‹ Le jansenisme dans l'ancien diocese de VenceChapitre 75 sur 190 · Ann. du Midi, 1. c, p. 16."i · texte numérisé non relu

Ann. du Midi, 1. c, p. 16."i

« Traité de la Perfection Chrétienne, par le P. Rodrigiies, Jésuite, deux tomes». — Alphonse Rodrigues, né à Valladolid en 1526, était mort à Séville en 1616. C'est un écrivain ascétique qui fut des plus estimés. Dans sa déposition, nous le verrons, de Guignes dit qu'il a lu sa Conduite des âmes. Quant à sa Pratique de la Perfection, publiée à Séville en 1614, elle fut traduite en presque toutes les langues, notamment en 1673 : on disait que cette version avait été faite par « les Messieurs, ce qui surprend au premier abord », écrit Sainte-Beuve. Il ajoute qu'on mettait Rodrigues au-dessus de Nicole, que c'était un des membres les plus recommandables de la Société de Jésus, qu'il avait passé quarante années à enseigner, comme maître des novices, les choses spirituelles et que son livre présente l'exposé fidèle et idéal des principes de la Société de Jésus dans sa rigueur primitive.

« Histoire de la vie de Jésus-Christ, par M. Le Torneur, un tome ».• — C'est l'ouvrage d'un ami de Port- Royal, Nicolas Le Tourneux, mort en 1686, et il passait pour un chef-d'œuvre d'éloquence évangélique \ Ancien vicaire à Rouen, ami des « Messieurs », très apprécié de Boileau qui eut l'occasion de dire du bien de lui à Louis XIV, il fut par intérim, en octobre 1681, le confesseur des religieuses de Port-Royal-des-Champs et, dit Sainte-Beuve, le successeur direct des Singlin et des Saci. On l'appréciait pour sa science ecclésiastique, son éloquence simple et instructive : Tautëur de Port-Royal rappelle le succès du Carême que ce sermonnaire distingué, lauréat du prix d'éloquence à l'Académie française en 1675, avait prêché en 1682 à Saint-Benoît de Paris, puis la façon dont il fut compromis, interdit, rejeté en dehors

1. Hist. gén. de la langue et de la Uttér, franc., tome IV, 1897, chap. IX, Pascal, par M. Gazier, p. 618.

(le la prédication, mis à l'index, traité comme un mécréant. Son cœur fat porté à Port-Royal-des-Champs et sauvé de l;i ruine. Nicolas Le Tourncux était chanoine de la Sainte- Chapelle; Arnauld l'admirait, Boileau disait de lui : « C'est un prédicateur qui proche l'Evangile », Fénelou l'estimait, il semble que La Bruyère ait fait allusion à lui lorsque, dans son chapitre De la Chaire, il parle de l'homme qui explique « la parole divine uniment et familièrement », le chancelier Le Tellier ne lui ménageait pas sa protection. C'est une des vraies figures de Port-Royal, écrit Sainte- Beuve : il en a tous les caractères, y compris la persécution. De Guignes n'avait pas seulement son Histoire de la Vie de Jésus-Christ, composée chez Le Vayer, maître des requêtes, en 1673 et dont la préface, dit encore l'auteur de Port-Royal, fut très remarquée en ce qu'elle présente une exposition claire et abondante du système de la Chute et de la Rédemption : d'ailleurs ses ennemis allèrent jusqu'à s'acharner, surtout M-' de Harlay, après tous ses écrits et même après sa mort, jusqu'à incriminer sa foi en la divinité du Christ et jusqu'à dire que ce confesseur des religieuses de Port-Roy al-des-Champs inclinait au déisme,

« De la lecture de V Ecriture Sainte, par M. Arnauld, contre M. Mallet, un tome ». — Le grand Arnauld, s'étant exile en juin 1679, avait bataillé dès lors, notamment contre Charles Mallet, docteur de Sorbonne, chanoine et archidiacre de Rouen, grand vicaire de l'archevêque Fran(,'ois de Harlay de Champvallon, et l'un des adversaires les plus ardents du Jansénisme. « Comme Arnauld goûtait les Satires de Boileau, il put dire en cette circonstance : j'appelle un chat un cliat et Mallet un fripon ' ». Sainte-Beuve rappelle les attaques de Mallet contre le Nouveau Testament de Mons et la façon dont Arnauld

Page 1