En marge : 2, Par
Si je poiivois entrouvrir le ciel et renier, ah ! que je vous ferois voir d'âmes aux pieds du throne de Dieu, qui doivent leur salut à quelques bons mots d'une prédication ! mais aussi que je vous ferois voir d'âmes réprouvées p(ou)r avoir rejette et détourné d'elles ces bons mots ! je vois bien que Dieu m'éclaire et m'avertit; je sens bien que Sa grâce me touche et me presse; je veux rompre cette maudite habitude ; je veux quitter cette compagnie fatale à mon innocence. Quand je suis sorti de la prédication, j'y pense touj(ou)rs; si je le fais et si je meurs dans cet état, mou salut étant attaché à cette parole, voilà une prédestination assurée; mais si je l'ay rejettée, mais si je m'en suis mocqué, mais si au lieu de me l'appliquer à moy-meme, je l'ay détournée p(ou)r l'appliquer à d'autres, je m'endurcis, et mourant dans cet état, me voila damné.
Voila quelle manière on peut dire que la parole de Dieu est dans la bouche du préd(icateur) un principe de prédestin(atiou) p(ou)r les uns et une occasion de reprob(ation) pour les autres. Et p(ou)r ne pas tomber dans le malhur de ces derniers, le grand secret est de se l'appliquer lorsqu'on l'entend, d'écouter le préd(icateur) en telle sorte que prêchant p(ou)r tous on s'imagine qu'il ne prêche que pour soy. Ce que le prédicateur dit, devez-vous dire, me regarde, il parle pour moy : mais s'il parle pour vous, que devez-vous faire, quand la prédication est finie? je vais vous l'expliquer dans deux mots, pour ne rien obmettre dans un si important sujet.