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Le jansenisme dans l'ancien diocese de Vence

L'intérêt que présente l'histoire du jansénisme en g-énéral, la valeur littéraire et morale de plusieurs' des œuvres qu'il a inspirées au XVII* siècle, la noblesse du caractère de certains de ses sectateurs, l'hostilité qu'il rencontra de la part des Papes et de Louis XIV, nul n'en ignore. On sait d'autre part que plusieurs de ses adeptes au XVIIP siècle furent ridicules, méritèrent de n'être ni pris au sérieux ni épargnés par les différents pouvoirs, et surent voiler des défauts, même des vices, sous le masque de l'opinion religieuse qui avait animé tant de nobles esprits auparavant. Que les jansénistes du temps de la Régence ne ressemblent guère à ceux du règne de Louis XIV, et de même ceux de la province à ceux du Port-Royal-des- Champs, personne n'en doute. A ce titre et dans ce sens il n'est pas indifférent de recueillir tout ce qui peut contribuer à l'histoire générale de la célèbre hérésie. Je voudrais faire connaître le premier j^^ocàs do jansénisme qui eut lieu clans Vancien diocèse de Vence et le reconstituer d'après un certain nombre de documents aujourd'hui conservés aux Archives départementales des Alpes -Maritimes.

Je les ai rencontrés par hasard, au cours des recherches relatives à l'ëpiscopat de Godeau, que M. Henri Moris, le savant archiviste de ce département, m'a très aimablement autorisé à faire dans le riche dépôt dont il a la garde. Les pièces dont il s'agit', m'ont paru mériter d'être étudiées,

1. Arch. di'part. dea Alpes Marithaes, El: de Vence, G. 13, 14 (et une seule pièce, mais fort importante) 38.

d'autant plus que de 1 affaire eu question, qui m'a semblé curieuse, aucun des ouvrages consacrés à la contrée, même ceux de Tisserand auxquels on song-e tout d'abord à se reporter, ne dit absolument rien. Le procès est inédit.

En l'étudiant, je me reporterai souvent, cela va sans dire, au Port-Royal de Sainte-Beuve qui reste encore l'un des meilleurs ouvrages dont le jansénisme du XVll' s. ait été l'objet et l'œuvre capitale de la vie du célèbre critique; j'y aurai recours assez souvent pour me dispenser presque toujours d'en indiquer les pages ; il suffit d'indiquer ici l'emploi fréquent que je ferai de ce livre \

On sait que Sainte-Beuve s'attacha à ce sujet en 1834, au lendemain de Volupté ; qu'en 37 il alla exposer à Lausanne le résultat de son étude; que le premier volume de l'édition primitive fut publié en 40, le second en 42, le troisième en 48, les quatrième et cinquième en 59. « Les événements ont changé ma vie », disait l'illustre auteur. L'on n'ignore pas à quoi il faisait allusion. Dernièrement, dans une étude biographique mise en tête d'Extraits des Causeries du Lundi etc.. de Sainte-Beuve-, M. Gustave Lanson a montré comment s'est achevé, par le monde protestant calviniste et méthodiste, le voyage de l'auteur de Port- Royal autour de la religion.

Il y a quelques années j'ai cherché, par les études que j'ai consacrées à l'épiscopat de M°' de Caulet à Pamiers, à faire connaître bien des choses, qui, si elles avaient été trouvéesparl'auteurde Volupté, lui auraient vraisemblablement inspiré des pages qu'il eût rendues aussi curieuses que celles qu'il a, dans son Port-Royal, consacrées à M^' Pavillon, évêque d'Alet. Non que la vie et l'œuvre de ce dernier aient été entièrement approfondies par Sainte-Beuve

1. Je me suis servi de rédition Hachette {six volumes et un septième de tables.)

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