S. BING
Mai 1888.
Grav. impr. par Gillot
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Après avoir songé, pour préparer à ces pages un accueil favorable, aux esprits enthousiastes qui ont voué un culte spécial aux œuvres artistiques du
Japon; après avoir fait, en second lieu, la part de 1 application pratique et utile des choses, il me reste encore
les suffrages de la nombreuse iraction du public qui, sans aucun parti pris d’origine, pourra trouver plaisir à feuilleter une publication — même quelque peu spéciale — à condition d'y rencontrer, en illustrations artistement exécutées, des compositions d’un goût rare
et délicat. Cette partie du programme ne sera point négligée. Des esquisses d après nature alterneront avec les croquis tirés des meilleurs albums, ou avec des fac-similés de la grande peinture; on verra défiler tour à tour des paysages vaporeux et des études de fleurs ou d oiseaux, des scènes de la vie populaire, et jusqu'aux types étranges delà comédie mystique dont les masques expressifs ne le cèdent en rien à leurs congénères de la Grèce antique.
En donnant les explications qui précèdent, je pense avoir résumé les différents titres par lesquels la présente publication se recommande à la bienveillance du public et j'ai le ferme espoir que :
L'Amateur spécial et l’artiste,
L'Industriel et Partisan,
L’Homme du monde que séduit toute production élégante de Part, voudront bien encourager ma tentative de leur appui sympathique.
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Le seul patronage auquel cet ouvrage désire se soustraire est celui de la soi-disant mode des choses du Japon, qui s’est un moment abattue sur nos salons. Elle n'a rien de commun, en effet, cette mode de clinquant, avec un art délicat, tantôt aristocratique et tantôt populaire, mais dont toujours la sobriété et la distinction constituent la loi fondamentale. Loin d'être soumis aux caprices d'un engouement frivole, cet art est désormais lié au nôtre d’une façon impérissable. C’est une goutte de sang qui est venu se mêlera notre sang et qu’aucun pouvoir du monde ne pourra plus en éliminer.
Je ne veux pas terminer ce déjà trop long préambule sans dire un mot d'une crainte qui, au milieu de tant d'autres difficultés, aurait pu paraître assez troublante pour me faire hésiter dans la tâche à entreprendre : arriverait-on à des résultats satisfaisants dans le rendu des sujets? 11 y avait là un doute qui s'est dissipé le plus heureusement du monde. J'ai eu la bonne fortune de rencontrer en M. Charles Gillot un collaborateur zélé dont l'ardeur* s'est trouvé aiguillonnée par son fervent amour pour le Japon et son art.
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