Exercice normal, avant la guerre
4. Non compris les sommes pour dépenses de guerre prélevées sur l'indemnité chinoise.
La cause de ce lait, sans précédent dans riiistoire budgétaire des nations, est le mouvement grandiose d'expansion militaire ^ maritime et industrielle que le gouvernement japonais a imprimé au pays après la guerre de Chine. La preuve nous en est fournie par le détail des derniers budgets et par les documents officiels contenus dans le dernier « Résiinic statistique (le r Empire du Japon » que j'ai complété ii l'aide (le renseignements puisés à des sources sûres, — cette publication étant en retard de quatre ans.
Dans la session de 1893 (Cabinet Okuma) la Diète vota le programme d'extension des chemins de fer de l'Etat. Ce programme, qui doit être réalisé en douze années (en 1905), comporte l'exécution d'un réseau de 1242 milles (2000 kilomètres) et une dépense de 106 millions de yens.
C'est dans la session de 1896 (Cabinet Ito) que furent arrêtées les mesures destinées à faire du Japon une puissance militaire et maritime de ])remier ordre. Les dépenses prévues à cet effet s'élèvent à 325 millions de yens.
Enfin, dans celle de 1897 (Ministère Matsukata) on a décidé l'exécution de travaux destinés ;i compléter l'outillage industriel et agricole du lapon (téléphones, ports, endiguement des rivières, etc.), et voté pour l'assurer une série de crédits s'élevant à 85 millions.
Mais, fait qui nous paraît étrange à nous autres, peuples vieillis et décadents, jamais le gouverne-
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ment n'a proposé la création préalable de ressources correspondantes à ces énormes dépenses, et le Parlement n'a garde de s'en préoccuper.
Les articles de ces divers programmes doivent, — suivant la- tendance constante des Japonais, d'accomplir dans un très court délai les réformes et les améliorations qui, en Occident, exigeraient beaucoup d'années — être réalisés dans sept ou huit ans. On conçoit qu'il faille, pour y arriver, enfler démesurément les budgets extraordinaires de cette courte période. — On l'a fait, en se disant qu'il serait temps de créer des ressources au moment où il faudrait payer, et sans se préoccuper si le pays serait de force à les alimenter.
Pendant longtemps on a tablé sur le paiement de l'indemnité de guerre par la Chine. Chaque fois qu'une dépense extraordinaire était votée par le Parlement, on se hâtait de Timputer sui le produit de cette poule aux œufs d'or inépuisable. Mais on a dû décompter, le jour où — les chiffres définitifs étant arrêtés — il a fallu reconnaître que les dépenses réelles de la guerre n'étaient même pas entièrement couvertes par l'indemnité de 375 millions de yens, et qu'une fois le dernier paiement effectué par la Chine, le trésor japonais serait en perte de 50 millions (1).
C'est alors qu'on s'est décidé h recourir aux deux seules sources capables d'alimenter ces