes amis, recruter des protecteurs, étudier l’opinion, la diriger, parer les coups, gagner du temps. Ah! mes amis, mes amis, donnez-moi donc du courage, faites la paix, remettez-moi le cœur !

GUILLOCHET, revenant.

Hâte-toi. si tu veux sortir.

Au re oir.

PHILIPPE

(Il sort.)

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