Musique
Au sujet de la musique japonaise, M. Guimet, s'exprime ainsi : « Elle est fort désagréable pour nos oreilles européennes. Les intervalles sont toujours trop courts. Les chanteurs chantent faux, les musiciens jouent faux ; mais néanmoins leur unisson est juste. Ils chantent et jouent faux, d'une quantité égale, de sorte qu'ils chantent faux, avec une justesse admirable. Il y a là une sorte d'affectation voulue, de dépravation savante ; peutêtre les quarts de tons qui enthousiasmaient les Grecs. » Certains Européens goûtent fort quelques morceaux de cette musique.
M. Guimet a remarqué que les gens du peuple chantent juste. Il y a à Kyoto un conservatoire de musique et de déclamation : Les élèves qui y entrent chantent juste ; au bout de deux années d'études acharnées, ils arrivent à chanter faux et quittent l'école à l'apogée du talent. »
On voit qu'une réforme n'est pas impossible ; il suffit que les Japonais se conforment pour la musique au goût européen, comme ils s'y sont conformés pour tant d'autres choses.
§ 3. Danse
Au Japon, comme dans tout l'Orient la danse est un métier ou profession pour certaines femmes. Il n'y en a point au théâtre. Les danseuses se
voient dans les restaurants et dans certaines maisons spéciales.
Les danses sont plutôt des scènes rythmées que des figures chorégraphiques ; il y en a de gaies et de tristes.
Comme scènes dramatiques on cite : celle de la fille que la danseuse exécute, les cheveux épars, en tenant une branche de bambou vert à laquelle pend un éventail ; celle des amants représentés par deux éventails qu'elle rapproche, jette et reprend ; et dans ces scènes les poses de la ballerine rappellent les allures contournées des vieux dessins japonais.
Dans la pantomime les traits du visage restent impassibles ; il n'y a que des gestes et point d'expression de l'âme.
La danseuse raconte par ses mouvements une histoire ancienne qu'elle ne comprend pas et qui est perdue.