‹ Le hussard de FelsheimChapitre 26 sur 32 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE ROI, CHARLES et THÉODORE, entrant par la porte de gauche.

THÉODORE

Enfin, grâce au ciel et à la clef de la poterne, nous voilà rentrés!... Mais, viens, viens donc... Je te dis que personne ne nous a vus.

CHARLES, en entrant.

0 ciel ! le roi !

THÉODORE

Le roi !

{Ils font tous deux le salut militaire, et se collent contre la porte. )

LE ROI

Ah ! vous voilà , messieurs.

THÉODORE

Oui, sire, c'est nous.

LE ROI

Et d'où venez-vous, s'il vous plaît?

THÉODORE

D'où nous venons , sire ?. . .

CHARLES

Nous venons de...

THÉODORE

De... de... de notre prison j c'est tout simple.

LE ROI

De votre prison?

Oui , sire, nous savions que vous étiez ici...

CHARLES

Et nous accourions pour implorer notre grâce.

LE ROI

Votre grâce ?. . . Qu'avcz-vous donc fait pour la mériter?

THÉODORE

Tout, sire. D'abord nous nous sommes parfaitement conduits... Demandez plutôt à M. le gouverneur.

CHARLES

Ce qui nous affligeait le plus, c'était de ne pas assister à la bataille que vous avez livrée.

THEODORE

Le faitest que ,moi ,je n'en ai pas fermé l'œil de la nuit.

CHARLES

Ah! quel bonheur pour nous^ si nous avions pu nous joindre aux braves qui eut enfo)icé la première colonne du centre!

LD ROI

La première colonne du centre Qui vous a si bien informés ?

THÉODORE, bas à Charles.

Tais-toi donc^ au fait, tu nous compromets... ( Haut. ) Qui nous a dit ça, sire?... Mais, dame, ce sont des soldais qui ont assisté à l'affaire.

Vraiment?... Et sont-ce les mêmes soldats qui vous ont fait !a blessure que vous cherchez à me cacher, vous, monsieur de Felsheim?

CHARLE«

Sire , c'est...

tlIEODORE.

Presque rien, sire... une égratignure... un coup de maladroit... en faisant des armes.

LE ROI

Ah î c'est en faisant des armes ?

THEODORE

Oui, sire?... il manque la parade; mon fleuret se déboutonne... et... voilà comment ça s'est fait. LE ROI , à paît.

11 est impossible de mentir avec plus d'audace.

THÉODORE

C'est vrai ; le coup le plus simple : une! deux!... Ah!... ahî... Vlan... touché!

LE ROI

C'est bon, c'est bon... je n'ai pas besoin de connaître vos coups d'escrime... MaiS;, dites-moi, qu'est devenu ce vieux hussard auquel je vous avais confiés?

THÉODORE

Quant à ça, sire^, nous l'ignoron-s absolument... et c'est

tout naturel; car, ordinairement, ce ne sont pas les prisonniers qui sont chargés de garder les concierges. LE p.oi, avec sévérité.

{A fart. ) L'insolent! ( Haut. ) Il suffit... Vous m'attendrez ici, messieurs j et vous ne tarderez pas à recevoir votre récompense.

( // sortj Charles et Théodore sahient et res'ent immobiles en se regardant . )

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