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\L Gonse. Elles étaient sorties de l'atelier des Myiotshin, habiles fabricants d'armures, qui ont si longtemps illustré la signature de leur famille. Le docteur Mène, dans sa riche série d'armures et de casques, en a recueilli de précieux spécimens : il nous les exhibera à l'Exposition universelle prochaine. Les parties antérieuresdes poitrines sont repoussées, en bas-relief, de divinités, de dragons grimaçants et griffus, d’ornements allusifs. Certains casques ont été empruntés à l’Europe, tels que des bassinetset des salades. Le Portugal, à la fin du xvic siècle, expédiait des pièces démodéespar l’usage généralisé de la poudre.
Les gantelets et les brassards semblent avoir procédé des Persans toujours ingénieux dans l’art de la damasquinerie et de l’incrustation. Leurs relations avec le Japon sont établies par, des ambassades qui s'étaient nouées en Corée, dès avant le xve siècle. Mais quia fourni l'idée, plus comique que terrifiante, des masques à moustaches en crin blanc, à nez proéminents, à pommettes ridées? Est-ce la Chine?
“ Hndu ** corde, et offert de* présents eux dieux. (Voir pariai.) D'après lion»*!.
Exercice de bâton. D'aprè9 IIokusaÏ.
Revenons strictement aux sabres. Nous savons par un procès-verbal de saisie de son atelier, que Rembrandt avait des armes japonaises. Quelque capitaine hollandais les lui avait-il rapportées? Mazarin, le grand curieux, en possédait aussi. Louis XIV en avait reçu qu'il lit placer dans son cabinet d’armes au Petit-Bourbon, et qui sont actuellement au Musée d aitilleiie. En îéalité, sauf de très rares exceptions, les armes japonaises ne pénétrèrent pas en Europe. Les voyageurs seulement les signalèrent. La Renaissance, très soucieuse de ce qui touchait de près à l’homme de guerre, ne les connut pas.
Toutes les relations modernes citent la résistance des ai mes maniées pat les experts : quand on voulait vendre un sabre aux étrangers, on faisait sous leurs yeux l'essai de couper une pièce de monnaie, souvent meme un « coupe-
choux » sans les ébrécher.
Ces armes, en réalité, étaient terribles. J’ai vu une lame sur laquelle était incrustée en or une inscription constatant une expérience horrible : deux tetes de cadavres avaient volé sous le même coup. Cela s’était passe en présence
de l'illustre prince Iéyas.
Cependant ces aciers si bien aiguisés, si résistants quand on les niani adroitement, sont cassants et ne peuvent se plier à nos usages militaires.
Le colonel Le Clerc, qui a fondé au Musée d’artillerie l’intéressante sene des costumes de toutes les époques chez tous les peuples, \oulut s associer nos recherches. Il avait envoyé a la manufacture d aimes de guenede tellerault une des lames que le gouvernement avait obtenues, lors de 1 Exposition de 1867. de la part du prince de Satzuma. .le donne des extraits topiques du rapport officiel que reçut le colonel :
« ...Je l'ai soumise à l’examen des Maîtres ouvriers et des Contrôleurs de l’arme blanche qui, vous le savez, sont très expeits dans les questions de forge, de trempe et d aiguisage... i elle épieu\e ou telle expérience peuvent nous fournir un renseignement utile sui
la façon dont elle a été fabriquée.
« L’arme présente deux particularités avantageuses : la soie est large et forte, ce qui permet de fixer solidement la poignée, et de bien assurer la m'onture; la lame est d’un profil très mince, soit en °ng
Exercice
D’apis
soit en travers, ce qui facilite singulièrement les diverses périodes de sa fabrication... Comme fabrication, nous „e trouvons que des compliments à faire aux ouvriers japonais; ils exécutent très probablement, avec des moyens grossieis, un \ ci i table tout de force que nos meilleurs ouvriers de manufacture seraient hoi s d état de produire avec toutes les ressources de notre outillage perfectionné.
« La lame a été rompue en trois endroits différents pour vérifier la stiuctuic du métal . il a été facile de constater, a la loupe, que le noyau est constitué d une feuille de 1er très nerveux, enveloppé sur les deux grandes faces et le tranchant d une chemise d acier; le grain de 1 acier des faces est moins fin et moins serré que celui de lacier du tranchant, ce qu’il faut attribuer probablement à la méthode de trempe. On doit présumer que le forgeura entouré une maquette de fer sur trois de ses faces d une étoffé d'acier, et qu'il est parvenu à souder les surfaces en contact au moyen d'un martelage méthodique qui a produit une sorte de laminage. Les épaisseurs des deux métaux sont très régulières, Exercice de l’arc. Daprès Hokusaï. la soudure est parfaite, sans apparence de doublures, de
criques et de ce nd ru res. Cette opération doit présenter les plus grandes difficultés pour être réussie avec une telle perfection. Nos forg eurs avaient de la peine à en croire leurs yeux. Les matières donent, du reste, être excellentes, à en juger par leur grain et 'par leurs propiiétés physiques.
« La trempe n’a pas dû présenter de difficultés, étant données l'épaisseur de l'arme et son peu de rigidité. Du reste le tiempeui s est contenté de tremper le tranchant sur une ligne d'environ b millimétrés; il est facile de s’en assurer par l’aspect du grain et par les criques qui se présentent à la surface lorsqu’on ploie brusquement la lame.
« Les aiguiseurs japonais sont encore plus habiles, s il est pos sible, que les forgeurs : les dimensions et les foi mes des lames d’une régularité parfaite : toutes les arêtes sont d une îectitude prochable, le fil est remarquable, le poli est tiès beau. Ln résumé, les matières sont excellentes et 1 omiiei c|ui les a mises en œuvre est un véritable artiste... I el est
Lt balle forcée . D’après Hoki sxï.
sentiment des connaisseurs châtelleraudàis sur la question que vous leur avez soumise. Nous n’avons aucun profit à tirer pour notre armement de la lame que vous nous avez envoyée; mais si vous pouviez décider les Japonais à venir nous prêter leur concours comme forgerons et comme aiguiseurs, je crois qu’ils enseigneraient bien des tours de main a nos maîtics ou\ tiers... »
Je m’arrête sur les qualités techniques traditionnelles des aciers japonais. I ,e Japon moderne produit surtout des rails, 1 aimemcnt actuel. I.a classe farouche des Samuraïs a dû s’accommoder de la vie nouvelle ou s'éteindre.
Un autre jour, je parlerai du petit sabre qui accompagne le katana. Iéyas dit ces mots qui résument l’histoire de cette arme noble : « Dans le cas où un sa mural oublie son sabre, c’est un acte à signaler; c'est impardonnable: le sabre à la ceinture, c'est 1 âme même d un samuraï. »