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Le Japon: histoire, religion, civilisation

Le Japon sollicite vivement notre intérêt. C'est, de tout l'extrême Orient, le pays le plus avancé en civilisation et dont l'esprit a le plus de rapport avec le nôtre. Nous y tenions, il y aà peine vingt-cinq ans, la première place, par notre mission militaire, nos légistes, nos savants professeurs. Il ouvrait des carrières avantageuses et des perspectives d'avenir à nos jeunes orientalistes. Les travaux des Bousquet, des Villaret etc., semblaient n'être qu'un prélude à de plus grands efforts et de nouveaux succès.

Malheureusement ce mouvement vers le Japon s'est arrêté par l'efTet de notre indifférence aux choses et aux pays lointains, et nous avons été devancés par l'activité toujours en haleine de nos rivaux et antagonistes. Aujourd'hui les Allemands prennent au Japon les meilleures situations et y font les études les plus sérieuses sur tout ce qui intéresse le commerce, la science et même l'histoire locale. Ils publient des livres, des revues, des cartes, des

documents de toute nature pour renseigner sur le Japon et y attirer, tandis que, en France, nous nous endormons dans l'ignorance et l'oubli.

Il n'est que temps de secouer cette apathie qui nous ferme de précieux débouchés. Nous désirons que ce livre contribue à ce résultat enviable. Nous étions en partie initiés à la connaissance du Japon par nos travaux sur l'Inde et la Chine, dont les civilisations l'ont pénétré. Pour ce qui lui est tout à fait propre, nous avons trouvé l'aide la plus libérale chez MM. de Rosny, Appert, Guimet, de Milloué et surtout M. Millioud, ancien professeur au Japon, qui nous a mis en rapport, à Paris, avec des religieux japonais ses amis. Cette étude était d'ailleurs un complément obligé de nos écrits sur les rehgions et civilisations de l'extrême Orient; car, après l'extinction du Bouddhisme dans l'Inde, c'est par les écoles japonaises que son grand survivant, le Bouddhisme du Nord, a été le mieux représenté et a reçu le développement le plus naturel. Il n'a pas été immobihsé au Japon comme en Chine par l'étau du confucianisme ; ni enchaîné, comme au Thibet, par une organisation autant politique et temporelle que religieuse. Il a son caractère propre résultant d'un acclimatement lent et ancien. Avec Siran il s'est fait japonais dans la secte principale, celle de la Terre pure.

Le Bouddhisme a été observé au Japon avec une vive sympathie et un esprit très libéral par des Fran-

çais aussi préoccupés d'art et de poésie que de religion, MM. Guimet, Félix Regamey, etc.; ils nous ont communiqué leurs impressions, leurs émotions, dans des pages ou conférences éloquentes et par des œuvres artistiques. Les origines du Japon nous ont été révélées par de savantes traductions et son histoire par les publications des érudits. Nous n'avons donc manqué d'aucun des éléments nécessaires pour faire connaître cette contrée aussi bien par ses côtés aimables et attrayants que par ses traits sévères. Nous serons heureux si la réunion de ces éléments divers et leur originalité tiennent éveillée jusqu'à la fin l'attention du lecteur. Félix qui miscuil utile dulci.

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