francs d'aujourd'hui
la rendirent veuve. Nos dévotes de Tourettcs, qui faisaient de la magie amoureuse, n'auraient pas été appelées devant une « Chambre ardente ». Ces paysannes n'ont rien de la Voisin ; leurs pratiques démoniaques ne font pas frémir; la marquise de Montespan en faisait d'autres pour conquérir, puis retenir, l'amour de Louis XIV et pour ruiner le crédit d'une La Vallière, puis d'une Fontanges.
Nos Jansénistes des environs de Vence n'ont rien qui rappelle les sinistres abbés Mariette et Guibourg, qui jouèrent un rôle si effrayant dans les passions de la Montespan : celui-là qui lui lisait des évangiles sur la tête et faisait des incantations sur des cœurs de pigeons, celui-ci qui disait la messe noire ^ et que le lieutenant de police, l'admirable La Reynie, a si fortement dessiné en 1681 ^ Les poupées d'étoupes de Tourettes sont bien innocentes auprès de ce qu'on préparait pour un Louis XIV ou un Charles II d'Angleterre. Nos deux folles n'ont recours qu'à un procédé qui est bien loin de ce qu'une des Œillets, dévouée à la Montespan, confectionnait avec la complicité d'un « lord inconnu ».
La magie est restée vivace durant tout le règne de Louis XIV \ Le livre de M. Funck-Brentano ne dispense pas de consulter la publication antérieure des Archives de la Bastille : nous y trouvons des scènes dont il n'a pas parlé et qui expliquent celles dont nous faisons connaître les détails à propos de notre prêtre janséniste ^ — D'abord les figures. La présidente Leféron, liée avec l'abbé Mariette, veut se débarrasser de son fils et de son mari. Elle fait faire par la Voisin « une figure de cire dont les figures et les parties » avaient été travaillées par la Leroux. On