Ev. de Grasse, G
2. Notes prises dans l'édit. des Sermons, par Gazier (Belin, 1893).
3. C'est le dernier mot de la critique : voir abbé Urbain, du Janscnisme de Bossuet, Paris, Letoii/.ey et Ané, 1899.
■'». Ingold, Boss. et le Jansèn., Paris, Hachette, 1897.
5. Rev. crit. du 26 juillet 1S97 : il y renvoie à son article de la Kev. polit, et littér., du 12 juin 1875.
de Cornet taxait toujours VAugustinus d'hérésie, disait que les cinq propositions étaient l'âme du livre, signait le Formulaire d'Alexandre VII sans hésiter, conseillait même aux religieuses de Port-Royal d'y souscrire, même poursuivait de nouveau en 1700 la condamnation de l'ouvrage de l'évêque d'Ypres. Le savant professeur a voulu établir en outre qu'il n'y avait jamais eu de véritables Jansénistes, que Pascal, Arnauld, Nicole, Quesnel ont reconnu pour hérétiques les propositions condamnées par Innocent X, que tous « les prétendus Jansénistes » ont signé le Formulaire « lorsque Clément IX admit la distinction si naturelle du fait et du droit », qu'ils ont gardé le silence respectueusement quand on leur disait que les propositions étaient dans Jansénius. Mais, ajoute-t-il, il y eut beaucoup d'Augustiniens. Bossuet les aimait et les estimait; après la paix de l'Eglise, il fut des premiers à « tendre les bras aux solitaires », et conseilla au futur cardinal de Bouillon, de lire les Prouùic/a/e.?, « les Livres, ainsi que les Préfaces, de MM, de Port-Royal » ; plus tard il souhaita à Fénelon d'en « ramener les grâces », et permit, comme directeur de conscience, à Mesdames d'Albert et de Luynes la lecture de Saint-Cyran. En 1679, dit M. Gazier, Bossuet ne fut pas nommé à l'évêché de Beauvais parce qu'il refusa à Louis XIV d'écraser les Jansénistes qui abondaient dans ce diocèse; un théologal de Meaux, choisi par lui, était « Augustinien déterminé et mourut appelant »; les curés du diocèse de Meaux qui appelèrent de la bulle Unigenitus se réclamèrent des enseignements de Bossuet ; les Jésuites Tout empêché d'être archevêque de Paris et cardinal. « N'était le désaccord, secondaire en somme, sur la question de fait », conclut l'éminent collaborateur de la Revue critique, « Bossuet mériterait une place d'honneur dans les Nécrologes de Port-Royal ».
Godeaii pourrait y figurer aussi, sinon au mcmc rang; et je ne sais dans quelle mesure le travail récent de M. l'abbé Cognet réduit, ou anéantit, l'inculpation ou la réputation de Jansénisme qui pèse sur lui ou lui reste attachée. Nul lecteur, je parle des catholiques qui se souviennent que le concile du Vatican a, il y a une trentaine d'années, défini l'infaillibilité pontificale et frappé le gallicanisme théologique, ne peut être surpris de l'attitude de Godeau. Il était certainement partisan des libertés de l'Eglise gallicane, aurait aimé à voir Bossuet les condenser dans les « quatre articles », et d'ailleurs les eût désavoués, sur la demande du Pape et avec l'approbation du Roi, comme le fit l'épiscopat français de 1693. Quant à sa sympathie pour Port-Royal et son antipathie pour les adversaires de la célèbre maison, nul n'en peut douter. Que le quatrième des prélats qui remplacèrent le premier académicien sur le siège des saints Véran et Lambert, en ait eu autant que lui, on ne doit pas le croire. Dom Bérengier, dans un travail sur M^"" de Surian, un des successeurs de Godeau à Vence, a-t-il eu raison de reprocher à Soanen, l'évêque de Senez dont on connaît la condamnation, d'avoir « calomnié outrageusement » Godeau, le jour où, félicitant Surian, oratorien comme Soanen, de sa nomination à l'évêché, il lui proposait Godeau « comme un modèle d'attachement à la doctrine perverse de Jansénius » ' 1 1l est certain que l'ex-évêque de Senez, alors exilé et déposé pnr le concile qui venait de se tenir à Embrun en 1727, écrivant à Surian un peu avant son sacre (qui eut lieu à Paris et le 3 juin 1728), dit qu'il fera revivre Godeau « par l'imitation de son amour pour l'ancienne doctrine de l'Eglise et pour la saine morale de l'Evangile » ; qu'il remplace « cet
1. Dom Bérengier, 0. S. B., Surian, Marseille, impr. Marseillaise, 1895, p. 28 et suiv.. d'ap. le Recueil des lett. de M. de Senez.
Elle du dernier siècle »; que Godeau avait subi « beaucoup de traverses, parce que Dieu n a promis aux Apôtres et aux évoques, leurs successeurs, des consolations dans leur ministère qu'avec un mélange de persécutions » \
Les successeurs immédiats de Godeau semblent n'avoir eu rien à faire contre le Jansénisme dans le petit diocèse de Vence. Je n'ai rien trouvé dans les papiers de L. de Thomassin - et de Th. Allart \
Dans le fonds de l'ancien chapitre de Vence *, on note d'ailleurs un procès qui eut lieu en mai 1693 entre « André de Cormis, économe du chapitre, docteur en théologie, archidiacre de la cathédrale, vicaire général le siège vacant », et un certain Jean-Joseph Layet, bachelier en théologie, originaire du village de La Colle. Est alors évêque de Vence M-' Jean-Balthazar de Cabannes de Viens ^ mais il est seulement nommé. L'affaire du Gallicanisme sépare encore Rome et Versailles. Aux quatre articles souscrits le 19 mars 1682 par l'Assemblée générale du clergé de France, Innocent XI, contre qui elle s'est déclarée en faveur du roi, a répondu en refusant l'institution canonique à tout évêque, nommé par le roi, qui aurait, comme prêtre délégué à l'Assemblée de 1682, souscrit la déclaration rédigée par Bossuet. 35 diocèses français restent momentanément sans évêques *. Il convient de se souvenir que, au lendemain de l'Assemblée quinquennale
1. Nous dirons plus loin que Surian, sacré au début de juin 1728, écrivit en novembre nn mandement où il adhérait « sirapleiueiit. sans forfanterie comme sans passion — qui fut la meilleure réponse à la lettre doucereuse et perfide de Soanen » (Bérengier, p. 30) — aux décisions du concile d"Eiiibrun. D'ailleurs il regretta qu'on eût relégué cet octogénaire dans une des parties les plus froides de l'Auvergne.
2. Celui-ci visite son diocèse en décembre 1672, janvier et juin 73. Il est transféré à Sisteron en février 16S0. Lors de la bulle Unigenilus, il inclina à la combattre, ainsi que l'évéque de Metz, M. du Cambout de Coislin (Le Roy, p. 5S9), que Surian, évêque de Vence, remplaça à l'Académie française. Thomassin mourut le 13 février 1718.
3. Celui-ci visite son diocèse en sept, et cet. 83, et meurt le 14 décembre 85.