‹ Le Japon artistiqueChapitre 3 sur 43 · VI · texte numérisé non relu

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tives personnelles, le Japon, en nous éclairant sur ses pratiques, nous laisse entrevoir des horizons de grand air et de liberté. Non point que l’artiste de ce pays s’a {franchisse de toute règle et laisse jamais vagabonder sa fantaisie au hasard de là. Mais le guide constant dont il suit les indications s’appelle la nature; c'est elle son seul maître; un maître vénéré, dont les préceptes constituent la source intarissable où il puise scs inspirations. Il se livre à elle avec une ferveur naïve qui se reflète dans tous ses ouvrages et leur imprime un caractère d’absolue sincérité qui touche profondément.

Si le Japonais se trouve entraîné vers cet idéal si pur, cela tient surtout à une double particularité de son tempérament. Il est a la fois le poète enthousiaste ému par les grands spectacles de la nature, et l’observateur attentif et minutieux qui sait surprendre les mystères intimes que recèle Y infiniment petit. C’est dans une toile d araignée qu’il aime à étudier la géométrie; les traces laissées sur la neige par la patte d’un oiseau lui fournissent à souhait un motif d ornementation; et lorsqu’il 'cherche à rendre les inflexions d’une ligne sinueuse il ira infailliblement s’inspirer des capricieux méandres que la brise vient dessiner sur la surface des eaux. En un mot, il est persuadé que la nature renferme les éléments primordiaux de toutes choses et, suivant lui, il n’existe rien dans la création, fût-ce un infime brin d’herbe, qui ne soit digne de trouver sa place dans les conceptions élevées de 1 art. Voila, si je ne me trompe, la grande et salutaire leçon que nous pourrons dégager des exemples qu’il nous offre. Sous leur influence, l'inerte sécheresse des lignes, à laquelle nos artistes industriels ont trop cru devoir sacrifier, s’assouplira peu à peu, et nos productions s’animeront du souffle de cette vie intense qui suffit à expliquer le charme secret dont toute œuvre

d’art du Japon est empreinte.

On reconnaîtra que dans ses gravures et leur impression M. Gillot a réussi jusqu’à la perfection. Il a démontré en cette circonstance que les moyens mécaniques cessent d être les. ennemis irréconciliables de l’art pour qui a su en iaire des auxiliaires dociles dont la souplesse égale celle des doigts de l’artiste travaillant sous l’inspiration immédiate du cerveau.

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