Trait à noter
3. On reconnaît ici l'auteur de l'ouvrage alors célèbre, VHistoire de VEglise, dont il se préparait à donner, après la seconde édition, déjà ditférente de la première, une troisième.
4. Denis Talon, flls d'Omer, avait été reçu comme avocat général à 24 ans en 1652 et fut envoyé comme procureur général aux Grands Jours d'Auvergne en 1665. Profondément gallican, il demanda en 1688 la convocation d'un concile national pour décider que les métropolitains auraient le droit de conférer à 35 évéques, nommés par le roi, mais non préconisés par le pape, l'institution canonique refusée par le Saint-Siège. La décision du Parleraeiit fut conforme aus conclusions gallicanes de Talon ; le pape Innocent XI étant mort le 12 août 16S9, son second successeur, Innocent XII, céda. Talon, qui se retira du parquet en 1090, fut alors nommé par le roi président à mortier. Innocent XI était accusé par ses adversaires de n'avoir prononcé aucune condamnation contre le jansénisme, d'en avoir protégé les partisans, d'ctre janséniste (il avait en 1679 condamné 76 propositions des casuistes, notamment d'Escobar et de Suarès), d'avoir soutenu l'évéque de Pamiers contre Louis XIV et réprouvé les violences du roi contre les calvinistes. D'où le plaidoyer de Talon contre Innocent XI en janvier 1688, certaines épigramraes de La Fontaine, et les allusions de Racine dans le prologue de sa tragédie d'.Esi/ie/- jouée à la tin de janvier 1689.
ment plainte contre une doctrine si préjudiciable au Roy et à l'Estat... MM. les curés ^ sont de vrais pasteurs et font une grande confusion aux évesques qui sont muets lorsqu'il faudroit hausser leurs voix et faire du bruit comme des trompettes... Nous verrons quel archevesque le Roy nous donnera*... Les curés sont un grand corps et comme une digue... Dieu s'éveillera enfin et rendra la bonace ^ à cette mer agitée et reducet nos in i^efrigerium. ».
Au synode du 26 avril 1662 l'évêque de Vence insiste sur la dépêche de l'Assemblée de 1661, fait lire par le greffier les déclarations de celle-ci, la bulle d'Innocent X, celle d'Alexandre Vil, le Formulaire, signe ce dernier et le fait signer par tous les assistants. N'y avait-il pas été invité par le nonce, de la part du neveu du Pape? Le 24 mai, le roi « ignorant sans doute que Godeau s'était mis en règle » \ lui écrit de se conformer au plus vite aux décisions de l'Assemblée. Avant d'envoyer au roi sa première lettre, celle que le P. Annat traita si durement, Godeau avait écrit à d'Andilly: « Elle sera d'autant moins suspecte que j'auray fait signer ». Au reçu de la réponse du roi, il avait fait signer à la fin d'avril et avait antérieurement, enjuin 1661, entretenu du Formulaire le clergé de Vence même. Aussi répond-il en août 1662 à Louis XIV : il lui parle longuement de la distinction du fait et du droit — formellement condamnée par le Formulaire, on le sait, — insiste sur ce que le bref du Saint-Père ne disait rien ni du Formulaire ni de la signature, revient sur la thèse de l'infaillibilité pontificale « qui renverse le plus puissant droit de notre monarchie » ^, et se met ainsi dans la position la plus singulière. Les Jansénistes dirent que