‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 54 sur 190 · Le Roy, pp. 178 et suiv · texte numérisé non relu

Le Roy, pp. 178 et suiv

31 août 1706, si dur pour le roi que le Parlement le déclara inacceptable et que Louis XIV le rendit au nonce avec ordre de ne jamais lui en reparler. Au printemps de 1707, des copies d'abord manuscrites, puis imprimées en latin et en français, circulèrent ; Clément XI dit que la publication clandestine venait des Jansénistes. » M. Albert Le Roy a mis en lumière toutes les récriminations soulevées par la bulle Vineam, et la façon dont Rome déclara que la Constitution n'avait pas été acceptée avec le respect nécessaire par l'Assemblée de 1705, et la manière dont Noailles, « à qui ne manquait ni la clairvoyance de l'esprit, ni la connaissance du devoir, mais la fierté du caractère », adoucit en 1710 son jugement de 1705, par des explications telles qu'on put dire que celles-ci anéantissaient celui-là.

M»"" de Crillon connaissait d'autre part, lors du procès que nous examinerons, la bulle que Clément XI, « ne pouvant se refuser aux sollicitations d'un aussi grand personnage que le roi de France », disait-il, — avait accordée le 27 mars 1708, et qui prononçait l'extinction de la célèbre maison, la réunion de ses biens à ceux du Port- Royal de Paris, ainsi que la dispersion des religieuses. D'autre part c'est le 11 juillet 1709, — je passe d'autres détails qui auront plutôt leur place dans une autre partie de mon travail, — que le cardinal de Noailles rend, en vertu de la bulle citée, un décret de suspension contre les religieuses. Nous rappellerons ailleurs ce que chacun sait : les scènes du 29 octobre et du 30 sont connues, mais pos térieures au procès que nous devons examiner. En effet, six ans après avoir agi contre le Jansénisme, M^'de Crillon dut revenir à la charge à l'instant où les destinées de Port- Royal se précipitaient ; à propos d'un des villages de son diocèse, où l'hérésie de Jansénius semblait se développer, il lui fallut juger et punir un prêtre qui paraissait la favoriser

et qui d'ailleurs vivait d'une manière qui sembla répréhensible. C'est du reste le moment où Louis XIV va mettre à exécution le dernier des dix avis que Mazarin mourant, et après avoir reçu l'Extreme-Onction, avait donnés au jeune roi : « ne plus souffrir la secte des Jansénistes ni seulement leur nom »'.

M. Jules Lemaître, parlant au nom de l'Académie française, lors de l'inauguration d'un buste de Racine, sur l'emplacement que la tombe du poète occupa de 1699 à 1709 dans le cimetière de Port-Royal ^, saluait dernièrement cette vallée comme « un des coins de la France les plus aug-ustes, les plus imprégnés d'âme, une terre sacrée où tout conspire à pénétrer nos cœurs de souvenirs et de sentiments délicieux et rares »; il la proclamait « nourrice de sainteté et mère de beauté » ; il n'hésitait point à placer « les souvenirs de religion et d'art » qu'elle retient « entre les plus grands de notre histoire nationale ». Nous nous garderons d'appliquer une seule de ces expressions au village où dut se faire sentir la crosse de M»' de Grillon.

1. Voir Lacour-Gayet, iîey. hisloriq. de nov. déc. 1898, p. 250.

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