‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 100 sur 190 · Diction, prov. franc., tome I, p · texte numérisé non relu

Diction, prov. franc., tome I, p

préciser, que Rabelais mentionne un jeu appelé « figues de Marseille ». En effet, au chap. XXII de la Vie très horrificque du grand Gargantua, Rabelais parle des amusements de ce personnage, écrit qu'il jouait « à figues de Marseille » et n'explique point en quoi consistait ce divertissement. Dans les documents inédits qui nous occupent, c'est de filles, non de figues, qu'il s'agit. La scène de sorcellerie ne doit pas nous surprendre. Une spirituelle estampe d'un des dessinateurs galants du XVIIP s., Queverdeau, ne représente-t-elle pas « le départ pour le Sabbat » ? Une jeune femme entièrement nue est à cheval sur le manche d'un balai où brûle, fixée dans les brindilles, une chandelle, xlccroupie derrière elle, une vieille lui frotte les cuisses d'un liquide magique. Dans la pièce, un chat, un hibou, un tamis, un crapaud, un rat, une bassine où l'on voit des herbes et des feuillages.

On s^it d'ailleurs que, même au XVIP s., où la foi était si vive, mainte personne croyait à la sorcellerie. Le livre que M. Frantz Funck-Brentano a dernièrement publié, d'après les Archives de la Bastille, aujourd'hui conservées à la Bibliothèque de l'Arsenal, Le Draine des Poisons, en est une preuve. J'y note' l'histoire de la femme d'un président au Parlement de Paris, dont les écus excitaient les soupirs d'un galant. La Voisin avait donné à celui-ci une figure de cire vierge représentant la dame dont il voulait voir disparaître le mari; la « devineresse » avait prescrit à l'amoureux d'enfermer cette image dans une boîte de fer-blanc, de la chauffer de temps à autre, ce qui devait « échauffer » le cœur de la présidente. La Voisin s'était fait payer 20,000 livres ^ D'autre part elle donnait à la présidente certaines fioles qui, selon le désir de celle-ci,

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