I. Métaphysique (ontologie
La secte divise les enseignements de Bouddha en trois périodes ou degrés :
1er degré -.Irréalité du moi, réalité des Dharmas{1).
2e degré : Irréalité du moi, irréalité des Dharmas (2).
3e degré. L'unique connaissance. Irréalité de la nature imagée ; réalité du relatif et de l'absolu.'
C'est le système de la secte Hossô. Elle nie le monde extérieur et admet le monde intérieur. A cause de cela, on l'appelle : « l'École de l'Être du Madhyaniayana (chemin milieu).
Selon elle, il y a pour les êtres cinq natures dont quatre immuables et une incertaine.
lo Les êtres sans caractère aucun ; ils ne possèdent d'eux-mêmes aucun germe des qualités impérissables (qui se transmettent après chaque existence), ils n'ont que des qualités périssables. S'ils montent dans l'échelle des êtres, ils renaissent hommes ou dévas. C'est le summum qu'ils puissent atteindre (3).
2^ Les Crâvakas, qui suivent le premier Véhicule.
3** Les Pratyeka Bouddhas qui suivent le second Véhicule.
(1) Doctrine de la secte Koucha, celle du Bouddhisme primitif. Le moi n'est qu'une combinaison éphémère des agrégats ou shandàs composés d'atomes éternels. Ceux-ci ou l'essence des éléments existent ; mais les agrégats ne sont que provisoires. On entend ici par Dharmas les attributs du sujet, les modes de l'être, matériels ou immatériels. Le deuxième chapitre de l'Abbidharma-Koça en compte soixante-quinze. Dans ce sens du mot dharma, comme attributs, modes, etc., il faut toujours entendre des états abstraction faite de l'ubi.
(2) Doctrine de la secte Jo-jitsu, néa.nt à la fois des êtres vivants, et des éléments atomiques, et des modes de l'être.
(3) Ce sont les 4 classes d'êtres au-dessous de l'homme^ et leg Uommes qui n'ont que des appétits ,
Ces deux catégories d'êtres n'atteignent le Nirvana qu'après au moins trois renaissances et quelquefois après des myriades de transmigrations. Dans ce nirvana qu'on appelle complet (repos absolu), leurs corps sont réduits en cendres et toutes les intelligences (certaines qualités mentales) sont détruites.
4o Les Bodhi-Sattvas : suivent le grand Véhicule pour leur profit et pour celui de la généralité des êtres ; après 3 Kalpas ainsi employés, ils obtiennent le grand éclairemenl (deviennent des Bouddhas).
5o Les êtres d'une nature incertaine (indécise) : ils doivent changer leur cœur (1) et le diriger vers le Grand Véhicule ; aucun ne peut entrer dans le Nirvana des deux autres Véhicules.
Le Bouddha donne aux êtres des doctrines ou Véhicules, qui correspondent aux aptitudes de leur nature, de là 5 véhicules ; les religieux de différents grades appartiennent aux trois premiers.
L'école compte 41 rangs (grades) de Bodhisatvas : les 10 confiances, les 10 demeures, les 10 cultures, les 10- terrains, le quasi éclairement. En y ajoutant rÉclairement merveilleux, on a 42 rangs (9).
On donne le nom d'Unique connaissance à l'ensemble des Dharmas qu'on distingue en Dharmas de
(1) Le petit et le moyen véhicule sont égoïstes, le grand véhicule est altruiste.
(2) Voir pour la définition de ces mots qui sont des degrés d'avancement dans la spiritualité, ainsi que pour celle des obstacles, la secte Tendaï.
matérialité et Dharmas, de raison. Ils sont renfermés dans 100 généralités divisées en cinq classes (1).
Ire, 8 rois de l'intellect, ou connaissances maîtresses de l'empire de l'Esprit.
2e, 51 Dharmas intellectuels,qualités mentales partagées en 6 groupes (2).
3e, 1 1 Dharmas formels : ce qui concerne les formes.
4e, 24 Dharmas en dehors de l'intellect ; ce qui est sans connexion (dépendance) avec l'esprit, l'obtention, la vie, etc., c'est-à-dire les fonctions animales et organiques .
5e, 6 Dharmes de l'immatériel : l'impérissable, comme l'espace, la destruction consciente du mal ; ce qui agrée avec nous et ce qui n'agrée pas ; l'immutabilité (avoir échappé au monde du changement) ; l'essence réellement une (3).
L'école admet que les quatre dernières classes ne sont qu'un développement de la première. Tout est contenu implicitement dans les huit connaissances, les huit rois de l'intellect ou l'esprit chef.
De ces huit connaissances les cinq premières sont celles données par chacun de nos cinq sens; elles ont pour objet la matière et la forme, monde imaginaire; la 6e est la connaissance par le Manas (sens
(1) Cette répartition des cent Dharmas est empruntée au Chemin milieu du Vadja Matra Siddi Castra ; voilà pourquoi on appelle aussi la secte Hosso « Chemin milieu. »
(2) Voir à l'appendice du chapitre.
(3) C'est notre catégorie des notions simples ou sans aucune composition : l'espace, l'infini, l'absolu, etc., que quelques-uns considèrent comme des intuitions du sens intime ou des idées innées et qui ne sont pour d'autres que des termes négatifs, de pures négation g.
intérieur, conscience psychologique) ; la 7e est la connaissance du Manas faussé ou défectueux (1) Tensemble des deux est le monde intérieur qui embrasse toutes choses. Le 8^ Roi de l'intellect est la connaissance principale ou maîtresse qui recèle les causes de tous les effets, la semence de tout ce qui deviendra. C'est le réceptacle universel qui contient les semences de toutes choses, qui subit les effets de toutes choses et qui saisit dans lui-même tous les êtres. De lui tout émane, à lui tout converge (2).
Les Dharmas intellectuels (qualités intellectuelles, monde des idées) sont inséparables des huit connaissances, soit de l'Intellect.
Les Dharmas formels (monde des formes) apparaissent dans les cinq premières connaissances par l'efiet de l'intellect et ^des qualités intellectuelles puisqu'on ne conçoit pas la forme sans l'esprit qui en a l'idée.
Les Dharmas de la 4^ classe (choses en dehors de l'intellect) sont des combinaisons momentanées de l'intellect, des qualités mentales et des formes (3) ; elles n'ont rien de réel.
(1) Lorsque nous sommes sous Pempire des qualités fâcheuses, l'ignorance, Timagination, la cupidité, la haine, les propensions héréditaires, etc.
(2) Si Ton se place à un point de vue naturaliste, c'est la rakriti de la Sankya; à un point de vue spiritualiste, c'est le Brahma pénétrant tous les individus ; à un point de vue éclectif, c'est la réunion des deux; ou mieux, le moi absolu de Fichte.
(3) C'est l'imagination combinant des notions élémentaires qui n'ont entre elles aucun lien réel ou obligé ; ainsi on se représente une montagne rf'or, une source de nectar^ un ruisseau de lait. — Quand la combinaison des notions est juste ou même seulement possible, comme un cheval de bots, une ceinture d'argent, etc., on a une association d'idées qui correspond à la réalité ou à une possibilité.
Quant à la 5e classe (abstractions), la secte, avec toutes les écoles indiennes, les considère comme formant la véritable nature, l'essence de Fintellect et la cause des phénomènes (1) ; elle pense que les idées produisent les phénomènes au lieu dep revenir d'eux.
Par conséquent, toute réalité se trouve dans llntellect^ dans le Réceptacle, FAlaya Vidjnâna. Les trois mondes (2) consistent dans la pensée seule. Il n'y a rien en dehors de la pensée, il n'y a de réels que les phénomènes qui se manifestent à l'intérieur dans le réceptacle.
On distingue quatre conditions différentes dans l'action ou fonctionnement de l'esprit, ou la méditation.
lo Variété des manifestations ou objets de la compréhension, c'est-à-dire qui n'existent que par l'esprit (relatif simple) .
2o Considération de la nature véritable et cachée de tout ce qui fait partie de l'état précédent (relatif médité).
(1) C'est la vieille querelle des réalistes et des nominaux, la question de la réalité substantielle des genres et espèces (Platon) ou bien de l'existence seule des individus (Aristote).
Ces théories de la secte Hosso constituent un fonds d'observations psychologiques très souvent justes comme analyse, mais avec beaucoup de confusions résultant de l'absence de méthode scientifique. Les maîtres Bouddhistes gagneraient à étudier nos théories des facultés de l'esprit, et nos maîtres inversement.
(2) Du désir (Kama), de la forme (Rupa) et de la non forme (Arupa); d'après Fichte, c'est une illusion de croire le monde sensible existant en dehors du sujet qui le perçoit et qui le pense ; il n'existe que comme' limite que se donne le sujet et de par Tactivité de ce sujet. ~ Dans le système Hosso le sujet c'est rAlaia.
3® Connaissance spontanée (Intuition).
4o Intuition consciente : (état précédent avec la conscience de cet état.
Dans le premier état tout est objectif ; il n'y a pas de sujet combinant.
Dans les trois autres il y a toujours le sujet combinant.
Les]^huit connaissances ou rois de Fintellect (Pesprit chef) ont, toutes, ces quatre conditions ; quoiqu'elles n'aient chacune qu'une seule essence.
L'école distingue trois natures qu'elle ne sépare pas de l'unique connaissance (en d'autres termes trois conceptions différentes de la nature) :
lo La nature imagée ou imaginaire que nous attribuons aux choses par un commun préjugé; ce sont les apparences qui se présentent à nous. Elle suppose :1e sujet impressionné, la sensation ou perception d'un objet et les conceptions ou appréciations sur la nature des choses. Ces dernières seules sont irréelles et erronées (C'est la conception de la nature d'après les sens) ;
2« La nature dépendante de nous ; tout ce qui est produit par les combinaisons des causes n'existe que par l'accord dans l'esprit des quatre combinaisons de causes. C'est la conception intellectuelle de la nature d'après le principe de causalité, l'enchaînement, causes et effets — conception de relation de par notre esprit ;
3o La nature complète et parfaite ; c'est la nature rationnelle, (la raison) qui comporte plénitude, perfection et vérité . C'est la conception bouddhiste de
la nature au point de vue de Téclairement. De ces trois natures, la première est fausse ; la seconde, la nature entreconditionnée n'a qu'une existence provisoire ; la nature complète et parfaite a seule une existence absolue.
Mais les manifestations entreconditionnées des choses (les lois de relations que notre esprit établit entre les choses ou phénomènes), si elles se distinguent de la nature rationnelle en tant que manifestations, ne s'en séparent point en tant qu'essence, car les manifestations sont inséparables de l'essence et celle-ci d'elles.
C'est pourquoi on dit de l'École, qu'elle admet comme réels le relatif et l'absolu, et qu'elle prescrit de méditer sur la nature passagère de toutes les qualités (l'irréalité des apparences).
Suivant un procédé cher aux écoles bouddhistes, on part des trois natures qui viennent d'être définies pour établir par antithèse trois natures absentes.
On lit dans le Castra de l'unique connaissance :
« Les trois natures ne se séparent pas de l'unique connaissance ; les pratiques religieuses de tous les Êtres sur la voie de l'éclairement se tournent toutes vers l'unique connaissance. En d'autres termes l'unique connaissance embrasse le monde des idées et celui des phénomènes.
§ 3. Appendice au titre I %^ du chapitre III
Il convient de rapprocher de la théorie des Darmas, celles de Kant et de Hegel sur les catégories :
Kant. L'espace et le temps ne sont pas des objets de la
perception ; nous voyons toutes choses dans Tespace, nous percevons toute chose dans le temps, mais nous ne voyons pas l'espace et nous ne percevons pas le temps. Toute perception suppose les idées de Fespace et du temps, et si nous n'avions ces idées à priori, si la raison ne les créait pas antérieurement à toutes ses intuitions, si elles n'y préexistaient pas comme des formes primitives et inaliénables, la perception sensible n'aurait jamais lieu. L'espace et le temps sont des intuitions primitives de la raison antérieures à toute expérience .
Les catégories sont des fonctions de l'intelligence, des moyens de connaître et non des objets de la connaissance. L'intelligence ne trouve pas les catégories dans le monde phénoménal; elle les lui impose.
Les catégories ne sont pas seulement des cases juxtaposées dans notre intelligence ; elles se tiennent entre elles ; elles ne sont que les modifications successives d'une même catégorie fondamentale « l'idée d'Être. » Il faut les considérer dans leur liaison, les observer dans leur mutuelle génération. Par cette déduction Kant a reconnu 12 catégories qui se groupent par trois en quatre catégories cardinales :
1° Au point de vue de la quantité ; tout phénomène, c'est-à-dire ce qui nous est donné par la faculté intuitive comme étant dans l'espace et dans le temps, est une quantité, c'est-à-dire une étendue et une durée déterminée, — ce principe exclut l'hypothèse des atomes ;
2*» Au point de vue de la qualité; tout phénomène a un certain contenu, un degré déterminé d'intensité, ce principe exclut l'hypothèse du vide ;
3® Au point de vue de la relation ; tous les phénomènes sont reliés entre eux par le lien de causalité. Ce qui exclut l'hypothèse du hasard ;
4° Au point de vue de la modalité ; est possible tout phénomène qui concorde avec les lois de l'espace et du temps et nécessaire tout phénomène dont l'absence impliquerait la suspension de ces lois, ce qui exclut le miracle.
Les deux premières catégories cardinales constituent la loi de continuité; les deux dernières la loi de causalité.
Hegel s'exprime ainsi :
c< La table des Catégories de Kant n*est qu'une énumération tout empirique et d'ailleurs incomplète des concepts purs. Il faut lui substituer un vrai tableau généalogique. Les Catégories ne sont pas seulement des façons de penser les choses ; elles sontles manières d'être des choses elles-mêmes. Elles ne sont pas des cadres vides qui reçoivent leur contenu d'ailleurs : elles sont des formes substantielles^ comme disait le moyen âge, des cadres qui se donnent eux-mêmes leur contenu, des actes créateurs de la raison divine et humaine. Elles sont donc à la fois les formes où se moule la pensée et les étapes successives de l'éternelle création. Il importe donc essentiellement au progrès de la métaphysique d'approfondir l'étude des catégories, de leur nature et surtout de leur enchaînement ».
Les Dharmas qu'énumèrent les Écoles Bouddhistes et dont l'École Hosso étudie la nature sont loin de coïncider en nombre, en définition, avec les catégories telles que les entendent Kant et Hegel ; cependant la comparaison des deux métaphysiques, allemande et bouddhiste, dans cette question, peut servir à élucider cette dernière.
§ 3. Méditation
L'école distingue cinq sortes de méditation d'après les objets sur lesquels peut porter la méditation.
lo Celle qui rejette l'irréel (la nature imaginaire) et garde le réel (le relatif et l'absolu).
2o Celle qui rejette ce qui est confus ou souillé et garde ce qui est pur ou juste. Il ne faut point s'y attacher, parce que la connexion avec le triple monde de la nature dépendante de nous pourrait
porter le trouble dans ce qui, en nous, est^extérieur au triple monde ;
3o Celle qui rassemble les branches, soit les différents systèmes sur les qualités, et aboutit au tronc de Tunique connaissance ; c'est-à-dire qu'elle réunit la division des conceptions rudimentaires et celle des conceptions complexes et rassemble tout dans la division de l'intellect qui est sa propre essence.
¥ Celle qui cache Vinférieur (les dharmas intellectuels ou qualités mentales) et met en lumière V excellent^ c'est-à-dire exalte l'intellect (en tant que sagesse).
5o Celle qui rejette les apparences extérieures et s'attache uniquement aux natures ou essences. Elle écarte l'entre-conditionné (le relatif) et connaît la nature rationnelle de l'unique connaissance, c'est-àdire l'idée abstraite,
Les quatre premières espèces de méditations portant sur l'unique connaissance comme manifestations, la cinquième sur l'unique connaissance comme essence (la substance du Bouddha, l'esprit pur lui-même).
La nature de l'objet de la méditation c'est la sagesse (prajna), parce que c'est la justesse (intuition reUgieuse sans doute) qui se manifeste (soudainement) dans la méditation et par l'effet de celle-ci; c'est une sorte d'illumination soudaine dont le d^é suprême serait l'éclairement ou le Nirvana.
Selon la doctrine de la méditation, en écartant (1)
(1) Le mot écarter doit être pris ici et plus loin comme signifiant : laisser derrière soi en dépassant.
les huit connaissances, on parfait les quatre intelligences (quatre faces ou degrés de Fintelligence) ou sagesses (degrés d'avancement des bodhisattvas dans la sagesse qui sont :
c< Celle qui réussit dans toutes ses actions » ; « La merveilleuse contemplation y> ; « l'intelligence de l'égalité des natures » ; « celle du grand miroir complet. »
Quand on est sur le terrain de la première, on écarte la 6©, la 7© et la deuxième connaissance, et on obtient les deux intelligences de la contemplation et de l'égalité des natures; quand on atteint à la bodhification, on écarte la 5e et la 8e connaissance, et on obtient l'intelligence du grand miroir complet ; alors les quatre intelligences sont dans leur plénitude.
On a ce que l'on appelle les cinq doctrines, en ajoutant aux quatre intelligences ou savoirs, le monde pur de la doctrine formé par les quatre Nirvanas :
1^ Le Nirvanas pur ou absolu qui est la nature de tout être. (1)
2o Le Nirvana défectif (avec reste), celui des Çrâvakas et Pratiékas Bouddhas (2) (état d'Arhat).
(1) Toute chose a en soi la nature du Bouddha qui est le Nirvana ; c'est le Nirvana ou plutôt la Bhuta Tathagata (la matrice de Bouddha) à l'état de germe ou virtualité ; c'est le nirvana simple du Vidyàmàtra-Siddhi-çastra.
(2) Ce serait le nirvana déflni par Nagaséna « la cessation du devenir; » ce n'est pas le néant, c'est le nirvana conditionné, l'état d'une créature terrestre qui comprend la vérité par l'extinction des passions, mais est encore enchaînée par son corps.
3o Le Nirvana indéfectif (sans reste, absolu), celui des Bodhisattvas (1).
40 Le Nirvana sans aucune détermination accordé aux seuls bouddhas (2).
Dans un sens métaphorique, les êtres du monde pur de la doctrine ont un corps selon leur nature spontanée (3) :
La manifestation spontanée des quatre intelligences est le corps correspondant à la pensée propre du bouddha;
Le corps qui fait apparaître TintelUgence de l'égalité des natures, c'est le corps correspondant à la pensée d'autrui ou fait à l'usage d'autrui ; celui qui lait apparaître l'intelligence qui réussit dans toutes ses actions est le corps transformé et adapté afin d'opérer le salut des êtres (4).
Les pratiques religieuses des êtres des cinq rangs se parachèvent par un progrès continu. La lumière des cinq véhicules qui sauvent les êtres brille à nos yeux. En se livrant constamment à la méditation, on obtient les quatre savoirs. La doctrine du triple corps de Téclairement est mise dans tout son jour. Quand
(1) Ce Nirvana et le suivant sont définis pour chaque secte dans les livres bouddhiques. D'après le castra précité l'un est le nirvana non conditionné : Texistence est entièrement détruite, la vérité seule reste.
(2) État de possession de la vérité où le Nirvana et le Samçara (monde des apparences) sont indistincts et identiques.
(3) Il faut entendre ici le mot corps dans un sens, analogue à celui que saint Paul lui attribue pour les Bienheureux (corps spirituel, radieux, glorieux).
(4) Il correspond sans doute à la fois au corps adapté supérieur et au corps adapté inférieur de la secte Hosso.
on a compris que rien n'est, hors la seule pensée, on lessent une compassion infinie qui fait transporter tous les êtres au port du Nirvana.
Obtenir l'éclairement pour soi-même et sauyer les autres, telle est la caractéristique de la secte Hosso.