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LE COMMERCE DE LA FRANCE EN EXTRÊME-ORIENT

Je veux, pour terminer ce chapitre, préciser le rang qu'occupe la France dans le mouvement des échanges au Japon, et indiquer en même temps les causes générales de son infériorité relative.

Dans le commerce d'exportation, notre pays tient le second rang, grâce à ses achats de soies. Il prend près des deux tiers de la production locale, étant, comme on le voit, avec l'Amérique, le meilleur client du Japon. A l'importation, au contraire, il ne vient qu'en septième ligne.

Cet écart, qu'on remarque également ailleurs, s'explique par les raisons suivantes : nos compatriotes ont mis beaucoup de temps à comprendre la nécessité de s'expatrier, de fonder à l'étranger des maisons solides bien fournies de tous les articles demandés par la consommation. Le bien-être qu'ils trouvent chez eux les incitait plutôt à se défier, comme d'une fâcheuse aventure, de toute incursion commerciale dans les régions éloignées. Les quelques commerçants qui représentaient à l'extérieur les intérêts français ont été malheureusement, durant de longues années, des hommes poursuivis par la

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d'Herenle (pardon ponr cette métaphore q^ae la gêograpliie condamne), la répatation qne méritaient à juste titre nos qualités de premier ordre et notre saToîr-&Lre. Mais on n'alla pas jnsqn' an b-jni dans cet effort reconnu nécessaire, et notre manière de procéder se ressentit encore des anciennes appréhensions. An lien de constituer, comme nos concurrents, des comptoirs munis d'un large crédit et englobant une série d'opérations et une région tout entière, on préféra n'avoir recours qu'à des intermédiaires. Et quels intermédiaires choisit-on? Des maisons étrangères, de préférence à nos nationaux, contre lesquels subsistaient enc(Nre, et bien à tort, les préjugés dont je viens de parler. Ce fiit là la grosse &ute initiale qui frappa de stérilité nos premières tentatives.

Un système qui semble avoir prévalu, bien qu'il donnât et qu'il donne encore les plus déplorables résultats, c'est d'envoyer à des correspondants étrangers des marchandises en consignation. Il va sans dire que ces denrées ne sont jamais vendues en concurrence avec les produits similaires des commerçants qui les prennent en charge. Et le plus souvent, pendant la période qui s'écoule entre leur entrée au magasin et leur sortie, leur valeur réelle est déjà dépassée par le montant des frais de magasinage, d'assu-

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ont sollicité l'attention de notre commerce national.

Cette préoccupation de remédier au mal, et l'amélioration qui commence à en résulter, gont dues à l'énergie et à la ténacité de nos concitoyens d'outre-mer. Dans toutes nos colonies et notamment, pour ne pas trop m'écarter de mon sujet, en Cochinchine, au Cambodge, au Siam, en Annam, au Tonkin, en Chine et au Japon, la France possède maintenant des commerçants, des industriels dont les obstacles ont décuplé l'esprit d'entreprise et l'ingéniosité. Ils ne le cèdent en rien à leurs concurrents étrangers, et sont dignes du succès qui les attend. Je tiens à leur rendre ici, cet hommage mérité.

On paraît, à l'heiure actuelle, disposé à abandonner les errements du début et à adopter les méthodes qui ont assuré à nos rivaux, et particulièment à l'Angleterre, la suprématie sur tous les maTchés du monde. Nous assistons, en ce moment même, à la formation de syndicats commerciaux dont la création a été tant de fois préconisée par nos consuls; les efforts individuels disséminés, et par conséquent impuissants, se coalisent et constituent ainsi une force imposante, qui saura avoir raison des difficultés qu'une concentration moins grande n'aurait pas permis de vaincre; elle parviendra, si elle est

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anx déserts de la Mongolie, à la Mandchourie et à la Corée. La difficulté des communications, le peu de densité de la population, sont autant de motifs pour que, dans ces contrées, d'ailleurs en grande partie désolées, le mouvement des échanges, effectué par des caravanes, ne soit pas susceptible d'un développement sérieux. De plus, la Russie ne possède, comme on le sait, dans les mers de Chine, que le port de Wladiwostock, avant tout militaire et obstrué par les glaces pendant les long mois de l'hiver. Elle n'a donc à débattre avec la Chine et le Japon que des intérêts politiques, du reste de premier ordre. Il n'est pas douteux qu'elle ne les satisfasse bientôt par l'acquisition d'un port accessible à toutes les époques de l'année. Elle le trouvera sans peine en Corée. Son ambition se bornera évidemment là. Pourquoi, en effet, désirerait-elle conquérir de nouveaux territoires, alors que sa population est absolument insuffisante à couvrir ceux qu'elle détient déjà? Et le moment est encore loin où elle songera à exercer sa domination sur les provinces chinoises limitrophes.

La place occupée par l'Angleterre, au nord du golfe du Bengale, dans les massifs orientaux de l'Himalaya et dans le Langtan, domaine des sources de l'Iraouaddy et du Salouen, est autre-

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cherché, rAngletene est obligée de concentrer ûnmédiatement tons ses moyens snr ce qni lui tient le pins an cœnr, à sayoir la préservation de la zone à travers laqnelle doit passer la ligne ferrée aboutissant à la Chine. C'est là une question fort délicate dont l'examen complet n'entrerait pas dans le cadre de cette étude.

J'ai la conviction qu'on n'oubliera pas combien il importe à notre action politique et commerciale, non seulement dans la presqu'île indo-chinoise, mais encore dans tout l'Extrême- Orient, de ne pas nous laisser amoindrir.

En effet, nos deux grandes voies fluviales de pénétration en Chine, dont, jusqu'à ce jour, au prix de sacrifices qui sont présents à toutes les mémoires, la France s'est assuré la possession, sont, au Tonkin, le fleuve Bouge, et dans la région laotienne, le Mékong.

La nécessité de conserver de bons rapports avec nos voisins de Birmanie est certaine ; mais il faut bien réfléchir avant de mettre à la disposition de l'influence anglaise l'une de ces voies, la plus importante peut-être, si l'on considère que le Mékong traverse tout le royaume du Cambodge et se déverse sur toute la Cochinchine.

Tout gain de l'Angleterre est uae perte pour la France, et il convient de ne pas fournir à nos rivaux des armes pour nous battre.

Et qu'on ne dise pas que le voisinage de la Chine est pour nous un danger permanent. Bien au contraire, il nous constitue une incontestable supériorité. C'est ainsi que l'a compris le gouvernement français en s'avançant par étapes successives de Cochinchine au Cambodge, puis en Annam et de là au Tonkin. Les Chinois sont d'excellents commerçants. Ils ne résistent pas à l'appât du lucre, et ils sauront trouver dans les transactions de tout genre un bénéfice dont la réalisation ne peut que les bien disposer en notre faveur.

Aussitôt que des habitudes commerciales se seront établies entre eux et nous, ils seront de bons alliés, notre entente reposant sur une base difficile à détruire : l'intérêt commun.

Comme il faut tout prévoir, j'admets qu'à certains moments des complications surgissent, que, de nouveau, des bandes de Célestes envahissent le Tonkin. Notre situation en serait-elle compromise? Je ne le pense pas. Les ressources militaires de rindo-Chine sont considérables et ne peuvent qu'augmenter. Notre division navale est en mesure d'exercer une action efficace sur des côtes très vulnérables du cap Paklong à la Corée. 11 suffirait, ainsi que le proposait l'amiral Courbet, d'organiser le blocus du Pe-tchi-li, pour qu'immédiatement la Chine, affamée et aux abois, capitulât.

La fête des cerisiers. — Le parc public d'Ouyeno. — Le parc impérial 163

Une représentation dramatique au nouveau théâtre de Tokio. — Le célèbre acteur Dandjouro. — Le mouvement littéraire 171

Les tremblements de terre au Japon. — La catastrophe du 28 octobre 1891 179

La fête des chrysanthèmes. — I exposition de Dangozaka. — Le bal du ministère des A aires étrangères. — Une réception dans le parc impôrir.l d'Akasaka 185

L'Exposition de Tokio 195

La femme au Japon 208

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