Toujours Pâques
2. J'ai montré ailleurs (Ann. du Midi, 1S98, p. 166), que Godeau avait condamné en 1655 l'usage de donner au baptême « des noms ridicules. . et particulièrement am filles des diminutifs des saintes ». Il parait qu'on ne respectait plus cette prescriptiou du prélat académicien, déjà vieille de plus d'un demi-siècle.
3. Margoton Aussel, âgée de 25 ans et non mariée, était flUe du notaire César et de Marguerite Boarrelli.
4. Honorade Curel, née Isnard, avait pour mère, nous l'avons déjà dit, une femme dont le nom de jeune fille était Merlesse. Il est assez invraisemblable que, si l'Isnarde éprouvait quelque passion pour le secondaire, sa mère en fût la complice et que celle-ci, à 48 ans, ait pris part à la scène de magie qui suit. Je crois plutôt qu'il s'agit, non de Huguetle Merlesse, mais de Marguerite Merlesse. alors veuve d'.\ntoine Gazagnaire : rien ne dit qu'elles aient été soeurs ou cousines. Encore faut-il noter que Marguerite Merlesse avait 45 ans.
5. Varages ne parle que de deux poupées d'étoupe, celle de son collègue et celle de la jeune Margoton. Mais nous allons entendre Marguerite Merlesse, lu veuve Gazagnaire, parler de quatre : celle de messire de Guigues et celle de Margoton, faites par la jeune Isnarde, et d'autre part (ce dont Varages n aura rien dit à son évéque), celle de Varages et celle de la veuve, faites parcelle-ci. Le vieux chanoine Esmiol, de Saint-Paul, n'a entendu parler de cette curieuse scène qu'en termes vagues.
opératrices '. De Guigues l'a su, a montré « do la froideur à la Gazagnaire » ^ et lui a dit, « en lui touchant la main, qu'il la regardait indifféremment à l'avenir et n'irait plus chez elle », Alors la dévote^ vint trouver Varàges qui lui conseilla d'aller se confesser à un prêtre de l'église N. I). de Vie à Mougins * ; elle y alla et celui-ci lui dit de ne plus revoir de Guignes; ce dernier, quand elle revint à Tourettes, lui ordonna par contre de ne plus revoir Varages et la fit surveiller tantôt par le supérieur de la congrégation des hommes tantôt par une dévote. Elle s'en aperçut, se fâcha, dit que M. de Guignes fît surveiller Margoton, et non pas elle. Un jour que l'inculpé était à sa fenêtre et en chemise, il aperçut l'Isnarde à la fenêtre de la maison d'en face et dit à Varages: «.Regarde un peu, quaquo es gente ». Varages lui répondit que la jeune femme était dans ses bonnes grâces, qu'il ne parlait pas d'elle et de l'Aussel comme il avait parlé « de la Gazagnaire » ^ De Guignes répliqua : « Celle-ci, regam eam in virga ferrea; a ces deux-lk je leur dis : touche le bout de ma lance, elle est emmiellée, la rigueur et ma loi 7i'est pas pour vous » ^
1. Le Traité des Siiperxtitionx de Thiers, que possédait J.-B. de Guipues, dit nettement que la faculté de théologie de Paris avait condamné, le 13 sept. 1398, entre autres erreurs, celles des gens >< qui font des images... de cire blanche ou rouge ou de quelque autre matière, les baptisent, etorcisent, consacrent ou plutôt conjurent selon des règles magiques et à certains jours, et croient que ces figures ont les vertus que les livres de sorcellerie leur attribuent ». C'est, dit la faculté, de l'idolâtrie. Puis il est parlé de la magie, des maléfices amoureux, des figures que l'on faisait et que l'on approchait du feu, comme la femme d'Enguerrand de Marigny, qui avait été accusée d'avoir fait «jeter en cire les images de Louis X le Hutin et de Charles, comte de Valois, par le sorcier Paviot et par l.i sorcière Claude, pour faire languir de maigreur, puis mourir, ces princes ». Que l'on compare les épisodes du procès de Guichard, évéque de Troyes, que M. Abel Rigault a publié dans ces dernières années; ou, si l'on aime mieux des actes du XVII» s., ceux du « drame des prisons » que M. Frantz Funck-Brentano a tout récemment fait connaître.
2. « La Gazagnaire », c'est-à-dire selon notre hypothèse la veuve d'A. Gazagnaire, Marguerite Merlesse, âgée de 4.'> ans. Il ne peut être question de Louise Gazagnaire, qui ne semble effleurée par aucun soupçon, hormis celui d'être, bien que maîtresse d'école, assez ignorante pour ne savoir pas même écrire. La scène est plus curieuse que celle où les deux paysannes, Charlotte, fiancée de Pierrot, et Mathurine, déjà gagnée aux promesses du noble seigneur, se disputent pour les beaux yeux de Don Juan.