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Rôle de la secte Shingon

En conciliant le culte national avec le culte bouddhique et le patriotisme avec la religion nouvelle, le Singon rallia à celle-ci l'aristocratie militaire, la cour et la capitale. Ces concessions furent un chefd'œuvre de dextérité théologique qui assura le

triomphe du bouddhisme sur le shintoïsme et le confucianisme et sa prédominance au Japon.

Le shingon s'est propagé jusque dans les classes les moins instruites, en se mettant à la portée de celles-ci.

Les mantras ou formules mystiques, prières ou dogmes qu'on lit ou récite sans les comprendre, sont écrits ou imprimés sur des bandes de papiers de 7 à 15 centimètres de longueur et de 4à 6 centimètres de largeur et sont pour les adeptes ignorants de véritable amulettes. Cela forme le côté populaire de la secte et est tout à fait analogue à ce qui se passe au Thibet.

De même que les Lamas, les prêtres du singon prétendent que ces formules n'ont de valeur que si elles sont fournies et expliquées par eux-mêmes; et ils se mettent pour cela à la disposition de chacun.

 cause de son ancienneté sans doute, le shingon a beaucoup de cérémonies et d'objets qui font partie du culte. On y retrouve même les traces du sacrifice védique.

Son panthéon comprend :

L'héritage mythologique du bouddhisme indien, c'est-à-dire les divinités hindoues, qui figurent dans les premiers écrits bouddhiques ; des divinités sivaïstes; on sait les rapprochements fréquents du sivaïsme et du bouddhisme.

Les 8 régents ou gardiens des points cardinaux et les esprits des éléments, ceux-ci empruntés soit à la Chine, soit à l'âge divin du Japon, et les Dyani bouddhas et Dyani bodhisattvas ; parmi les derniers Maitréya bouddha;

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Enfin les dieux les plus populaires du Japon dont quelques-uns ont été transformés en personnages bouddhiques; par exemple Âmaterassu en Kwanon soit Avalokétèssouara.

On peut se faire de ce panthéon une idée presque suEUsantâ au musée Guimet, où il occupe une très grande place. On y remarque la copie réduite du Mandata (ensemhle de divinités ou personnages) du temple de Toodji à Kioto exécutée fidèlement pour M. Emile Guimet par. le sculpteur japonais Yamamoto. L'original étahli par Kooboô Daïshi est une réduction du Mandala Singon des Chinois qui contient soixante et un personnages au lieu de vingttrois qui figurent seulement au Mandala japonais.

En voici le plan emprunté au guide du Musée Guimet par M. de Milloué.

MANDALA DU TBMPLB DE TOODJI A KIOTO

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chana, le Bouddha suprême et éternel — autour de lui:

io ses émanations du 1er degré; Achikoula Foi, Ho-Shio perfection de conduite, Âmida enseignement et direction, Fokou ou Joo djou Cakyamouni amour du prochain et charité.

2» Aux angles, entre les 4 dernières, ses émanations du 2« degré : Kongo-Satta, Kongo-go, Kongo-bo et Kon-gô Hiou.

Groupe de droite, représente les transformations du groupe central en Bodhisattvas qui amènent les hommes au bien par la persuasion : HANGNIA le Dharma; Mairokou Maitréya,le Bouddha futur; Kouanon,la pitié; Moudjou, la science; Fourguen, la piété.

Le groupe de gauche se compose de transformations des Bodhisattvas précédents en démons chargés de réduire par la frayeur des châtiments de la vie future et par de mauvais traitements en cette vie, les êtres rebelles, aux enseignements des Bodhisattvas. Us émanent respectivement, savoir : Dou-dô Miô ode Daï-Niti ; Gos-an-zé, de Fo-Kou ou Djoô-djou ; Daî- Itokou monté sur un taureau vert, d'Amîta ; Kongo- Yosa d'Ashikou et Goundari de Hosio. On voit qu'ils sont les adjuvants et non les ennemis des Bodhisattvas.

Aux angles de l'autel sont les quatre gardiens des points cardinaux, les Maharadjas : BISHAMON (E.) figure bleue ; Koô Makou, Sud ; Dji Kokou Ouest, figure verte; ZooTchoô (Nord) figure couleur de chair. Ce détail nous fait voir que Taxe longitudinal du Mandala est orienté SO-NE.

Esotérùme.

La secte Shingon, des Maiitras ou vraies paroles ésotériquesr représente, avec la secte Nithiren, Fésotérisme au Japon ; ces deux sectes ont des pratiques et un mysticisme dérivés du Yoga.

Comme nous ne pouvons passer sous silence ce qui a été dans ces dernières années publié sur le bouddhisme ésotérique, c'est ici le lieu d'eu parler.

Nous nous arrêterons sur le livre qui nous paraît pouvoir, par ses correspondances et ses contrastes, jeter le plus de lumière sur les théories des écoles japonaises exposées ici. Ce n'est point celui que son titre semble nous désigner :1e bouddhisme ésotérique de M. Sinett ; nous en xîiterons seulement un court extrait, parce que cet auteur a, selon nous, exposé, non l'ésotérisme bouddhique réellement historique, mais un ésotérisme à l'usage de sa conception du bouddhisme ou de l'ésotérisme de l'avenir, conception qui est un alliage du bouddhisme, du gnosticisme et de la kabale avec les pratiques ou sciences occultes de l'hypnotisme et du spiritisme. Nous ne contestons ni l'intérêt ni la portée de cette théosophie, mais elle sort de notre cadre.

Nous atteindrons mieux notre but en citant presque textuellement quelques pages très substantielles de la Science occulte de Papus, 205 à 220, Constitution du microcosme. L'auteur ne la présente point, il est vrai, comme un document bouddhique ; c'est une théorie qu'il a, ou créée ou digérée; mais ses explications

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scientifiques éclaircissent et fixent le sens qu'il &ut attribuer à la terminologie bouddhique sur Thomme et en comblent les lacunes. Nous faisons d'ailleurs nos réserves sur certains points.

Au préalable, nous rappellerons combien la conception ternaire est familière et chère aux Indiens, Ils ont la Triade divine, la Triade humaine (du Sankya), la triple douleur du monde, le credo bouddhique aux trois joyaui, les trois corps du Bouddha. Us affectionnent aussi le nombre 7 et ses combinaisons et ils y ramènent autant qu'ils peuvent leurs divisions, au risque d'en gâter Tordre naturel par cette sujétion. C'est aussi un nombre sacré pour les Occultistes de toute époque.

Constitution du Microcosme

L'homme peut être considéré comme composé essentiellement de trois principes : le corps, la vie, la volonté; ou le corps, l'esprit et l'âme, suivant les écoles.

Les trois principes de l'homme obéissent à la même loi et peuvent être décomposés en plusieurs principes. La division de l'homme en sept principes éclaire d'un jour tout nouveau certaines questions d'anthropologie, de psychologie et de religion. Le Corps, la vie et l'esprit, anatomiquement générés par le Ventre, la Poitrine et la Tête, représentent en somme un même principe, diversement évolué.

Toutes les fonctions destinées à l'entretien du corps physique et à la production des forces nerveuses

obéissent à une loi unique et fondamentale, la loi de circulation.

Corps physique

Le résultat du travail du Ventre, c*est la matière du CorpSé

io Rupa»

Cette matière ne sert qu'à une chose: à supporter la force amenée de l'extérieur directement, par le travail de la poitrine. Le résultat de ce travail de la poitrine (circulation du sang), c'est la production de deux nouvelles forces.

â"* La Vitalité, combinaison de la vie avec le corps matériel.

3o Le corps astral, la portion la plus élevée de la production corporelle, la force nerveuse courant dans l'organisme, susceptible de se condenser, mais aussi de se dilater tellement qu'elle peut sortir hors de l'être humain; spiritualisation de la vie, servant de support à l'âme.

De la Constitution du corps physique

1 . Partie matérielle du corps se renouvelant par les fonctions diverses exercées par le Ventre, charriée par le liquor du sang ; c'est le corps matériel, la matière du corps physique; le 1er principe Rupa.

2. Partie médiatrice du corps (1). — Combinaison du corps. — Combinaison du corps matériel avec le principe immédiatement supérieur. — Vie propre des cellules organiques.

C'est la Vitalité; la vie du corps physique, le 2e principe Jiva.

3. Partie animatrice du corps. — Spiritualisation du sang sous l'influence du système nerveux de la vie végétative. — Élément localisé dans les ganglions du grand sympathique et qui peut sortir hors du corps physique. — Élément se renouvelant matériellement grâce aux fonctions exercées dans la poitrine.

C'est le corps astral^ chaîne du corps physique, le 3e principe Linga Sharira.

Le Corps astral

Le coips astral, produit ultime de la poitrine, sert de support à quelque chose qui vient directement de l'extérieur, mais dans un plan différent du plan matériel ; cette chose est ce qui fait que nous éprouvons l'amour ou la haine et que nous sommes passionnés. Cet élément nouveau localisé, non plus dans le ganglion, mais dans les plexus (réunion de ganglions) voisins du cœur, c'est le 4e principe, rame animale, Kama Rupa^ c'est là que siège l'instinct.

(1) Nous n'admettons ni ne repoussons cette opinion de Tauleur ; le lecteur pourra suspendre son jugement à Tégard de ce que celui-ci appelle les parties médiatrices.

Ce principe est plus développé chez les animaux que chez l'homme, plus chez l'homme non cultivé que chez l'homme instruit,

L'anatomie comparée vient encore nous démontrer la réalité de ceci par le nombre des ganglions abdominaux et thoraciques qui forment les véritables cerveaux des animaux inférieurs, surtout des insectes.

Le corps astral est donc l'intermédiaire entre deux mondes différents ; c'est bien l'élément le plus élevé du corps physique, l'âme du corps physique : mais en même temps, c'est l'élément le plus inférieur de la vie proprement dite; c'est le corps de la vie, la matière du corps vital. Ce 3e principe est commun aux deux mondes, celui de la matière et celui de la vie.

L'âme animale constitue l'élément central de l'être, l'origine de son égoïsme et de ses passions.

L'étude de l'évolution du système nerveux à travers l'espèce animale, nous montre un fait bien curieux. Le système nerveux est d'abord représenté par un simple filet dans les êtres inférieurs (Ex. : le Taenia). A ce moment, des sept principes, les trois premiers, déjà définis, sont seuls développés, et ils appartiennent au monde physique, y compris les rudiments du corps 'astral; les autres sont en germe.

Si l'on monte dans la série animale, on voit ce filet nerveux présenter, le long de son parcours, quelques ganglions. Le corps astral est alors plus développé, les ganglions peuvent être considérés théori

quement comme produits par le repliement du filet nerveux sur lui-même.

Chez les insectes, les ganglions réunis forment deux couronnes, une thoracique, l'autre abdominale. Il y a donc réunion de ganglions, c. a. d. plexus et par suite développement du 4^ principe, rorigine de l'instinct: l'âme animale (Kamarupa).

Ces êtres appartiennent donc presque exclusivement au monde austral.

Cependant on voit une petite masse ganglionaire qui pointe à la partie supérieure de l'animal ; dans la tête. Ceci indique que le 5e principe est là en germe.

Ce 5e principe est celui qui se développe en même temps que le cerveau, le principe caractéristique de l'être humain, celui de Tintellectualité dans tous ses ordres ; Vâme humaine, Manas. (C'est presque exactement le point de vue des écoles indiennes.)

Le fluide nerveux constituant le corps astral, après s'être condensé sur lui-même dans les plexus pour recevoir le principe de l'instinct, se spiritualise dans le cerveau pour recevoir le principe de l'intelligence.

Ce qui concerne le corps astral se résume ainsi :

Constitution du Corps astral

3. Partie matérielle du corps astral localisée dans les ganglions du grand sympathique. — Support des principes suivants. — Élément commun au monde précédent (physique) et à celui-ci (astral).

Le corps astral — la matière du corps astral — Le 3e principe : Linga Sharira.

4. Partie médiatrice du corps astral. — Combinaison du corps astral avec le principe immédiatement supérieur. — Vie propre du corps astral. — Élément localisé dans les plexus du grand sympathique. — Origine de Finstinct et des passions.

L'âme animale. — La vie du corps astral. — 4© principe : Kama Rupa.

5. Partie animatrice du corps astral. — Spiritualisation du système nerveux conscient. — Élément localisé dans les ganglions du cerveau (circonvolutions cérébrales). — Siège de Tintelligence et de la mémoire. — Élément se renouvelant matériellement grâce aux fonctions de la tête.

Lame humaine. — L'âme du corps astral. — 5e principe : Manas.

Corps psychique

Le 5e principe, l'âme humaine, est commun au corps astral et au corps psychique; supérieur pour celui-là, inférieur pour celui-ci. C'est toujours l'idée de l'absorption des séries inférieures par les séries supérieures ; le père, roi chez lui, est sujet du gouvernement.

Les circonvolutions moyennes du cerveau servent bien de moyen de manifestation à l'intellectualité, mais les circonvolutions supérieures servent de

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moyen de manifestation à une faculté bien plus élevée, celle qui causera l'élévation de la vie psychique de Têtre: La moralité ou Fâme spirituelle, Buddhi (4), le 6e principe, la vie réelle de l'être psychique.

Ce 6e principe, est-il utile de le dire ? est à peine développé dans les races humaines actuelles ; il en est de même du suivant :

Au-dessus de tous ces principes et les dominant tous se trouve le germe de divinité que chaque homme peut développer et qui le conduirait au Nirvana de suite:

Uâme divine (2). — Atma le 7e principe. — L'esprit.

Mais cet esprit n'entre jamais complètement dans l'être. Il reste au-dessus de lui et constitue son higher self, son idéal, son dieu, ainsi que l'a vu M. Sinnett.

Si nous voulons donc figurer la place occupée par nos trois principes capitaux,-nous placerons : le principe 1, le Corps dans le Ventre ; le principe 4, la Vie, dans la Poitrine; et le principe 7, l'Esprit (tel que l'envisagent les Spiritistes), au dessus de la tête.

(1) Pour les Indiens, la Buddhi est: la connaissance, Téclairement, non la moralité. Celle-ci est représentée par le Karma. On ne peut dire que ce principe n'est qu'à l'état rudimentaire ; la compassion bouddhique, la charité chrétienne, l'humanisme moderne, l'ont développé largement.

(2) Cette conception correspond à Tâme universelle des Brahmes et aussi, si Ton veut, aux devas indiens qui occupent les paradis brahmaniques et bouddhiques ; ici elle paraît présentée comme la base du Spiritisme,

Constitution du corps psychique fV Esprit)

5. Partie inférieure du corps psychique. — Élément localisé dans le cerveau. — Siège de Tintellectualité. — Intermédiaire entre le monde précédent (astral) et celui-ci (psychique). — Support des principes supérieurs..

L'âme humaine. — La matière du corps psychique. — 5e principe : Manas.

6. Partie médiatrice. — Combinaison de Tâme humaine avec le 7e principe. — Influence partielle de ce 7® principe sur le 5e élément localisé dans quelques cellules nerveuses supérieures. — En germe seulement dans les races actuelles. — Siège de l'inspiration, de la double vue consciente (prophétie) et de la moralité.

Ame angélique ou âme spirituelle. Vie du corps psychique. 6e principe : Buddhi.

7. Partie animatrice du corps psychique. — Spiritualisation des forces humaines sous l'influence du Verbe divin. — Élément non localisé en Thomme. — Principe du Nirvana et de l'immortalité définitive.

VAme divine (l'Esprit). — L'âme du corps psychique.

7e principe: Atma.

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