‹ Le jardin d'ÉpicureChapitre 6 sur 12 · BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSUET

Origène et Jean Scott tiennent ici des discours tout dégouttants des poisons de l'erreur. Ce qui est dit aux livres saints des tourments de l'enfer doit être entendu au sens précis et littéral. Toujours vivants

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et toujours mourants, immortels pour leurs peines, trop forts pour mourir, trop faibles pour supporter, les damnés gémiront éternellement sur des lits de flammes, outrés de furieuses et irrémédiables douleurs.

SAINT AUGUSTIN

Oui, ces vérités doivent être prises au sens littéral. C'est la vraie chair des damnés qui souffrira dans les siècles des siècles. Les enfants morts sitôt le jour ou dans le ventre de leur mère ne seront point exemptés de ces supplices. Ainsi le veut la justice divine. Si Ton a peine à croire que des corps plongés dans les flammes ne s'y consument jamais, c'est un pur effet de l'ignorance, et parce qu'on ne sait pas qu'il y a des chairs qui se conservent dans le feu. Telles sont celles du faisan. J'en fis Texpérience à Hippone, où mon cuisinier, ayant apprêté un de ces oiseaux, m'en servit une moitié. Au bout de

quinze jours, je redemandai l'autre moitié, qui se trouva encore bonne à manger. Par quoi il apparut que le feu Tavait conservée comme il conservera les corps des damnés.

SUMANGÂLA.

Tout ce que je viens d'entendre est noir des ténèbres de l'occident. La vérité est que les âmes passent dans divers corps avant de parvenir au bienheureux nirvatia qui met fin à tous les maux de Têtre.

Gautama traversa cinq cent cinquante incarnations avant de devenir Bouddha ; il fut roi, esclave, singe, éléphant, corbeau, grenouille, platane, etc.

l'ecclésiaste.

Les hommes meurent comme les bêtes, et leur sort est égal. Comme Thomme meurt, les bêtes meurent aussi. Les uns et les autres respirent de même, et l'homme n'a rien de plus que la bête.

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