‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 2 sur 190 · Paris, Garnier frères · texte numérisé non relu

Paris, Garnier frères

ou par quelque autre érudit. J'avais entendu dire à Toulouse qu'un universitaire fort distingué, que la politique a tenu quelque temps loin des travaux historiques, se proposait d'écrire une thèse sur Pavillon. De ce dernier, qui fut le maître plus encore que l'ami de Caulet, Sainte-Beuve a fort bien parlé, tandis que de l'évêque de Pamiers, sur l'œuvre de qui il était insuffisamment renseip^né, il n'a presque rien dit d'intéressant. « Dans le premier volume de Port-Royal », dit un critique distingué, « domine encore le goût de la religion ; il représente l'état d'esprit qui n'est plus celui de Sainte-Beuve en 1840 » \ Le dernier volume est de l'époque où il enseignait la littérature fran(,'aise à l'Ecole Normale. Dans le travail que nous entreprenons ici, nous aurons principalement en vue ce qu'il a dit des circonstances dans lesquelles l'esprit d'intolérance, qui avait déjà accompli la révocation de l'Edit de Nantes, réalisa l'extinction de Port-Royal. Nous verrons le contre-coup, en province, à l'extrémité d'une des régions qui étaient le plus éloignées de Paris et le plus voisines de la frontière du royaume, des mesures par lesquelles Louis XIV, avant de mourir, démolit, par la main du lieutenant de police, la maison des Champs. Les jésuites avaient fait brûler, au commencement de 1657, les Provinciales (ou un simple Almanach les représentant), par un arrêt du Parlement de Provence : des cendres de l'Almanacli que les magistrats avaient, dit-on, remis au bourreau, le jansénisme était ressorti, et c'est dans un des plus petits diocèses de Provence, dans un pauvre village, dans la personne d'un prêtre bien humble, qu'on va le voir frappé.

Je me suis reporté souvent à l'ouVrage, si solide et documenté avec plus que de la conscience, de M. Albert

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