‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 53 sur 190 · Bossuet meurt le 12 avril · texte numérisé non relu

Bossuet meurt le 12 avril

2. Ch. Urbain, dans sa Bïbliogr. critiq. de Bosxuet publiée récemment {Rev. des quest. historiq. âc 1899), n'en parle pas. Sur l'opinion que Bossuet eut du Jansénisme, il cite notamment les travaux, déjà anciens, de Bouix (1S65). du P. Gazeau (1874-7), de Gazier (1875), de Davin (1883|, et ceux plus récents, du P. de La Broise (1892), d'Ingold (1897 : « il nie à tort l'authenticité de la Justification des Réflexions morales »|, de Delraont(1899 : «< même thèse que l'abbé Ingold »), de Rébelliau (1898 : « il croit au Jansénisme de B. en morale, et même à un certain Jansénisme intérieur sur la question de la grâce »), enfin aux siens (1899). Voir la page 462 du tome cité de la Rev. des quest. historiq.

môme, au moins l'occasion de l'interminable querelle, et attaqué les hétérodoxes, sinon dans les termes que nous avons et qui ne sont pas, du moins très probablement, ceux mêmes qu'il avait prononcés, à coup sûr dans le même esprit. Par contre l'Avertissement sur les Réflexions morales du P. Quesnel et les Réflexions sur le cas de Conscience n'étaient pas destinées par le collègue de 'Sl<^' (le Grillon à la publicité : ce ne sont pas des ouvrages achevés, et le premier, que Bossuet avait composé en 1699 en vue d'obtenir des rectifications nécessaires, ne fut publié qu'après sa mort, en 1710, et sous le titre, qui n'est pas de lui, de Justification des Réflexions morales du P. Quesnel.

D'autre part Fénelon n'écrivit qu'en 1704 son mandement sur le Cas de conscience, et ce fut son premier acte public depuis la condamnation dont chacun sait qu'il avait été l'objet '. Le Cas de conscience avait donc rouvert la querelle, en niant la valeur jDour le fond, en droit, du serment prêté par les Jansénistes, en 1668 \ D'où la censure de Rome en février 1703, le mandement de l'archevêque de Paris en mars et, — pour en revenir à notre sujet, — celui de l'évoque de Vence en mai. Le roi sollicita une bulle qui renouvelât et confirmât les anciennes : ce fut la bulle Vineam Domini Sabaoth qui, le 15 juillet 1705, confirma la bulle Ad sacram d'Alexandre VIL Elle décida, dit Sainte-Beuve, que le silence respectueux sur les faits condamnés par l'Eglise ne suffit pas; que, en signant, on devait juger effectivement le livre de Janséni us entaché d'hérésie ; qu'il fallait croire de cœur que la décision de l'Eglise était fondée à la fois en droit et en fait. Le Cas

1. Je suis VHist. de la lang. et de la Uttér. franc. Paris, Armand Colin, t. V, 1898, chap. V, Bossuet, par Rebelliau, p. 283, 285 et 389, ainsi que chap. VII, Fénelon, par Thamin, p. 491. -i r > f

2. Voltaire, Siècle de Louis XIV (note de la p. 741 de l'cdit. class. d'Era. Bourgeois, chez Hachette).

de conscience, qui avait rompu brusquement « la paix de Clément IX », supposait « qu'un ecclésiastique, ayant souscrit le Formulaire, confessait à son lit de mort avoir signé sans croire que l'Eglise fut infaillible dans la décision d'une question de fait, et seulement pour garder, comme disaient les Jansénistes, un silence respectueux : le confesseur demandait s'il pouvait l'absoudre ' ».

Le cardinal de Noailles, qui présidait l'Assemblée de 1705 où la bulle fut reçue sur l'invitation du roi, écrivit aussitôt un mandement pour la publier et mentionner en tête, en termes exprès, qu'il était composé « contre le Jansénisme ». C'est à la présentation de la bulle Vineam, de l'ordonnance archiépiscopale, du certificat à signer, que succomba Port-Royal-des-Champs -.

Un ouvrage que j'ai déjà cité plus d'une fois^, indique ce qui arriva à la suite de la bulle Vineam, dont un brouillon avait été, dès la fin de mars, communiqué au roi qui l'avait demandé. « Le 27 juillet elle fut à Versailles ; le 3 aoiit, l'assemblée du clergé, gallicane, nullement janséniste, en reçut notification, ne s'indigna pas que le silence respectueux fût condamné et la défaite de Port- Royal à jamais consommée, accepta la bulle par voie de jugement, laissa son président, le cardinal-archevêque de Noailles, sortir diminué des délibérations, exhorta les évoques à la publier par des mandements simples et uniformes autant que possible. Mais elle irrita Clément XI qui s'attendait à des remerciements ; il ne vit dans les lettres patentes pour l'enregistrement que des mots rappelant les Maximes de 1682, et sentit que l'épiscopat de France le regardait comme l'un des évoques, plus que comme l'Evêque unique. Le Pape écrivit alors le bref du

1. Lavisse et Rambaud, Hist. gén., tome Vil, Paris, Colin, 1896, p. 815.

2. Nulle mention de la balle Vhieam dans le registre capitulaire de Vence.

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