‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 23 sur 190 · Cognet, p. 329 d'ap. les Mém. de Hermant · texte numérisé non relu

Cognet, p. 329 d'ap. les Mém. de Hermant

2. M. l'abbc Cognet n"a pas insisté sur cette coïncidence qui nous parait grave.

3. Allusion ;iu Ps. 119 où il est dit : « Incolatus meus prolongatus est, habitavi cum habitantibus Cedar, multum incola fuit anima mea. »

4. Allusion à ce que Godeau publia en Iti65 un ouvrage intitulé : « Eloges des Evesques qui dans tuus les siècles ont flcury en doctrine et en sainteté » (Paris, Muguet). Il y en a 102. Cognet, p. 436 et 510.

5. Hermant, qui cite en outre une lettre d'Arnauld d'Andilly à Godeau, conçue dans le même esprit.

6. Voir dans Coenet, p. 485, n° IX des pièces inédites, la lettre de Godeau à cet évéque, datée de juillet 1651.

1. Erreur expliquée par M. l'abbé Cognet (p. 332, note 1). Sur le Formulaire et en général ce qui concerne le jansénisme, le plus récent travail (sommaire) est un des chapitres du saint Alphonse de Liguori du R. P. Berthe (Paris, Retaux, 1900).

une lottrc adressée au Pape, au roi, à la reine-mère, aux évoques, afin qu'il lut souscrit à la bulle Cum occasione. Le 16 juin 1661 il rend une ordonnance sur le Formulaire en question et, dès le 26, convoque le prévôt et les chanoines du chapitre de Vence, les bénéficiers, les autres prêtres de sa cathédrale, pour leur communiquer, au nom du métropolitain, l'archevêque d'Embrun \ ce qui concernait le Formulaire.

Qu'on se rappelle que c'est en 166P qu'on voulut faire signer le Formulaire aux religieuses de Port-Royal, qu'Arnauld, Nicole, la plupart des « Messieurs » étaient pour la soumission et pour une signature formelle par oui et par non, que Pascal fut d'avis en mai qu'on le signât sous la forme du premier mandement des vicaires généraux du cardinal de Retz^ et en novembre qu'on n'y souscrivît plus dans les termes nouveaux que contenait leur second mandement \ Le 23 avril 1661, le lieutenant civil a renvoyé les pensionnaires de Port-Rojal, puis le 4 mai les novices et les postulantes ; les religieuses de Paris signent sous la forme du premier mandement, puis un arrêt du Conseil d'Etat le révoque le 9 juillet, et en novembre ]e second n'ouvre plus la voie large et pose la question par oui et non. La mère Angélique est morte le 6 août, puis sœur Sainte Euphémie le 4 octobre, « première victime de la signature », qui avait dit qu'elle ne survivrait pas à cet acte.

L'Assemblée de 1657 avait arrêté que le roi serait prié

1. Georges d'Aubussoii de la Feuillade, frère du duc ; personnage ignorant et ambitieux, et qui fut l'un des principaux ennemis du Testament de Mons. « Ancien novice chez les Jésuites, personnage assez singulier, très en vue, il se signala, dit l'auteur de Port-Roynl, par sa suffisance, et son manque de mesure, en 1667, à propos du Nouveau Testament de Mons et fut raillé dans les Dialogues satiriques entre deux paroissiens de Saint-H ilaire du Mont ».

2. Mazarin meurt le 9 mars, ce qui ne retarde en rien « Torage qui grondait depuis 1657. »

3. Pascal passait pour a-çoir prêté sa plume à ce mandement, dit Sainte-Beuve.

4. Voir l'important opuscule de Pascal, « Ecrit sur la signature de ceux qui souscrivent aux constitutions etc. . », conservé par Nicole dans la réfutation qu'il en a donnée, et à ce sujet l'excellente édition des Opusc. et Pens. de Pascal que M. Léon Brunschvicg a publiée en 1897, Paris, Hachette, p. 239 et suiv.

de faire expédier une déclaration enjoignant aux ecclésiastiques de signer le Formulaire que Marca avait imaginé en 1655, que les séances de 1656 avaient décrété, et que Ton venait de compléter en y mentionnant, outre la bulle Cum occasione d'Innocent X, datée de 1653, celle d'Alexandre VII, datée de 1656 et connue sous le nom de Ad sacram. Nous avons dit que celle-ci déterminait encore mieux le sens autijanséniste de la première, qui avait été reçue le 11 juillet 1653, selon les lettres-patentes du 4, « lesquelles n'avaient », dit Sainte-Beuve, « aucune de ces restrictions qu'on opposait d'ordinaire à certaines clauses », et acceptée par les prélats qui se trouvaient à Paris et à la Cour. Il convient d'ajouter que ce Formulaire resta dans une sorte de désuétude de 1657 à 1661 ; le Parlement de Paris ne s'était-il pas prêté avec une extrême lenteur à l'enregistrement et de la déclaration de Louis XIV et de la constitution d'Alexandre VII? Mais nous voici au moment où l'affaire va se réveiller de cet assoupissement de quatre années : avec quel fracas elle en surgit, on le sait. Sans doute, le 6 juin 1660, la Faculté de théologie de Bordeaux, consultée par le Parlement de cette ville, à qui les jésuites demandaient de sévir comme celui d'Aix, déclare ne trouver aucune hérésie chez « Wendrock »; en revanche un arrêt du Conseil du roi, daté du 23 septembre, condamne au feu « le livre intitulé Ludovici Montaltii Litterae provinciales » et interdit aux libraires d'en vendre un exemplaire « sans notes ou avec les notes, additions et disquisitions de Guillaume Wendrock et Paul Irénée » ; l'exécution de l'ouvrage a lieu le 14 octobre.

L'Assemblée du clergé de 1660-1, tenue d'abord à Pontoise, puisa Paris, remet en vigueur le Formulaire; la lutte reprend. En 1661, une dépêche de l'Assemblée exhorte les évêques de France à le signer et à le faire signer par les

prêtres de leur diocèse respectif. Godeau avait écrit au Pape, et fait signer son chapitre sans mandement, comme l'archevêque de Sens; ilallaitécrireauroi. A Alexandre VII, sous la date du 9 août, il venait de demander, en effet, s'il convenait de faire signer le Formulaire que l'autorité apostolique n'avait pas imposé, de déclarer que dans son petit diocèse personne n'avait entendu parler de jansénisme, et de laisser craindre qu'en voulant éteindre un petit incendie local, on n'en allumât un grand et générale A Louis XIV, le 15 octobre, il fit part de sa lettre au chef de l'Eglise, dit qu'on surprenait sa bonne foi en lui montrant des hérétiques sur tant de points de la France, qu'on diffamait « dn nom de janséniste même ceux qui n'espèrent rien en ce monde »; que l'Assemblée du clergé ne peut se croire armée de l'autorité d'un concile, que l'athéisme et le libertinage méritent plutôt la colère du roi, et que l'on est à la veille « d'introduire une inquisition plus rigoureuse que l'Inquisition^». A la lettre du 9 août, Alexandre VII ne répondit point; son neveu, le cardinal Flavio Chigi^ pria le nonce de Paris d'inviter les évoques d'Angers et de Vence à signer purement et simplement le Formulaire^ A celle du 15 octobre, — le P. Annat en interrompit la lecture commencée au Conseil de Conscience, et par un mot des plus grossiers®, — Louis XIV ne répondit pas; mais les membres du Conseil de Conscience la trouvèrent, selon Arnauld

1. Séculiers ou réguliers, exempts et non exempts, communautés de religieux et de religieuses, quiconque voudrait posséder un bénéfice ou conserver celui dont il y avait alors jouissance, principaux des collèges, régents, maîtres d'écoles, tous devaient y souscrire.

2. Son Epistola ad Alex. VII de formula fldei subscribenda eut deux éditions à Paris (Cognet, p. 510).

3 Sa Lettre au Roy n'en eut qu'une (ibid).

4. Cardinal-prétre de Sainte-Marie de populo en avril 1657, légat en France en juillet 1664 ; c'est lui qui porta les excuses de son oncle, au sujet de l'insulte faite au duc de Créqui, ambassadeur de Louis XIV, et écouta sans indignation — ce que Molière rappela dans son premier placet sur Tartuffe, — la comédie de Molière que le clergé de Paris, moins tolérant que l'envoyé du pape et sa suite, condamnait sans pitié.

5. Cognet, p. 334, d'ap. VHist. du Jansén. de Gerberon, et VHist. eccl. de l'abbé Racine (Paris, 1748).

6. Id., d'ap. une lettre d'Arnauld d'Andilly, citée dans les 71/ c'»î. d'Hermant. Le jésuite dit au roi : « Que vient nous conter ce petit évéque qui n'a que trois paroisses et quinze paysans?» Godeau releva éloquemment, dans sa réponse à Arnauld d Andilly, ce que le propos avait d'outrageant et de dédaigneux.

d'Andilly, fort belle, Chapelain en vanta « la solidité de la doctrine et le courage apostolique », l'évêque d'Angers l'en félicita.

Le 11 décembre les jésuites font soutenir en leur collège de Clermont une thèse sur l'infaillibilité du Pape, bien que le P. Annat eût songé un instant, sur l'avis du nonce, à la faire supprimer. D'où colère de ceux qui estimaient que cette doctrine allait contre les opinions de l'Eglise de France et menaçait le pouvoir du Roi, facturas (il y en eut quatre) des curés de Paris, indignation de Godeau qui écrivit à Arnauld d'Andilly « avec une véhémence qui surprend », à Arnauld, l'évêque d'Angers, aux évoques de Châlons, Beauvais, Commiuges, Couserans, à l'archevêque de Sens, à tous ses confrères en qui, selon le mot de sa lettre à Arnauld d'Andilly, il croyait trouver « quelque étincelle de l'esprit pontifical », et à quelques laïques influents, notamment « à M. de Brienne père » \ autrement dit à Henri-Auguste de Loménie, comte de Brienne, secrétaire d'Etat aux affaires Etrangères ^ M. l'abbé Cognet a cité quelques-unes des phrases « les plus tragiques » d'une lettre à Arnauld d'Andilly : « Oi^i est l'ancienne Sorbonne qui avait foudroyé la proposition de l'infaillibilité du Pape 1 oii sont les Servien, les Marion, les d'Harlay, qui ne seraient pas bien en cette occasion où l'Estat est fort intéressé?.. Cette doctrine pernicieuse renverse la religion et donne un juste sujet aux hérétiques de nous faire des reproches auxquels nous ne pouvons répondre ». L'auteur de la thèse sur Godeau a reproduit aussi certains mots de sa lettre à l'évêque de Châlons : « Nous devons nous opposer vigoureusement à la naissance de cette erreur....

1. Cognet, p. 338 et suiv., et 485 et suiv., d'ap. les Méni. de Hermant. La 10" des 12 pièces inédites dont M. l'abbé Copnet fait l'appendice de sa thèse, est la lettre de Godeau a Brienne, datée du 24 janvier 1662 : la 12% une à Arnauld d'Andilly, du 4 mars suivant.

2. H. A. de Loménie de Brienne mourut en 1666. Son lils, Louis-Henri, était son adjoint, quitta ses fonctions avec lui eu 1663 et mourut en 1698.

l'erreur triomphe et le mensonge s'établit ». Il a enfin publié in extenso, mais -en appendice, sa lettre à Brienne, et n'en a pas parlé dans le cours de son livre. Godeau compte sur « la prudence et le jugement » de Louis XIV, qui, « je l'ai appris par une autre voye que par M. vostre tils ^, a dit que le Pape devoit répondre aux Evesques qui luy demandoient ce qu'ils avoient à faire pour la signature, et que le silence du Pape estoit cause que la querelle ne finissoit point... En quel bref le Pape a-t-il marqué qu'il entendoit que l'on signast ?.. S'il y a jamais eu une consultation importante, c'est celle-cy... Par les règles de Rome et les intérests de l'authorité du Saint-Siège, il ne doit pas approuver cette conduite de nos Assemblées... J'ay toutefois bien montré que je ne voulois pas me séparer de mes confrères, faisant signer le Formulaire à mes chanoines et à mes curés qui ne scavent rien du tout de la question présente ^.. C'est une affaire de party... je révère la piété du roy... Mais dans l'histoire nous avons des exemples de fort bons Empereurs quy ont esté trompés par des Evesques et quy sur leur rapport ont persécuté ceux que l'Eglise honore comme saints » ^ M. l'abbé Cognet a aussi publié in extenso une lettre de Godeau à Arnauld d'Andilly, datée du 4 mars 1662 : « Dieu, qui résiste aux superbes, fera tomber les bons Pères dans quelque grand et horrible aveuglement.... C'est aux evesques à dissiper ces ténèbres... Il faudroit exciter M. Talon * à porter au Parle-

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