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La Planche AAH est la reproduction d'un kakémono exécuté par Gankou ( j ;5o- 1 838), qui fut à Kioto le fondateur d'une école rivale de celle de Shuo, établie, peu avant' lui, par Maruyama Okio dans la même ville. A l’exemple de ce dernier, Gankou professait les doctrines appelées réalistes, qui étaient destinées à bannir les conventions académiques delà représentation des êtres vivants. Mais ce fut avec cette différence qu’il ne chercha pas à attribuer à son époque le mérite exclusif de cette innovation. Remontant dans l’histoire de l’art jusqu’aux Chinois des xme et xive siècles, il proclama que des enseignements analogues pouvaient être tirés de l'œuvre des vieux maîtres. C’est là qu’il puisa les meilleures de ses inspirations, et c’est leur influence aussi qui éclate dans les célèbres tableaux de tigres qui ont tant contribué à perpétuer le renom de Gankou. On jugera par le présent kakémono de la perfection avec laquelle l’artiste parvenait à rendre la puissance et la férocité du terrible fauve.
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La Planche AJE nous montre par contraste un aimable spécimen de l’école de Shijo à laquelle nous venons de faire allusion. Ces deux pages d’oiseaux procèdent directement d’Oxio. C’est à peine si bambou et chrysanthème se ploient sous le corps des frêles créatures qui s’y sont accrochées d’un mouvement rapide. Rien n’est mieux observé que l’effort de l’oiseau battant encore des ailes pour se maintenir en équilibre sur la branche fleurie.
La planche est tirée d’un album gravé, dont l’impression est en tous points a la hauteur des dessins : le coup de pinceau chargé d’encre de Chine, qui, d’un seul trait hardi, a trace le feuillage de bambou, est rendu par le bois avec une vérité de trompe-1 œil, et dans 1 autre motif la liberté de facture qui fait le mérite de cette peinture est non moins admirablement reproduite. Le livre est muet quant au nom de son auteur, mais ces croquis nous
paraissent dignes d’être rangés parmi les chefs-d’œuvre du genre.
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Avec la Planche A B B, nous nous retrouvons en plein art vulgaire où nous avons déjà largement puisd. Cette fois, nous lions connaissance avec 1 un des derniers artistes de va eur, venus avant la chute irrémédiable dans l’ère de la décadence. Koi nhoshi (1800 uôi), g nairement élève deToyokouni, s’est néanmoins inspiré largement de Hokusai, co .
montre la présente gravure, reproduction fidèle d’une des meilleuies composition 1
Certes, on ne saurait aller plus loin dans le parti pris populaire . ces trols /
commun, se livrant avec une ardeur absorbante au plaisir de la pec e a a |^ne’ accentué des personnages, leurs poses familières, où n’entre aucune prcoccu} all°" '
la naïve .implicite du co.t.tmc, tou, concourt i Imprime, i «,.« acte réalisme absolu... et pourtant la poésie y perd-elle ses dioits, et peut o
vulgarité du sujet lasse ton a l’impression saisissante du tableau : La ligne d’horizon se développe immense, baignée parla réverbération rosée du soleil à peine disparu, et seules quelques voiles blanches émergent à distance de la surface liquide; une langue de terre, déjà assombrie par l’ombre montante, va se perdant au loin, tandis que quelques barques amarrées mettent du côté opposé une note vigoureuse. Plus près de nous s’avance une embarcation dont les occupants s’isolent de tout regard indiscret derrière le disque d’un vaste parapluie laissant le champ ouvert à notre imagination, et au tout premier plan un grand remous d’eau autour des roches aiguës, où se blottissent, avec des miracles d’équilibre, nos passionnés pécheurs. Le tout s’enveloppe d’une atmosphère limpide dans le calme reposant d’un soir d’été. La scène représente l’embouchure de la Soumida-gava, dans la baie de Yeddo, près d’un endroit nommé Tépozu.
Planche ABG. Deux motifs tirés du Oumpittsu Sôgua , par Tatshibana Morikouni ( 1 670-1 748), ouvrage en 3 volumes, paru après la mort de l’artiste en 1749 . Le titre, qui peut se traduire par le Livre des esquisses rapides , se justifie par les exemples que nous empruntons à cet intéressant recueil. Ils caractérisent exactement la manière du maître qui, à force de dextérité et de sûreté dans le maniement du pinceau, parvenait à donner la forme voulue à tout ce qu’il jetait sur le papier au moyen de simples écrasements d’encre de Chine. Chacune de ces taches brutales, jetées çà et là comme au hasard, toutes ces lignes hachées et frustes qui sont l’improvisation d’un coup de brosse prestement enlevé, créent une chose ou un être, et les dotent d’une vie intense... nous allions presque dire d’une âme. Le contraste du blanc réservé au milieu des vigueurs noires constitue un jeu de lumière qui détermine un eflet de modelé étonnant. Peut-on rien imaginer de plus souple que le corps de cet écureuil, né sous le mouvement tournant d’un pinceau savamment appuyé? L’artiste était réputé pour être un calligraphe émérite, et de fait, nous n’avons aucune peine à le croire.
Morikouni mérite d’occuper une place importante dans l’histoire de l’art. Au milieu du grand nombre d’ouvrages par lui illustrés, il a créé un riche trésor de modèles pour artisans, dans lesquels ceux-ci ont puisé incessamment pendant plus d’un siècle une foule de motifs charmants pour les appliquer à leurs ciselures et leurs ouvrages de laque .
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La Planche ABF contient un décor pour tissus ou papier en couleurs, d'une rare élégance. Il est composé des légères ramilles d’une crucifère, au milieu desquelles jouent des papil Ions, choisis par l’artiste parmi les plus élégantes espèces diurnes.
La Planche AJJ est la reproduction d’un fragment de robe en soie brochée du x\ iQ siècle. Sur une mosaïque de losanges à couleurs variées se détache un vol de grues blanches d une grande ampleur qui rompent très heureusement ce que la régularité gé orne trique du fond aurait pu avoir de trop monotone. Le dessin est d’un style imposant, les couleur s sont harmonieuses, et de l’ensemble se dégage une sensation fidèle du faste quicarac térisait les vêtements seigneuriaux de l’époque féodale.
Llî JAPON ARTISTIQUE.
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La Planche ACC représente un vase à fleurs en bronze du Xv„«
.renue de patine verte, signé Kin-O. La face non apparente porte en relief troï irge.^ tères de forme herald, que, ban-sa, -rakou, c'est-à-dire - dix mille - années - * pro6Dé ,é n est soutenu par trots pet, tes ecrevisses qui, malgré leur légèreté apparente, donnent un assiette sol, de au corps du vase, et forment avec Lui un ensemble bien équilibré Le ton fondu à cire perdue dans un même moule, et témoigne une fois de plus de l'habile'té techniaue à laquelle les Japonais sont arrtvés dans cet ordre de productions. Comme elles sont nature les petites bêtes qui se courbent et contournent le fond de la panse, et comme cela est bien autrement pittoresque que les trois pieds banals qui souvent servent de soutiens à nos objets de même nature !
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Planche ABJ. Vase de suspension simulant la poulie et les seaux d’un puits. Il est en poterie d’Awata, faubourg de Kioto, et date du commencement du xymc siècle Les chaînes, en métal, ont dû être raccourcies pour les besoins de la reproduction, ce qui fait quelque tort à l’aspect d’élégance de l’objet. Elle s’enroulent avec facilité autour de la poulie, et permettent ainsi de réglera volonté la position respective des petits seaux dans lesquels on pique les fleurs.
Le genre de poterie dont cette pièce est faite a été créé par Ninsei, célèbre céramiste qui vivait vers 1600, et depuis lors on a beaucoup gardé l’habitude d’appeler du nom de Ninsei tous les spécimens de cette fabrication. C’est celle qui, au temps jadis, était simplement connue dans nos pays sous le nom de vieux truité, à cause de la fine craquelure qui fendille la couverte, d’un ton fauve plus ou moins accentué. Dans le décor ce sont les émaux bleu et vert qui dominent, et le plus souvent ils sont rehaussés d’ornements en or bruni.
Le premier four d’Awata doit son existence à Ninsei, ainsi qu’un certain nombres d’autres fours établis par le maître potier dans différentes localités de la zone suburbaine de l’ancienne capitale. Avant Ninsei, on ne connaissait pas les poteries décorées au moyen d’émaux vitrifiables ; le premier il a appliqué aux poteries ce principe décoratif, qui jusque-là était resté réservé à l’ornementation de la seule porcelaine.
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La Planche ACJ contient un groupe en porcelaine. Malgré sa dimension assez otable (la réduction est de moitié), il constitue ce que nous appelons un objet d étagèie, ne sant à aucun usage pratique. Les Japonais désignent cela sous le nom de olimono, littéiament grand objet, dénomination qui prend dans cette acceptation le sens d un objet qui se
'ise, par opposition avec le kakémono : objet qui s’accroche.
La pièce est en porcelaine de Hizf.n, et fut probablement fabriquée veis la tin du siée -rnier dans un four appartenant au prince Nabeshima. Ce qui lui donne ce caractère, grande sobriété des colorations, unie à l’absence d un décor d 01 . Le sujet, très. ^
1 japon, représente des pigeons posés sur des tuiles brisées provenant de a toiture ^ mple (c’est autour des temples que les pigeons volètent par centaines). Dan J ^ mté sur cette feuille, les tuiles sont recouvertes de bleu au grand, leu, un ,
•ut blanc, tandis que l’autre a son plumage rehaussé de légères teintes. es •
lima ne travaillaient pas pour le commerce et leurs productions étaient reserv
J à la cour shogounale.
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