LB JARDIN
drie, les névralgies, etc. Les feuilles de cette plante pulvérisées peuvent se donner comme un puissant sternutatoire. A l'extérieur on utilise l'eau de Laurier- Cerise dans les affections de la peau; sous forme de cataplasme, il sert à panser les brûlures, les plaies anciennes et douloureuses, les cancers ulcérés et à calmer la douleur. Dans nos campagnes genevoises on fait, de ses fruits, un délicieux Kirchwasser.
P. Cerasiis L. — C'est le Cerisier, dont les fruits doux ou acides, servent à préparer des boissons rafraîchissantes, des conserves et des sirops. Les queues de cerises sont souvent utilisées dans les campagnes pour favoriser la sécrétion des urines et donner l'appétit.
Le P. Mahaleb L. (Cerisier de Ste-Lucie, Quenot, Cornereux), indigène chez nous, donne un bois aromatique fort réputé et utilisé par les tourneurs qui le nomment souvent merisier. On en fait des tabatières et surtout des pipes très appréciées des fumeurs car son odeur, loin de s'évaporer, se développe par l'usage. Les feuilles sont aromatiques et s'emploient pour l'assaisonnement du gibier auquel elles communiquent un parfum particulier. Les amandes sèches du Mahaleb sont utilisées en parfumerie.
Pr. Padus L. (Putiet ou Cerisier à grappes.) — C'est encore un arbuste indigène, dont les fleurs blanches en longues grappes pendantes, sont un bel ornement dans les jardins où il est cultivé depuis longtemps.
Son écorce a une saveur amère ; elle s'emploie, ici et là, comme succédané du quinquina.
Les Sibériens du Kamtschatka font un grand usage
de ses fruits et les Suédois en font de bonnes confitures.
Fiilmonaria officinalis L. et P. augîistifolia L. (Pulmonaire) étaient considérées, autrefois, comme très efficaces contre les maladies de poitrine, la phtisie, etc. Dans certaines parties de l'Angleterre on mange leurs feuilles en guise de légume. Les habitants de la campagne composent avec la pulmonaire, le chou rouge, quelques oignons blancs, du mou de veau, du sucre candi et de Teau, un bouillon employé avec beaucoup de succès dans les affections de la poitrine accompagnées de difficultés d'expectoration, d'irritation et de douleurs.
Pulsatille, voir Anémone.
Punica Granatim L. (Grenadier.) — D'origine africaine cet arbuste s'est naturalisé doj)uis les temps les plus anciens dans toute la région méditerranéenne. Sa tleur, d'un rouge écarlate très vif, est l'un des beaux ornements de nos jardins. Mais le grenadier est à peine rustique chez nous, surtout ses variétés h fleurs pleines qui sont plus délicates que le type.
Son fruit est revêtu d'une écorce épaisse et coriace que la médecine connaît sous le nom de malicorium (cuir de pomme) et qui contient beaucoup de tannin. Il est jaune-rougeâtre, d'une amertume très marquée; on l'utilise i)our tanner les cuirs et faire de l'encre, et en médecine comme astringent et vermifuge.
La fleur du grenadier, qu'on l'écolte avant son épanouissement, est tonique et astringente.
Le suc provenant de la pulpe rouge qui entoure les
graines et qui rappelle par son goût le fruit de la groseille à grappes, est rafraîchissant et tempérant. On le donne aux fiévreux et on en fait le sirop connu sous le nom de Grenadine qui s'utilise dans les cas de fièvres, les inflammations, surtout celles des voies urinaires.
Enfin ce que la médecine usité le plus chez le grenadier c'est l'écorce de sa racine qui est, dit-on, souveraine contre les vers intestinaux et en particulier le tsenia.
On cultive le Grenadier en plein soleil, dans un sol léger et sain, à l'abri des vents du Nord. Il est plus prudent de le cultiver en caisses afin de pouvoir le rentrer l'hiver dans l'orangerie.
Les Anciens Romains l'ont apporté d'Afrique en Italie, d'où son nom générique. On extrait de l'écorce des tiges et racines du Grenadier son principe actif, appelé Pelletiérine, en l'honneur du savant qui a le plus contribué à l'histoire des alcaloïdes.
Pyrèthre. — Les différents Fyrethrum sont des plantes voisines des Camomilles et des Matricaires et dont toutes les parties sont fortement odorantes et renferment un principe acre et une huile essentielle aromatique. On les emploie en poudre comme sternutatoire et insecticide et sous forme de teinture pour calmer les maux de dents. C'est le Pyi'èthre du Caucase (P. caucasicim L.) et le Pyrèthre de Dalmatie qui fournissent le meilleur insecticide.
Pyrus communis L. — Le Poirier est un arbre fruitier que cultivaient déjà les Anciens et qui n'offre aucune propriété médicale. Le type fournit un bois dur
et excellent et un fruit âpre et acide dont on fait le fameux Poiré, boisson rafraîchissante et diurétique ; par la cuisson prolongée, ce Poiré donne le Raisiné.
Le Pommier (Pyriis Mains L.) nous fournit des fruits rafraîchissants et excellents à prendre à jeun contre la constipation. La pomme Reinette surtout est souveraine dans ce cas; elle donne, en outre, par décoction avec l'eau, une tisane agréable, rafraîchissante et tempérante qui convient aux malades atteints de fièvre et d'embarras d'estomac.
Raifort sauvage, voir Cochlearia.
Raisin d'Ours, voir Arctostai^liylos.
Ranuncidus glacialis L. — La délicieuse i)etite Renoncule rose, or et argent de nos hauts sommets est utilisée par nos montagnards comme sudorifique.
EapJiamis sativus L. (Radis rose.) — A part ses qualités alimentaires le petit Radis, ou ravonnet, est une l)lante antiscorbutique, diurétique et incisive. Le Eal^haueleou des Anciens se préparait avec sa graine broyée dans l'huile.
Le Radis noir (R. niger Mér.) a un pivot gros comme le poing et dont la chair est à la fois dure et i)iquante. C'est un excitant digestif, stimulant, antiscorbutique et diurétique qu'on vante même contre la pierre et plusif^urs affections de la vessie.
Réglisse, voir Olycyrhiza.
Réglisse de montagne, voir Trifolium alpinum.
Reine des prés, voir S2nrdsa.
Rhammis cailiarcticus L. (Nerprun purgatif, Bourgépine, Epine de cerf.) — C'est un arbrisseau de 3 à 5
mètres, très répandu dans les haies et les bois de notre Europe centrale.
Ses baies, de même que son écorce, ont une saveur amère et âcre et sont fortement purgatives. Les vétérinaires en font un sirop qu'ils utilisent pour purger les chiens. Les campagnards l'utilisent comme purgatif en mélangeant 15 ou 30 grains au bouillon de leur soupe, mais il en résulte parfois des désordres intestinaux.
L'écorce et les baies vertes donnent une couleur jaune tandis que l'écorce sèche et les racines teignent en rouge-brun. Le suc épaissi de ces mêmes baies, mélangé à une légère dissolution d'alun, donne le vert de vessie, très apprécié dans la peinture sur émail.
R. frangida L. (Bourgène, Bourdaine, Aulne noir, Rhubarbe des paysans) a des baies longtemps rouges, qui noircissent à la maturité; elles sont purgatives mais sans danger. L'écorce, surtout chez la racine, s'emploie fraîche comme émétique et sèche comme purgative. Son écorce interne est très âcre et s'emploie au traitement de la gale et de certaines affections dartreuses invétérées.
Les fruits et l'écorce du Bourgène sont utilisés dans la teinture comme chez l'espèce précédente.
Rlieum. — Ce genre, qui appartient aux Polygonées, est très important en médecine car il nous fournit la Rhubarbe des officines et plusieurs espèces qui peuvent être et lui sont substituées. La véritable Rhubarbe des pharmaciens est le Rheum pcdmatum L., originaire de l'Asie boréo-orientale et surtout sa variété tanguticum Rgl. qui a été introduite dans nos cultures par le jardin
impérial de botanique de S'-Pétersbourg. La R. officinale Baill. (fig. 89), introduite en 1869 par le jardin de TEcole de médecine de Paris, offre une tige aérienne qui produit une Rhubarbe de bonne qualité. Les racines et les tiges de ces deux espèces fournis-
Fig. 89 — Rlienin ollÎLinale.
sent la meilleure poudre de rhubarbe qui est très employée en médecine humaine et vétérinaire comme tonique et purgative. On l'administre dans les faiblesses d'estomac, les mauvaises digestions et les constipations dues à un état atonique de l'intestin, le manque d'ap-
pétit, les diarrhées et toutes les fois qu'un i)urgatif doux doit être ordonné, surtout chez les enfants.
Les Arabes ont, les premiers, introduit la Rhubarbe en Europe comme médicament.
Les Rheum australe Don, compactum L., crassinervium Fisch., Emodi Wall., rugosum L., undidatum Lam. (ûg. 90), tataricum L., sont parfois cultivées en grand pour la production de la Rhubarbe indigène,
laquelle a beaucouj) moins de valeur que les asiatiques.
Nous cultivons comme l)lantes potagères diverses variétés de Rhubarbe aux pétioles charnus et gorgés de sues.
C'est le R. Rhapontimm L. et le R. undidatum Lam. qui fournissent ces variétés alimentaires si
Fig. 90 — Rheum undulatum. estimécS dcS Auglais,
des Allemands et aussi des Suisses mais qu'on paraît méconnaître en France. Les meilleures sant les variétés Paragon, Pnnce Albert et Qiieen Victoria. Ces pétioles, au printemps, sont les bienvenus de nos ménagères qui nous en font non seulement d'excellentes tartes et pâtés mais encore de délicieuses compotes et confitures, des beignets et plusieurs formes de gâteaux. On en fait également un vin doux très agréable à boire et qui rappelle le Marsala.
Plusieurs sont de belles plantes d'ornement qu'on isole dans les parterres et pelouses où leurs grandes formes architecturales font grand effet. Les plus remarquables à cet égard sont les Rh. Emodi et palmatum.
Il faut aux Rhubarbes un sol profond et nourrissant, j)lutôt la fraîcheur que le sec.
Rhododendron. — C'est notre Rosage ou Rose des Alpes, l'arbuste alpin par excellence, celui que nous autres Suisses nous aimons à considérer comme la fleur nationale. Nous en possédons deux dont l'un, le Eh. ferrugineim L., a les feuilles lisses, d'un vert foncé en dessus, d'un brun de rouille en dessous, tandis que l'autre, le Rh. hirs2(tmn L., a les feuilles velues, d'un vert plus clair, et nullement brunes en dessous. Tandis que la première, dont les fleurs sont d'un carmin vif, recherche la silice et le granit, la seconde croît sur le calcaire et a des fleurs d'un rose tendre.
Leurs feuilles et leurs fleurs, desséchées ù l'ombre, sont utilisées dans nos montagnes en infusion contre» les rhumatismes, les dartres et les maladies de la peau. Elles entrent aussi dans la comi)osition du ihé suisse ou de Ghïris. Les Piémontais préparent avec le Rh. ferrugineux, une huile de marmottes fort usitée contre les rhumatismes.
La culture des Rh. n'est point aisée; il leur faut un bon terreau de feuilles léger, mélangé d'un peu de sable, calcaire pour le Rh. hirsutum, granitique pour le ferrugineux, et le mi-soleil.
RJiKS Cotinvs L. (Sumac, Fustet, Arbre fi perruques.
Coccigl'ue.) — C'est un arbuste curieux qui ci'oît sur les coteaux ensoleillés de l'Europe méridionale; chez nous on le trouve au Tessin, sur les bords des lacs Majeur et Ceresio. L'arbre à perruques est cultivé dans nus parcs et jardins à cause de ses belles panicules tout hérissées de poils blancs et crépus qui ne sont autre chose que les pédicelles floraux stériles. L'écorce peut remplacer le quinquina ; on l'emploie en Hongrie comme fébrifuge.
C'est un fébrifuge dont les feuilles servent à faire des gargarismes astringents contre les ulcérations de la bouche et du pharynx.
En Turquie on se sert de son écorce et de ses feuilles pour tanner les cuirs fins, spécialement ceux qui doivent être teintés de jaune orangé et de rouge. Son bois, joliment bigarré de jaune et de vert, est recherché par les tourneurs et les luthiers; il teint en jaune orange les laines et les marocains. Mêlée à de la cochenille cette couleur devient jaune jonquille et verte avec du bleu de Prusse.
Le R. Toxicodendron iv. et le R. radicans L. originaires de l'Amérique du Nord, et qu'on cultive dans quelques jardins botaniques, sont dangereux et il faut éviter leur contact. Leurs feuilles enflamment, brûlent, ulcèrent la peau; elles déterminent, quand la conjonctive en est atteinte, des maux d'yeux intenses.
La médecine les utilise contre les dartres, les rhumatismes, l'épilepsie et surtout la paralysie.
Nous avons eu, au Jardin alpin d'acclimatation, où cette plante occupe un emplacement caché, à plusieurs reprises des employés qui ont éprouvé ses effets fu-
nestes. M. le D"" Louis Planchon, de Montpellier, a publié à ce sujet d'intéressantes observations, faites au Jardin des plantes de cette ville.
Rïbes. — Ce genre nous donne les groseilliers qui se cultivent pour leurs fruits dans tous les jardins du monde civilisé.
Le R. rubrimi L. (R. officinale Dum., Groseillier à grappes. Raisin de Mars) a de petites baies rouges, disposées en grappes tombantes, succulentes, acides ou douceâtres dont on fait des compotes, gelées et sirops rafraîchissants, souvent administrés aux malades atteints de fièvre. On en fait aussi du petit vin et même de Teau-de-vie.
En Allemagne on en obtient, par la i)ression, une liqueur qui, additionnée de miel et de sucre, constitue une l)onne limonade.
Le R. rubrum croît à l'état sauvage dans certaines de nos régions montagneuses.
Le R. nigntm L. (Gr. noir. Cassis) a des feuilles fortement parfumées et des baies noires d'une saveur aromatiiiue très particulière. Originaire des contrées septentrionales il est cultivé dans nos jardins depuis fort longtemps pour ses fruits et aussi pour ses feuilles dont on fait des infusions apéritives et diurétiques et qui, dans certains pays, associées avec de la cannelle, font une sorte de thé. L'infusion chaude des feuilles est donnée avec avantage dans la diarrhée chronique.
On fait avec l'infusion à froid des feuilles de cassis, à laquelle on ajoute quelques cuillerées d'eau-de-vie par kilogramme d'infusion, la plus convenable des boissons
pour se désaltérer pendant les chaleui-s de l'été et les pénibles travaux des champs.
Le fruit du cassis donne un ratafia parfumé qui est stomachique et stimulant.
Le R. Grossularia L. (Groseillier épineux, Gadellier, Gr. à maquereau) est également très répandu dans les cultures où il est estimé pour ses fruits qui, cueillis à l'état vert, sont âpres et astringents et constituent un excellent plat de dessert, assez analogue à la marmelade de Rhubarbe. — En mûrissant, ces fruits deviennent doux, laxatifs et rafraîchissants. On en fait un vin assez agréable au goût.
Romarin, voir Rosmarinns.
Ronce, voir Ruhns.
Rosa. — Le genre Rosier renferme un certain nombre d'espèces que quelques botanistes multiplient à l'infini, et un très grand nombre (plusieurs milliers) de formes ou variétés horticoles. Les Eglantiers de nos haies et de nos bois, celles de nos montagnes ou des côtes de la mer, sont tout autant d'espèces qui possèdent des caractères particuliers.
De tous temps l'Eglantine a varié et depuis que l'humanité civilisée a commencé à aimer les fleurs elle a été l'une des plus recherchées. Elle a fini par devenir la rose, c'est à dire la fleur par excellence. L'art de la parfumerie s'en est emparé, puis aussi la médecine.
C'est la Rose de Provins qui est la plus usitée en pharmacie. On récolte ses pétales en Juin, alors que sa fleur est encore en bouton. On en sépare le calice, on les eft'euille, on les fait sécher à l'étuve ou dans un gre-
nier chaud et bien aéré. Il convient qu'ils sèchent rapidement. Dès que la dessication est terminée on les crible afin de séparer les étamines et les œufs d'insectes qui pourraient s'y trouver mélangés et on les enferme encore chauds dans des boîtes de bois qu'on a soin de placer au sec.
Ces pétales de roses contiennent une huile essentielle qui est amère et tonique. On en fait une poudre, une tisane par infusion, le miel rosat, le vin et le vinaigre rosat, etc.
Ils sont employés, en outre, dans plusieurs affections comme styptiques, amers, toniques et léger astringent; on en fait des gargarismes, lotions, injections, etc.
Le R. centifolia L., qu'on cultive dans les anciens jardins, donne l'essence de roses ou hydrolat et de l'huile aromatique plus aromatique encore. Le R. damascena Mïll., ou des quatre saisons, est encore plus recherché que le centifolia i)our l'hydrolat. A Paris et ailleurs, on vend ses pétales confits dans du sucre et dans plusieurs de nos ménages suisses romands on confectionne des compotes de pétales de l'Oses.
C'est le R.sempervirens qui sert aux Tunisiens à faire la fameuse essence de roses de Tunis. On peut faire une essence de roses en plaçant au soleil un vase en bois plein de pétales de roses sur lesquels on verse de l'eau bien pure; au bout de quelques jours l'huile essentielle s'en détache et surnage. On la recueille alors sur du coton, et on l'exprime dans de petits flacons hermétiquement fermés.
Mais c'est en Inde et en Roumélie qu'on fait la véri-
table huilo de roses (oleum rosx), la plus recherchée en pai'fumerie. Elle provient, dit-on, des R. indica, moscliata, damaseena et semim-'virens.
Le R. alpina L. (l'Eglantine des Alpes) qui n'a que peu ou même pas d'aiguillons, est également employé dans la parfumerie car son parfum est délicieux.
Les graines des rosiers sont renfermées dans un réceptacle charnu qu'on nomme cynorrhodon et qui, l'ouge et ferme à sa maturité, se blettit et prend la couleur brunâtre par le gel. 11 est alors bon à manger et sert à faire une préparation sucrée et astringente dite conserve de cynorrliodons, très préconisée contre les diarrhées des enfants et des personnes phtisiques. En Allemagne on en fait des compotes que l'on offre au dessert et que l'on mange avec les viandes. La gousse du cynorrhodon (fraîche ou sèche) avec sa pulpe, débarrassée des graines, est recherchée pour une tisane qui guérit, dit-on, la gravelle. Le duvet des semences du cynorrhodon, appliqué sur la peau, y cause une démangeaison insupportable suivie de douleur qui se dissipent spontanément. Ce duvet agit de la même manière sur les vers intestinaux et les tue.
Ce vermifuge n'irrite pas la muqueuse et se laisse prendre facilement par les enfants.
Les graines elles-mêmes sont dures et sèches; on en prépare, par une cuisson qui doit durer au moins une heure, un thé excellent que les végétariens boivent à la place du thé de Chine et qui a un goût délicat et légèrement parfumé.
Disons enfin que les gales moussues qui se produisent
sur le Rosa canina L. (l'Eglantier de nos haies) se nomment hédégars et étaient très vantées, autrefois, comme diurétiques, anthelminthiques, etc. Elles sont produites par le Cynips Bosse dont la femelle pique les bourgeons de l'Eglantier pour y pondre ses œufs. Chacune des cellules du bédégar renferme au moins une larve qui s'y transforme en nymi)he et en sort au printemps à l'état d'insecte parfait.
Le Spongiola cynorrhodon de Pline, vanté plus tard contre la i)iqûrc des tarentules, était le bédégar de rosier.
Le culte qu'on porte à la Rose, dit Dufour, date de 3000 ans. Dans l'antiquité, on la faisait provenir du sang d'Adonis et de Cupidon. Les Turcs la disent teinte du sang de Mahomet. Les statues de Vénus, d'Hébé et de Flore étaient entourées de guirlandes de roses; à Rome les salles de festin et les lits en étaient jonchés.
Sous les empereurs romains l'eau de roses jouait un rôle pré|)ondérant dans le domaine des parfums; elle jaillissait des fontaines qui rafraîchissaient les salles des festins. En même temps que le liquide embaumé s'élançait eu jets liquides, le sol, les coussins sur lesquels s'étendaient les convives, étaient recouverts de l)étales de roses.
Pour favoriser la digestion, il y avait un bain de l'oses qu'Héliogabade n'avait pas seulement la simplicité de boire, dit Piesse dans son histoire des parfums, mais dans lequel il avait la folie de se baigner. Il alla même plus loin car il fit remplir les bains publics de vin de roses.
Rosmarinus officinalis L. (Romarin, Encensier, Herbe aux couronnes.)
C'est un petit arbuste originaire de l'Europe méridionale et qu'on cultive depuis de longs siècles dans nos jardins, sur nos fenêtres et balcons. Le pauvre hère, la modeste ouvrière, le plus humble de nos campagnards en ont un pot sur leur fenêtre ; que de fois n'avonsnous pas admiré de beaux pieds de Romarin, placés sur la fenêtre d'une pauvre mansarde, dans une vieille toupine fêlée !
La plante a quelque chose de mystique et, en dehors même de ses propriétés officinales, elle olï're de l'intérêt parce qu'elle parle du pays du soleil et de ce beau littoral méditerranéen oii la lumière et la joie sont perpétuelles. En Allemagne, on utilise ses branches comme un emblème aux jours de noce et de solennités.
Son odeur, fortement aromatique et camphrée, provient d'une essence qu'on en retire par la distillation et qui a quelque rapport avec celle du myrte.
Le Romarin est un puissant stimulant et un bon stomachique ; il possède du reste toutes les propriétés des autres Labiées telles que la sauge, la lavende, la menthe. On l'utilise dans les faiblesses d'estomac, les dyspepsies non inflammatoires, la chlorose, la scrofule, les affections nerveuses ou hystériques, les fièvres. La décoction de ses feuilles est usitée en lotion contre les plaies gangreneuses, en bains aromatiques dans les rhumatismes articulaires, en bains fortifiants chez les enfants, en fomentations sur les tumeurs froides et les parties paralysées.
Dans notre Suisse romande on remplois en collyre pour la conjonctivite et pour fortifier les paupières.
En Allemagne le Romarin joue un très grand rôle. On l'apprête et on le boit sous forme de thé pour débarrasser l'estomac des obstructions, redonner l'appétit et rétablir la digestion. Kneipp recommande ce thé pour rendre la liberté à l'estomac; pour cela, dit-il, prenez-en, matin et soir, 2 à 4 cuillerées.
On fait aussi un vin de romarin que Kneipp recommande, pris en petites portions, contre les maladies de cœur. Il a une action calmante et provoque, dans l'hydropisie du cœur, une sécrétion abondante par les voies urinaires. Il rend, dit-il, les mômes services dans l'hydropisie en général. Il faut, alors, prendre matin et soir 3 ou 4 cuillerées de ce breuvage.
On fait le vin de romarin d'une manière fort simple : Il suffit de couper une poignée de ses branches, fleuries ou non, de les mettre dans une bouteille qu'on remplit de vin vieux (si possible blanc). Au bout d'une demi-journée on peut l'utiliser après l'avoir décanté.
L'essence ou huile de romarin se prend à l'extérieur comme rubéfiant et fait partie de plusieurs drogues recommandées comme favorisant la croissance des cheveux. On en prépare une eau distillée et un alcool et il entre dans la composition de l'eau de Cologne et de l'eau de Hongrie, du baume tranquille du vinaigre des quatre voleurs, etc.
C'est à l'huile que contiennent les fleurs de romarin que le miel de Narbonne doit, assure-t-on, son goiit particulier.
Les Italiens mettent ses feuilles dans plusieurs mets et particulièrement le riz. Chez nous, les cuisinières ne l'utilisent guère que pour la cuisson des jambons.
Les Anciens employaient le Romarin à cause de ses vertus excitantes. Ils en faisaient des couronnes entrelacées de branches de Myrte, de Laurier et en plaçaient une branche dans la main de leurs morts. Son parfum excitait l'enthousiasme dans les fêtes de Vénus.
La culture du Romarin est bien facile; sous notre climat de la Suisse romande, qui est à peu près celui de Paris, il lui faut une position chaude, à l'abri des vents du Nord. On le plante au Midi, contre un mur ou bien on le rentre en orangerie. Dans la Suisse allemande on ne peut le cultiver qu'en pots car il est nécessaire de le rentrer pour l'hiver.
Rubus. — Ce genre contient, avec les ronces de nos haies et de nos lieux stériles, la framboise de nos jardins et la délicieuse framboise arctique dont le parfum exquis est recherché des gourmets.
La Ronce commune (Rubus fruticosus L.) et la R. bleuâtre (R. csesius L.) sont utilisées en médecine pour leurs feuilles qui sont astringentes et dont on fait des gargarismes pour les maux de la gorge et les ulcères de la bouche. De Hallerlos recommande contre l'esquinancie.
Les fruits du R. fruticosus, qu'on nommo mûrons, meurons, mûres sauvages, catimûrons, sont très doux ; on en fait du vin, du sirop, de l'eau-de-vie et des conserves. La gelée et le sirop de mûrons sont excellents contre les inflammations, les maux de la gorge. On s'en sert, en Provence, pour colorer le vin muscat.
Les R. chamœtnoms L. et ardicus L. (fig. 91) sont les framboises du Nord. Les Norwégiens, les Finnois, les Lapons, les recueillent
neige i)ar les soptentrio- c^^^^St^Sg^J^-^
naux (|ui les estiment beau- Fig. 91 — Rubus arcticiis.
COUJ).
La Framboise (Euhits Idxus L.) est recherchée par son parfum et sa fraîcheur. On en prépare un siroj) également employé dans les inflammations de la gorge et qui est très utilisé dans nos ménages comme rafraîchissant. On en fait un vin assez bon et une boisson très rafraîchissante connue sous le nom de vinaigre à la framboise. On le prépare en emplissant une bouteille de framboises bien mûres sur lesquelles on verse du bon vinaigre rouge. On bouche hermétiquement et,
avec le plus grand soin et en font de délicieuses confitures et d'excellents sirops; leur parfum et leur goût est des plus délicat.
On en fait en Laponie une limonade rafraîchissante.
Ces fruits sont conservés longtemps sous la
l'été suivant, il suffit de mélanger une cuillerée à café de ce vinaigre avec un verre d'eau sucrée pour avoir un délicieux rafraîchissement.
Le R. saxatïlis L., qui croît sur les rochers de nos montagnes, est une plante rampante et dépourvue d'épines chez laquelle la fleur blanche, donne naissance à un fruit charnu, d'un rouge vif, acidulé et douceâtre, excellent rafraîchissement. Les Eusses en font une eau-de-vie excellente en la mêlant à du miel. Ce fruit était autrefois considéré comme antiscorbutique.
Rue, voir Ruta.
Rimex acetosa L. — C'est l'oseille de nos prés qu'on a introduite dans nos cultures potagères où l'on en cultive une variété à feuilles très développées.
Sa racine est longue et rougeâtre; elle est amère et astringente et s'emploie comme diurétique et dépuratif. Les feuilles servaient à l'extraction du sel d'oseille. Actuellement c'est VOxalis acetosella qui le fournit.
Linné rapporte qu'en Laponie on la fait cuire pendant plusieurs heures, on la mêle à du lait de renne, puis on renferme ce mélange dans des vases qu'on enterre afin de les garantir des rats. De cette manière le lait se conserve très bien; il acquiert une acidité agréable et fait le délice des Lapons. L'oseille a la propriété de neutraliser presque instantanément les accidents produits par les substances végétales acres, comme le suc d'arum, d'euphorbe, de bryone, etc.
R. patientia L. (Patience.) (fig. 92). — C'est une mauvaise herbe très répandue dans nos campagnes, nos
champs et nos jardins et dont la longue racine pivotante, fusiforme et jaunâtre a une odeur particulière peu agréable, une saveur âpre et amère.
La racine de patience est un peu astringente; à forte dose elle devient laxative; elle est appéritive, tonique et dépurative. Dans les campagnes on s'en sert, alliée à de la fleur de soufre, pour guérir la gale.
On lui substitue souvent les autres Patiences {R. crisims L., obtusifolms L., etc.)
Le E. alpimis L.
(Rhubarbe de moine, Lai)pis) est cette plante à très grandes feuilles, aux veines rouges.qu'on rencontre, dans nos montagnes, aux environs de tous les chalets.
Les montagnards valaisans la cultivent |)Our leurs bestiaux.
Sa racine est un purgatif qui présente les propriétés des Rhubarbes et ses feuilles sont, dans les montagnes suisses, utilisées comme tonique.
Euscus aculeatus L. (Fragon, Buis épineux, Petit Houx, Buis ardent, Housson, Myrte épineux.) — C'est un petit arbuste bien curieux qu'on rencontre dans les taillis calcaires de nos contrées chaudes et qu'on cultive pour rornementation des lieux arides de nos parcs et jardins.
Son rhizome, qu'on récolte en Septembre et qu'on fait sécher à l'étuve après l'avoir coupé en morceaux, a une odeur térébenthacée, une saveur douce et amère. On en fait une tisane par décoction et il entre dans la composition du sirop des cinq racines dites apéritives mineures.
C'est un apéritif et diurétique qu'on emploie aussi, dans l'Italie septentrionale, dans l'hydropisie, les affections des voies urinaires, la chlorose et la scrofule.
Les baies, assez semblables à celles du muguet, ont été parfois torréfiées et substituées au café; elles donnent une liqueur assez agréable, qui agiténergiquement sur l'appareil urinai re.
Dans les Alpes d'Italie on recherche ses jeunes bourgeons, en Avril-Mai, et on les mange en asperges.
Buta graveolens L. (Eue fétide, R. puante, R. des jardins. Herbe de grâce.) — C'est une plante bien connue et de tout temps cultivée dans nos jardins pour ses propriétés officinales et aromatiques. D'origine méridionale on la trouve à l'état naturalisé dans plusieurs endroits où s'élevaient autrefois des châteaux et des monastères.
Son parfum si particulier est dû à une huile essentielle âcre et amère qu'on recueille par distillation. Elle est très excitante et son emploi est dangereux.
Les feuilles de rue, appliquées sur la peau, peuvent à la longue en déterminer la rubéfaction et la vésication. L'herbe et l'essence sont de puissants excitants, surtout du système nerveux, et un vermifuge. La Rue a toujours été considérée comme emménagogue dans l'aménorrhée et les désordres de la menstruation.
(3n la prescrit contre l'hystérie, Fépilepsie, etc. Sa feuille entre dans la composition du vinaigre des quatre voleurs. La Rue est un anthelminthique trop négligé. La décoction de feuilles fraîches de rue détruit les ascarides vermiculaires causant un prurit anal insupportable. Chez les enfants, l'infusion des feuilles de rue dans l'huile d'olive en embrocations sur le bas ventre peut servir de vermifuge (une partie de feuilles sèches pour 10 d'huile).
Un curé de campagne employait le topique suivant et guérissait souvent par ce moyen des catarrhes pulmonaires chroniques. Prenez : 2 poignées de Rue fraîchement cueillie, vers la fin de mai; faites les bouillir dans 2 kilogrammes d'eau jusqu'^ réduction de moitié; exprimez la Rue et retirez-la; mettez 15 grammes d'aloès dans la décoction, et faites-y tremj)er une serviette de coton demi-usée pendant 24 heures, puis faites-la sécher à l'ombre dans un aj)partement. Cette sei-viette, pliée en huit, doit être j)lacée sur la i)oitrine et |)ortée jusqu'à ce qu'exile tombe en lambeaux.
Voici ce qu'en dit Kneipp: « La Rue nous témoigne clairement, par son odeur pénétrante, la bonne volonté qu'elle a de soulager les hommes, pour qui elle fut créée et de calmer leurs différentes douleurs, comme si chaque feuillette de cette plante était une petite langue. Si seulement nous comprenions toujours ce langage ! »
« La Rue est, dans toutes ses applications, u n tonique analeptique, c'est à dire qu'elle ranime et fortifie. Màchez-en une feuille seulement et vous éprouverez sur le champ cette action sur votre langue, tandis que son
parfum délecte Ja bouche et s'y maintient, comme Todeui' de l'encens, répandue dans une maison. »
« L'infusion de rue manifeste ses vertus excellentes dans les congestions (affluences du sang vers la tête), les lourdeurs de tête, les étourdissements et les vertiges, comme aussi dans les difficultés de la respiration, dans les battements de cœur, les embarras du bas-ventre, dans toutes les indispositions provenant de la faiblesse de l'organisme général ou d'un organe particulier. On recommande ce thé surtout aux personnes dont Tétat trahit une prédisposition à ces sortes de maux, aux crampes, à l'hystérie, etc. »
« Si vous avez fait macérer de la Rue dans l'alcool, vous pourrez, dans les cas indiqués, en place du thé, prendre chaque jour deux fois (au plus) 10 à 12 gouttes d'extrait de rue sur un morceau de sucre. »
« On prend de la même manière Vhitile de rue, qui se prépare ainsi : on fait sécher des feuilles de rue, puis on les écrase, on les met dans un bocal, on les arrose d'une huile fine à salade et on expose le bocal à la chaleur pendant un temps assez considérable. Plus tard on décante le contenu et on en use par gouttes. »
Les anciens en faisaient un condiment qu'ils mêlaient à plusieurs de leurs mets; ses jeunes pousses se mangent encore en salade dans plusieurs contrées de l'Italie.
On se sert aussi, dans les campagnes, de ses tiges fleuries qu'on dessèche à l'ombre, pour se garantir des insectes nuisibles et aussi comme préservatif aux époques de contagion et de peste. En Angleterre, notamment à Newgate, on place encore, par suite d'une antique tra-
dition, des branches de rue dans la salle du tribunal afin de préserver les juges des fièvres ou maladies que pourraient leur communiquer les prisonniers.
Il y a une vingtaine d'espèces de Ruta qui, toutes, ont des propriétés à peu près analogues à la Rue des jardins.
Cette plante est rustique chez nous mais elle aime le sol léger et le plein soleil.
Sabine, voir Juniperiis.
Sabot de Vénus, voir Cypriimlitnn.
Safran, voir Crocus.
Salep, voir Orchis.
Salix. — Les Saules ont peu de propriétés pharmaceutiques. Leurs feuilles sont généralement astringentes et leur écorce, tonique et fébrifuge, a été proposée comme succédané du quinquina. La décoction d'écorce de saule a aussi été employée au traitement dos ulcères indolents et de certaines affections chronicjues de. la |)eau.
Les chatons servent à arrêter reffusion du sang.
C'est des Saules (pfon tire l'acide salicylique dont les proi)riétés antirhumatisniales sont remai-quables et qui est également un fébrifuge et un tonique pouvant rendre de grands services dans la dyspepsie et autres affections de l'estomac.
Les Saules ont de nombreuses applications économiques et industrielles. Les espèces basses nous fournissent les osiers pour la vannerie tandis que les plus élevées donnent des branches qu'on utilise pour les cercles de tonneaux, des échalas, etc.
Le S. capi'œa L. (Marceau ou Marsan It) fait les délices
des chèvres et c'est probablement celui que Virgile a chanté. Les chatons, qui sont les premiers à apparaître au printemps, sont très recherchés des abeilles. Salsepareille, voir Smilax.
Salvia officinalis L. (Sauge officinale.) — Originaire de l'Europe méridionale, cette plante est cultivée depuis fort longtemps dans les jardins de tout le monde civilisé. Ses feuilles et ses fleurs sont très aromatiques, très stimulantes, riches en huile essentielle.
La Sauge est peu utilisée par la médecine actuelle mais elle n'en est pas moins l'un des meilleurs toniques et stimulants. Elle peut rendre d'importants services dans l'atonie des voies digestives, la dyspepsie, les vomissements spasmodiques. Elle est excellente dans les maladies putrides et les fièvres typhoïdes. Comme elle excite les fonctions de la peau et provoque la sueur, elle peut être utilisée dans les affections provenant du refroidissement de la périphérie et cependant, d'autre l)art, il est certain qu'elle arrête les sueurs profuses et débilitantes, celles des phtisiques et des convalescents de fièvres. Le thé de sauge fait disparaître les engorgements du palais, de la gorge et de l'estomac.
On l'emploie à l'extérieur et sous forme d'infusion, de vin miellé pour cicatriser les ulcères. La décoction vineuse est un bon tonique contre les aphtes des enfants, etc. On doit s'abstenir de l'employer chez les sujets sanguins et dans les maladies inflammatoires. On a recommandé les bains de Sauge dans la paralysie des membres et le rachitisme. Infusée dans l'eau et le vin, on la prend pour purifier le foie et les reins.
Dans le Midi on s'en sert pour aromatiser le vinaigre et dans l'Orient on la prend en infusions théiformes.
Dans nos campagnes on s'en sert pour s'en frotter les dents et empêcher la carie.
En Allemagne on réduit ses feuilles en poudre et on en saupoudre les aliments pour remédier aux infirmités dont nous avons parlé plus haut.
La Sauge fait partie du vinaigre antiseptique, du vinaigre aromatique des hôpitaux, du baume t7'anquille, de V alcoolat vulnéraire, etc.
Les feuilles de Sauge, séchées et pulvérisées, s'emploient dans la composition des sachets odoriférants. On s'en sert également pour pai-fumor le savon.
On lui attribuait autrefois un grand nombre de Fig. 93 - Saivia prateusis. propriétés merveilleuses.
Quand les Hollandais allèrent chercher pour la première fois le thé de Chine, ils donnèrent en échange, aux Célestes, des plantes de Sauge.
La Sauge des Prés (Saivia pratensis L.J, (fig. 93) très comnuine dans nos prés, possède, bien qu'à un faible degré, les propriétés de la S. officinale.
La Sclarée (S. sclarea L., Toute-Bonne ou Orvale) (fig. 94) a les mêmes propriétés bien qu'elle ait été
proclamée comme une panacée universelle. Elle est fortement aromatique et les Allemands s'en servent pour fabriquer leur bière et pour aromatiser leurs vins et leurs mets ; ils en mettent même dans les gelées et compotes de fruits. Les Italiens l'utilisent comme vulnéraire.
D'aucuns s'en servent comme d'un insecticide.
SamhuGus nig7-a L. (Sureau, Soyer, Sambequier, Seûe, Sue.) — Les fleurs du sureau, ses baies, l'écorce de sa tige et celle de sa racine sont usitées en médecine. Les fleurs, qu'on recueille vers la fin de juin par le sec, dans leur entier développement et qu'on dessèche à
rombre, sont un excellent remède résolutif, sudorifique et émoUient. On en prépare des fumigations, des cataplasmes, un hydrolat et plusieurs autres préparations.
Kneipp recommande ses feuilles pour purifier les humeurs et le sang et évacuer d'une manière facile et naturelle les éléments morbides. Il faut dans ce but, prendre six ou huit feuilles qu'on coupe en petits morceaux et qu'on fait bouillir pendant dix minutes. On boit chaque jour une tasse de ce breuvage à jeun, une heure avant le déjeuner pendant quelque temps. Cette cure fait un excellent elîet. Les feuilles desséchées fournissent également un bon thé résolutif et dépuratif.
Ces feuilles, chauffées et appliquées sur le front et les tempes dissipent, dit-on, les migraines.
La seconde écorce bouillie dans l'huile d'olive avec un peu d'eau jusqu'à éva[)oration de cette dernière, en mêlant à la colature de la cire, forme une j)ommade, qui réussit toujours, appliquée sur les vésicatoires à calmer l'irritation et la douleur; elle est un excellent purgatif et un remède contre la brûlure; elle peut être un vomitif. La racine de sureau, préparée sous forme de thé, est l'un des meilleurs remèdes contre l'hydropisie.
Chez les Allemands et les peuples du Nord, en général, les baies de sureau sont très généralement usitées. On en fait des tartes et des gâteaux, une bonne eau-devie et des confitures. Kneipp recommande vivement cette confiture. « Les baies de sureau, dit-il, confites au sucre, ou ce qui vaut mieux, au miel, sont, en hiver
d'une grande utilité aux gens qui ne se donnent pas de mouvement et qui sont condamnés à la vie tranquille et sédentaire. Une cuillerée de cette confiture, délayée dans un verre d'eau, donne le meilleur breuvage réfrigératif, purifie l'estomac, évacue l'urine et agit favorablement sur les reins. »
Le suc évaporé des baies de sureau constitue le Roh de Sureau, sudorifique et laxatif à la dose de cinq à quinze grammes.
Le Sureau est l'une des plus anciennes plantes médicinales. Hippocrate a commencé sa renommée que tous les siècles ont confirmée.
La parfumerie utilise le sureau pour Veau de fleurs de sureau, \elait de sureaii, Y extrait de sureau,\Qcoldcream de sureau et Vliiiïle de sureau.
Le S. Ebulus L. (Sureau en herbe, Petit Sureau, Hièble.) — C'est ce Sureau herbacé, à l'odeur fétide, qui croît le long de nos routes et dans nos décombres. Sa souche est violemment purgative et ses feuilles, vantées dans les campagnes comme apéritives et fondantes, sont surtout utilisées dans la médecine vétérinaire. Les baies fournissent de l'alcool et teignent en violet, bouillies dans le vinaigre. Les Komains en coloraient les figures de leurs idoles. Dans le Midi on en fait une décoction dont on frotte les parquets avant de les cirer.
La fleur a les propriétés de celle du Sureau et sei-t, en particulier, à faire transpirer.
11 existe, dans nos montagnes, un beau Sureau nommé S. à grappes, ou Arbre à Corail, le -S', racemosa L., dont les fleurs verdâtres n'ont aucune appai'ence
mais dont les fruits, d'un beau rouge corail vif, disposés en grappes serrées, font le plus bel effet et animent le paysage. On l'a introduit dans nos jardins comme arbuste d'ornement.
Le Sureau à grappes a tout à fait les mêmes propriétés que le Sureau noir.
Sanguisorbe, voir Poterium Sayigidsorba.
Sanicida ewopaea L. (Sanicle.) — C'est une petite Ombellifère peu apparente qui hante nos bois et qu'on employait, autrefois, comme vulnéraire, tonique et astringente. Comme la sanich^ est un astringent, les gens de la campagne l'emploient contre les crachements (le sang, les diarrhées et les hémorrliagies.
Santolina cliamœcyparissiis L. (Santoline, Au-
ronne femelle, Petite Citronelle, Garderobe.) (fig. 95). — C'est une plante vivace touffue, un i)etit arbuste aux rameaux bas et serrés, aux feuilles grisâtres et dentelées ou plutôt tuberculées et aux fleurs jaune d'or, en petites cai)itules.
p]lle est fortement aromatique et constitue un vermifuge et un excitant comme aussi un bon insecticide, d'où son nom de Garderobe. Elle a une huile essen-
Fig. 95 — Santolina chamœcypaiissns.
tielle qui, en parfumerie, remplace parfois celle de la Lavande et en médecine a de bons effets contre le ver solitaire à la dose de 10 à 15 gouttes.
On la cultive dans nos jardins comme plante à bordures. Il lui faut le soleil et un sol léger.
Sapin, voir Ahies et Picea.
Saponaria officinalis L. (Savonnière, Herbe à foulon.) — C'est une belle Caryophillée vivace, sauvage dans nos contrées les plus chaudes, aux belles fleurs lilas clair et odorantes.
Ses racines et ses feuilles, à la saveur amère et salée, rendent l'eau savonneuse et lui donnent la propriété de laver les étoffes. On les utilise surtout pour blanchir les dentelles, décruer les soies et nettoyer les étoffes de laine. C'est le Savon du pauvre, surtout dans le Nord de la France où cet usage est plus particulièrement populaire.
En médecine on emploie la Saponaire (toutes ses parties) comme dépuratif et fondant et elle sert à pré- t parer des tisanes plus ou moins visqueuses qui sont un véhicule à certains liquides irritants.
On l'a recommandée contre la jaunisse, les dartres, le rhumatisme et les affections du foie ; mais elle n'a, en réalité, qu'une action très faible.
A grande dose la Saponaire peut être employée avec succès dans les dartres squammeuses ; la décoction concentrée de ses racines 60 à 100 grammes pour 1 kg. d'eau le matin à jeun.
On récolte les feuilles avant la floraison ; on les dispose en guirlande et on les sèche à l'ombre. Quant aux
racines, qu'on arrache à l'automne, on les lave, on les coupe en petits morceaux et on les fait sécher à l'étuve.
On en retire un principe actif la saponine qui, introduite dans le sang, détermine la paralysie des muscles.
Cette plante se cultive facilement et ne demande que le soleil et un sol pas trop argileux.
Sarotliamnus Scoparius Kocli.{GeyiistaScoparia Lani.) — C'est un fort joli Genêt qui croît dans les terrains siliceux de l'Europe occidentale et qui anime de ses belles fleurs d'or les paysages enchanteurs de notre beau Tessin.
Le Bâillon le dit diurétique et laxatif, à
dose faible, l)Urgatif et Fig. 96 — Scolopendrium officinarura.
vomitif à dose forte.
C'est un remède populaire en Angleterre.
Sarriette, voir Sahireya.
Sauge, voir Salvia.
Sceau-de-Salomon, voir Folyqonatum.
Scolopendritmi officinanmi Siv. (Langue de bœuf, L. de cerf, L. de veau, L. de chien. Herbe à la rate.) (fig. 96). — C'est une Fougère à frondes entières, persistantes, qu'on rencontre dans les bois de nos régions calcaires.
Elle est légèrement astringente, mucilagineuse, diuré-
tique et vermifuge; elle possède une saveur aromatique qui s'exhale surtout à l'état sec.
Elle fait partie des Espèces vulnéraires suisses ou Thé suisse.
Les Anciens la préconisaient contre les obstructions de la rate et du foie, la diarrhée, la dyssenterie, lo catarrhes pulmonaires, etc.
C'est une belle fougère d'ornement qu'on cultive volontiers dans nos jardins, sur les rocailles et entre les fentes de murailles à l'ombre.
Scrofularia nodosaL. (Herbe aux écrouelles, Scrofulaire noueuse.) — C'est une herbe vivace à l'odeur fétide qui hante les lieux humides de nos régions froides.
Très préconisée autrefois comme anti-scrofuleuse, tonique, résolutive, sudorifique et vermifuge, elle est presque abandonnée de la médecine actuelle. Les campagnards l'utilisent cependant encore, surtout contre les hémorrhoïdes.
C'est dans sa grosse racine noueuse que résident ses vertus pharmaceutiques. On l'administre en poudre infusée dans du vin. Les graines sont vermifuges. Les feuilles fraîches sont très propres à panser les plaies en suppuration. On en prépare une graisse qui s'administre contre la gale.
Sedum acre L. (Orpin jaune, 0. des murs, 0. brûlant, Vermiculaire, Pain d'oiseau, Poivre de murailles.) (Fig.97). — C'est cette plante grasse aux petites feuilles épaisses et vert foncé, qui hante nos murailles, nos lieux arides, nos landes ensoleillées et nos tourbières
Fig. 97 — Sedum acre.
desséchées et qui, pendant Pété, se recouvre de fleurs d'un jaune vif.
Ses feuilles sont très acres et leur suc peut agir assez vivement sur le tube digestif comme purgatif ou vomitif. Dans nos campagnes on l'utilise pour détruire les verrues, guérir la gangrène et les cancers; elle est douée de vertus détersives très énergiques.
Le suc et la pulpe jouissent dans le peuple d'une grande vogue pour le traitement des cors et durillons.
Cette plante pilée aj)pliquée sur la tête des teigneux réussit presque toujours.
S. Teleplmm L. (Sédon rei)rise, Joubarde des vignes. Fève grasse.
Herbe aux chari)entiers, H. à la coupure, Grassète des murs, etc.) (fig. 98).
— Ses feuilles, larges, épaisses, charnues, sont très fréquemment utilisées,
Fig. 98 — Sedum telephium.
dans nos campagnes (surtout clans les vallées de nos Alpes), pour cicatriser les plaies et les coupures, adoucir les douleurs hémorrhoïdales, etc. Elles font partie de l'eau d'arquebusade et, dans quelques contrées, se mangent en salade.
Sempervivum. (Joubarbe, Artichaut sauvage, A. des murs, Barbajou.) (fig. 99). — C'est une crassulacée très répandue et dont nous possédons, dans notre Europe
centrale, une quarantaine d'espèces qui, toutes, croissent au soleil et dans les lieux pierreux et arides. Leurs feuilles succulentes, épaisses et charnues, au suc acidulé et astringent, ont été de tout temps utilisées contre les cors, les brûlures, les hémorrhoïdes, etc.
Son suc est utilisé dans nos campagnes,
Un cataplasme de feuilles de joubarbe pilées avec du vinaigre et appliqué à froid sur le scrotum fait cesser instantanément les hémorrhagies nasales.
Elle fut très employée, autrefois, comme diurétique et antiscorbutique.
Le petit Séneçon des jardins {Senecio vulgaris X., Toute-venue), une mauvaise herbe bien connue dont
Fig. 99 — Sempervivum tectorum.
contre les maux d'yeux.
les petits oiseaux recherchent les graines, était autrefois fort utilisée comme un émollient et un laxatif et s'administrait en cataplasmes et en lavements. Serpolet, voir Thymus.
SUylnm Marianiim Oœrtn. (Chardon Marie, Cathame tâché, Chardon argenté.) — C'est un grand Chardon annuel aux feuilles maculées de blancqui croît dans nos vallées les plus chaudes et dans le Midi.
On a guéri diverses hémorrhagies par la décoction de 30 grammes de fruits pour 180 d'eau, prise par cuillerées à soupe toutes les heures.
11 fut célèbre autrefois comme fébrifuge, pectoral, sudorifique, etc. Aujourd'hui on ne l'utilise plus guère en médecine mais, dans beaucoup d'endroits, on mange à l'état jeunes, ses feuilles, tiges et réceptacles.
Sinapis àlha L. (Moutarde blanche, Sénevé blanc, Plante au beurre, Moutardine.) — C'est une Crucifère annuelle qui, originaire des régions chaudes et méridionales de l'Europe, se cultive pour l'usage commercial et médical. Ses graines, de la grosseur de celles des petits Radis, sont toniques, stomachiques et laxatives. On les avale sans les mâcher et il n'y a pas longtemi)s qu'elles étaient considérées comme une panacée universelle. Deux cuillerées à café de ces graines prises journellement pendant quelques jours sont le meilleur remède contre la constipation.
Les feuilles se mangent comme assaisonnement de salade.
S. nigra L. (Moutarde noire, Sénevé, Navette-bouc.) — C'est encore une espèce annuelle et sa graine est un
condiment trop connu pour qu'il soit nécessaire d'insister ici sur ses propriétés stimulantes, rubéfiantes et irritantes.
Elle doit à une huile volatile dont le principe a été nommé sinapisme, l'action énergique qu'on lui connaît. Entière, cette graine est inodore; mais pulvérisée elle a une odeur très pénétrante qui, broyée dans l'eau, irrite les yeux comme le fait l'oignon qu'on coupe en morceaux.
La moutarde stimule fortement les sucs gastriques ; elle est tonique et antiscorbutique. C'est l'un des excitants les plus énergiques de la digestion. A l'extérieur, et sous forme de sinapisme, c'est un révulsif dont on se sert très fréquemment.
Ses jeunes feuilles se mélangent à la salade pour lui donner un goût piquant et l'on tire de sa graine une huile douce qu'on brûle et qu'on utilise en médecine sous le nom dliuile de beurre ou de moutarde.
S. arvensis L. (Moutarde sauvage. Sauve, Sanve, Sendre, Jatte, Russe, Chenevis, etc.) est une herbe annuelle qui hante nos champs après la récolte des céréales et autres cultures. Les bestiaux la recherchent avec avidité et ses graines possèdent, bien qu'à un moindre degré, les propriétés des précédentes. On en fait une huile qu'on substitue quelquefois à celle de colza.
Sisi/mhriiim officinale Scop. (Erysimum officinale L., Vélar officinal. Moutarde des haies, Tortelle, Herbe aux chantres.) — C'est une herbe annuelle, à petites fleurs jaunes, commune dans les décombres et sur le bord des chemins.
C'est un béchique dont on prépare un sirop et des infusions pectorales bonnes surtout dans l'enrouement.
Smilax aspera L. (Salsepareille indigène, Liseron épineux, Lizet piquant.) — C'est une belle plante grimpante aux tiges épineuses, aux feuilles persistantes, qu'on a le tort de ne pas planter dans nos jardins car elle résiste fort bien à nos climats.
Sa racine et ses parties aériennes passent pour sudorifiques et sont dépura-
ges et dont la tige a un goi^it âcre d'abord, puis douceâtr(\ On fait, en médecine, grand usage de ses branches, qui sont employées comme sudorifiques, dépuratives, anticatarrhalcs, diurétiques, diapliorétiques, etc.
Le S. nigrmn L. (Morelle noire, M. commune, Raisin de louj). Herbe aux magiciens. Crève-chien) est une mauvaise herbe annuelle, à l'odeur fétide, qui envahit nos terres labourées, nos jardins et surtout les décombres et lieux en friche.
Solamim Dulcamara L. (Douce-amère, Vigne de Judée, Morelle Douceamère, Herbe à la lièvre, à la Carte, Crève-chien, etc.) (fig. 100). — C'est ce petit sous-arbrisseau grimpant, aux feuill(>s bleu-violet foncé et jaune-orangé auxquelles succèdent des baies rou-
tives.
Fig. 100 — Solamim dulcamara.
Elle est légèrement narcotique. Nos campagnards en font des cataplasmes dans les panaris et les éruptions de la peau.
Solidago. — Les Verge d'or, dont on cultive plusieurs espèces et qui, pour la plupart, sont originaires de l'Amérique septentrionale, passaient autrefois pour sudorifiques et antirhumatismales.
Sorhus aucuparia L. (Sorbier des oiseleurs.) — C'est un bel arbre qui décore, de ses belles grappes de fruits d'un rouge intense, les lieux boisés dans les régions sous alpines et montagneuses. On le cultive aussi comme arbre d'ornement dans nos parcs et jardins.
Ses fruits servent à l'extraction de l'acide malique : dans le Nord on en fait une boisson rafraîchissante qui peut fermenter et devenir spiritueuse ; au Kamtschatka on mange directement ses baies, malgré leur âpreté et leur astringence et, dans le Wiirtemberg, on en fait des compotes.
Les fruits de ce Sorbier jouaient un rôle important dans les mystérieuses cérémonies de la religion des druides. On retrouve, dans les montagnes d'Ecosse, des pratiques superstitieuses à son sujet; on considère ses branches comme ayant la vertu de préserver les troupeaux contre les accidents.
L'écorce est propre au tannage et teint en noir.
Souci, voir Calendida.
Spirœa Aruncus L. (Reine des bois. Barbe de bouc.) (fig. 101). — Belle plante vivace aux grands panicules de myriades de petites fleurs, d'un blanc jaunâtre, qui hante les bois de nos régions montagneuses.
Elle est considérée comme astringente dans certaines contrées. Nos campagnards s'en servent pour provoquer la transpiration.
Le S. Ulmaria L. (Reine des prés, Fleur des abeilles, Vignette) croît dans les lieux humides et sur le bord des eaux. II fait partie du thé et des vulnéraires suisses et a été préconisé, dans ces derniers temps, comme un spécifique assuré contre l'hydropisie. Elle réussit dans l'amarasque en produisant une abondante diul'èse.
Elle est astringente, antirhumatismale, antigoutteuse, fébrifuge et sudorifique.
Le S. filipendula L., qui croît également dans les lieux humides de nos régions montagneuses, a des racines portant de gros renflements qui sont astringents et diurétiques.
Stachys. — Les S. gmnanica L., sylvatica L., arvensis L., recta L. et2Mlustris L., sont des herbes indigènes, vivaces ou annuelles, que la médecine des campagnes utilise comme sudorifiques et stimulants.
Stramoine, voir Dafura.
Sumac, voir Rkus.
Sureau, voir Samhucus.
Fig, 101 — Spiraa Anmcus.
Symphitum officinale L. (Grande Consoude, Consyre, Confée, Herbe à la coupure, Langue de vache.) (fig. 102). — C'est une Boraginée indigène et vivace, rude au toucher, aux fleurs blanches ou violettes et qui contient,
Fig. 102 — Symphitum officinale.
dans toutes ses parties, une grande quantité de substances mucilagineuses.
Elle est employée dans les phtisies, les fluxions de poitrine, les crachements de sang.
Taconnet, voir Tussïlago.
Tamarix germanica, voir Myricaria.
Tanms communis L. (Vigne noire, Herbe aux femmes battues, Tamier, Taminier, Couleuvrée noire.) — C'est une plante grimpante de la famille des Dioscoréacées, qui croît dans nos bois et le long de nos haies et dont les tiges volubiles portent en automne des baies d'un rouge très vif. La racine fraîche, râpée et appliquée sur 1ns articulations dans les cas de rhumatisme a amené du soulagement et aussi la guérison. Sa racine est un gros tubercule dont la médecine populaire se sert contre les brûlures et les contusions par des api)lications; prise en décoction elle est diurétique et purgative.
Tanacetnm vulgare L.
(Tanaisie des champs, Tanacée, Barbotin(\) (fig. 108). — C'est une plante vivace et touffue, fortement aromatique dans toutes ses j)arties et qui croît dans toutes les parties sèches et chaudes de TEurope. On la cultive même dans les jardins comme ornement à cause de ses belles fleurs d'un jaune vif qui durent longtemps et de ses feuilles finement découpées.
Elle est tonique, excitante, antiseptique, vermifuge et
Fig. 103 — Tauacetum vulgare.
insecticide; on l'a recommandée dans une foule d'affections diverses, les fièvres intermittentes, la chlorose, la leucorrhée, l'hystérie, l'atonie des intestins. Mais elle est surtout employée contre les vers.
On en faisait autrefois des cataplasmes résolutifs contre les entorses, les contusions, les engorgements lymphatiques.
Dans le Nord de l'Europe on l'utilise comme condiment et on la fait entrer, en remplacement du Houblon, dans la composition de la bière.
T. Balsamita L. (Balsamite, Baume-coq, Grand- Baume, Menthe-coq, Tanaisie des jardins.) — Cette plante, également vivace et fortement aromatique, diffère de la précédente en ce que ses feuilles sont entières et ses fleurs plus petites. Son arôme est différent et se rapproche un peu de celui de la Menthe poivrée. Originaire du Midi elle est cultivée dans presque tous nos jardins de campagne.
Elle est stimulante et antispasmodique et entre dans la composition des vins aromatiques et de plusieurs produits de la parfumerie.
Nos campagnards de la Suisse romande utilisent ses feuilles comme un vulnéraire.
Le Taraxamm officinale L. (Dent de lion. Pissenlit commun) (fig. 104) possède une amertume qui lui vaut une réputation comme dépuratif, tonique et digestif. On en prépare, au printemps, d'excellentes salades et on l'apprête aussi en plat vert comme les épinards.
Ses feuilles s'emploient en décoction dans les affections du foie et les maladies de la peau.
Taxus haccata L. (If.) — C'est Tun de nos Conifères indigènes qu'on cultive le plus volontiers dans nos jardins où sa verdure sombre qu'orne, à l'automne, une guirlande de baies d'un beau rouge, fait un bel effet.
Les feuilles fraîches sont acres, narcotiques et amères.
Fig. 104 — Taraxacum dens leonis,
Les diverses parties sont antispasmodiques et emménagogues. Mais ses baies sont inoffensives et recherchées des enfants; elles sont visqueuses, laxatives et leur saveur plutôt fade. L'amande, agréable et nourrissante quand elle est fraîche, a le goût de celle de Pin pignon et contient une huile qu'on dit assez bonne; mais quand
elle est vieille et rance cette graine est d'un goût détestable.
L'if croît très lentement; en Angleterre où il en existe des pieds superbes, il n'est pas rare d'en rencontrer qui •ont plus de 2,000 ans. Son bois est dur et de longue durée ; il n'en est pas moins très flexible. Les arcs les plus renommés des anciens étaient en bois d'If. Il est excellent pour le tour et vaut le buis.
tisanes toniques, stimulantes et stomachiques. Son amertume la rend même un peu dépurative.
Le T. Scorodonia L. (Germandrée des bois) a les mêmes propriétés que l'espèce précédente.
Tliymélée, voir Daphne Cneonm.
Thymus Serpylli m -L. (Thy m sauvage, Ci tron bâtard, Pillolet.) (fig. 106). — C'est le serpollet bien connu, chanté du poète et dont l'arôme délicieux encense les lieux secs et ensoleillés de nos campagnes.
Teucrium chamaedrys L.
(Chênette, Petit Chêne, Germandrée des murs.) (fig. 105).
— C'est une petite Labiée odoriférante, aux feuilles luisantes et dentelées, aux fleurs
f roses, en grappes, qui croît ï dans nos lieux arides et pier- Ç reux, en plein soleil.
Fig. 105 — Teucrium chamaediys.
Les sommités fleuries sont récoltées en Juillet-Août, séchées à l'ombre, puis conservées au sec. On en fait des
Les sommités fleuries sont stimulantes et nos caml)agnards les considèrent comme un excellent remède, administré avec du lait bouillant, contre la toux.
On le donne avec avantage dans le catarrhe chronique, l'asthme humide comme l'hysope et lierre terrestre en infusion miellée.
Les Islandais en mettent, l'hiver, des branches dans le petit-lait ce qui en fait une boisson très agréable. On en parfume les ruchers et chacun sait que les lièvres qui ont mangé du sori)ollet ont une chair plus délicate.
Les Romains en assaisonnaient leurs mets et l'on s'en sert encore quelquefois on i)arfumerie.
T. vulgaris L. (Thym commun, Tin, Farigoule, Mignotise des Genevois, Serpollet de cuisine, citron de jardin.) — C'est un tout petit arbuste à bordures qui croît dans toute l'Eui'ope méridionale et qu'on cultive dans presque tous les jardins potagers de notre Suisse romande et de la France.
D'après le journal La Nature, il serait un remède très eflicace contre la coqueluche; cette plante abrège la durée de la maladie et modère la violence des accès. Elle prévient aussi la naissance de complications de
Fig. 106 — Thymus Serpylluni.
nature inflammatoire. La toux cesse en général dans l'espace d'une quinzaine de jours.
L'infusion se prépare avec 20 grammes de Thym pour 150 grammes d'eau bouillante. Laissez infuser un quart d'heure. Passez, sucrez avec du sirop de Tolu et donnez une cuillerée à soupe six à dix fois par jour suivant l'âge de l'enfant.
Il est très usité comme condiment et donne aux apprêts une saveur chaude, tonique et fortement aromatique. C'est un bon carminatif et un digestif; on en extrait le thymol qui est vanté comme désinfectant, modificateur des plaies, des affections de la peau, des bronchites, catarrhes, etc. On emploie l'essence de thym aux mêmes usages que l'acide phénique.
Tilia europdeaL. — Le Tilleul, dont il existe plusieurs espèces et variétés, est l'un des arbres les plus aimés de nos pays.
La médecine utilise les fleurs de tilleul, qu'on cueille à leur épanouissement et qu'on sèche à l'ombre, pour des tisanes antispasmodiques et rafraîchissantes, propres à provoquer légèrement la transpiration.
Ecoutez Kneipp à ce sujet : « L'influence des fleurs de tilleul est, à côté de celle des fleurs de sureau, la meilleure tisane diaphorétique (sudorifique). On me trouvera singulier, mais je ne puis approuver la manière dont on provoque souvent la transpiration : on l'extorque, pour ainsi dire, au corps que l'on torture. En place des bains de vapeur, qui excitent ou remplacent la transpiration, je fais volontiers usage des fleurs de tilleul, sous forme de tisane. Celle-ci a une efficacité
remarquable contre la vieille toux, contre les embarras du bas ventre provenant d'un engorgement des reins. »
Les campagnards vaudois font un très fréquent usage des fleurs de tilleul ; dans les rudes labeurs de l'été, ils boivent cette tisane en guise de rafraîchissement et, qu'on soit aux foins ou à la moisson, la ménagère place souvent dans le panier aux provisions, une cruche de thé de tilleul.
Les membres de notre société suisse de tempérance en font également un usage fréquent, soit sous forme de thé soit en limonade. On en fait un sirop doux et calmant qui peut remplacer celui de Capillaire.
On fait aussi des bains de tilleul et des lotions calmantes et antispasmodiques.
Le mucilage épais des fleurs et de l'écorce qui est très émollient réussit couramment à la campagne contre les brûlures et surtout contre les diarrhées. Cette dernière aflection est très souvent due à nue irritation de la muqueuse contre laquelle les astringents no réussissent j)as toujours.
On retire, dans le Nord, du tronc des tilleuls, par incision, une sève sucrée qui fait une boisson fermentée agi'éable; on est aussi parvenu, paraît-il, à extraire des graines de tilleul de l'huile et à faire de ses fruits une sorte de chocolat.
On sait combien les abeilles sont friandes de ses fleurs et quelle est la valeur du miel qu'elles en retire.
Tilleul, voir Tilia.
Tormentille, voir Fotentilla.
Trifolium alpimm L. (Réglisse de montagne.) — Le
Trèfle des Alpes, qui croît dans nos pâturages alpins, entre 1800 et 2200 mètres, n'a point l'aspect des trèfles de nos plaines. Son port absolument nain, ses longues fleurs roses, portées chacune sur un pédoncule le distinguent à première vue de ses congénères.
Il a une longue et volumineuse racine douceâtre qui offre une certaine analogie avec celle de la Réglisse dont elle est un succédané dans nos régions alpines.
Triticum repens L. (Chiendent, Grammont.) — C'est l'une des plus détestables d'entre les herbes qui envahissent nos jardins et nos terres cultivées ; son rhizome très traçant a bientôt fait de remplir une pièce de terrain quand il y trouve de bonnes conditions de développement. Le Chiendent appartient aux graminées; c'est un froment stérile, l'une des rares plantes cosmopolites qu'avec le roseau, on retrouve sur toute la surface de la terre.
Et cependant ce rhizome si détestable pour les cultivateurs est d'un usage fréquent en thérapeutique. Il contient du sucre, de la gomme d'une nature spéciale, des substances azotées, enfin un principe particulier qu'on a nommé triticine.
La racine de Chiendent est fréquemment utilisée pour préparer une boisson mucilagineuse, apéritive, rafraîchissante et diurétique. On l'emploie dans les maladies du foie, la jaunisse, les calculs biliaires, les coliques néphrétiques, l'inflammation des reins et de la vessie.
Les chiens et les chats en mangent les jeunes feuilles pour se faire purger.
On récolte les rhizomes en automne, on les sèche à l'étuve et on les conserve au sec.
Le Gros Chiendent (Panicum Dactylon L.\ qui croît dans les lieux incultes, a les mêmes propriétés.
Trollius europaeiis L. (TroUe, Globe d'or, Boule d'or.) (fig. 107). — C'est cette belle fleur de Renoncule jaune clair, au parfum délicat, à la fleur globuleuse, toujours fermée qu'on rencontre dans les pâturages frais de nos régions montagneuses.
Sa racine, noire, est très âcre et est utilisée comme purgative.
TropœoJimt majiis L.
— La Capucine dos jardins, originaire du Pérou, est introduite dans nos jardins dej)uis la fin du XVIP siècle.
Toutes ses parties ont une saveur âcre qui rappelle celle du cresson.
Elle a des propriétés stimulantes et antiscorbutiques.
Ses fleurs, ses boutons et ses graines, conservés dans le vinaigre â la manière des cornichons, sont un excellent condiment. Dans beaucoup de ménages ils remplacent les câpres dont ils se rapprochent beaucoup.
Le suc de la capucine est une teinture jaune solide mais peu agréable à la vue.
Les fruits mûrs et desséchés sont un bon purgatif.
Dans les affections de poitrine le suc exprimé de capucine pris tous les jours fait diminuer la toux et l'expectoration et assure le rétablissement.
Tussilago Farfara L. {Petasites Farfara Bail., Pas d'âne, Taconnet, Chou de vigne.) — C'est l'une des plantes les plus répandues ; ses fleurs jaunes, en capitules isolés, apparaissent les toutes premières au sortir de l'hiver et avant que ses feuilles, qui sont grandes et orbiculaires, aient eu le temps de sortir du sol.
Ces fleurs, récoltées à leur épanouissement et séchées à l'ombre, puis conservées au sec, sont l'un des remèdes les plus populaires. Elles ont un léger goût de réglisse, sont sudorifiques, diurétiques, emménagogues, mais surtout adoucissantes et pectorales. On les donne contre la toux, les rhumes et toutes les inflammations des voies respiratoires.
Les Suédois fument ses feuilles en cigares.
Le suc de tussilage à doses élevées a une action antiscrofuleuse puissante et plus énergique que celle de la feuille de noyer et du brou de noix.
T. officinalis Mœnch. {T. Petasites L., Grand Pas d'âne, Chapelière, Contre-peste, Herbe à la peste, à la teigne, aux teigneux, etc.) — Cette espèce diffère sensiblement de la précédente; ses capitules de fleurs, d'un j'Ose violacé, sont réunies en épis dressés. Elle croît le long des eaux et dans les prés humides.
La plante entière répand une odeur désagréable; sa racine est vermifuge, sudorifique et astringente. On l'applique sur les tumeurs et les ulcères. Ses fleurs sont également pectorales.
Ses larges feuilles servaient, autrefois, au traitement de la teigne.
Les T. alba et nivea (Petasites albus et niveus) (fig. 108) qui hantent les lieux frais de nos montagnes, ont bien qu'à un degré plus faible, les mêmes propriétés.
Urtica. — Les Orties, elles aussi, ont leur importance en médecine. Nos deux espèces indigènes (U. dioica L. et U. iirens L.), servent à rubéfier la peau et réveiller la sensibilité dans les cas de paralysie, a})oplexie et léthargie, en la fouettant avec des Orties. Aujourd'hui on leur substitue les sinapismes.
Kneipp en fait un très grand cas. « Les orties fraîches, dit-il, ou desséchées et prises en forme de tisane, résolvent les engoi-gements de la ])oitrino et du poumon; elles dél)arrassent l'estomac des matériaux qui y ont Sfc^journé trop longtemps, en les faisant rejeter principalement par l'urine. »
« Les racines d'ortie sont plus efficaces encore que les feuilles, soit qu'on s'en serve en été quand elles sont vertes, soit en hiver quand elles sont desséchées. Une décoction semblable est à même de guérir un commencement d'hydropisie et, en général, de délivrer l'organisme des sucs morbides. »
L'Ortie, à l'état jeune, est un excellent légume qu'on
apprête à la manière des épinards ; on en fait aussi de bonnes soupes saines et nutritives. C'est un dépuratif excellent.
Le remède populaire suivant réussit quelquefois contre l'incontinence nocturne d'urine, chez les enfants; semence d'ortie pilée 16 gr., farine de seigle 60 gr.; mêlez et faites, avec un peu d'eau et du miel, une pâte dont vous formerez 6 petits gâteaux qu'on fait cuire au four. On fait manger un de ces gâteaux tous les soirs pendant quelque temps.
Vaccinium Myrtiïliis L. (Myrtille, Embrune, Embresaille, Airelle noire, Vigne de montagne. Raisin du pauvre.)
Son fruit, dont on fait des sirops, compotes, conserves, boissons fermentées, est rafraîchissant et antidiarrhéique.
On en fait une conserve astringente propre aux dyssenteries ou diarrhées chroniques.
Kneipp dit à son sujet : « Toute maison devrait faire sécher une quantité de myrtilles, afin de les conserver pour l'année. On en introduit deux ou trois poignées dans un bocal qu'on emplit ensuite d'une bonne eaude-vie. L'extrait de myrtille qu'on obtient ainsi est une médecine d'autant plus forte et plus efficace qu'on aura laissé plus longtemps (même plusieurs années) les fruits en macération. »
« Soufirez-vous d'une petite diarrhée, prenez de temps à autre quelques myrtilles crues, mais desséchées ; mâchez et avalez-les. Bien souvent ce petit médicament vous suffira. J'ai vu, dans de grandes villes
d'eau, des baigneurs qui, pour prévenir certaines surj)rises désagréables au milieu de leurs promenades, recevaient de leur hôtelière prudente et expérimentée, de ces pilules antidiarrhéiques avant de se mettre en route. »
La tige et les feuilles de myrtilles sont utilisées, dans le Nord, au tannage des cuirs.
Les baies desséchées au soleil ou à l'étuve donnent, mêlées à de reau,un petit vin rouge aigrelet très agréable.
Sa baie sert encore à colorer les vins blancs en rouge, à faire de l'encre bleue et de la teinture d'un bleu noir.
Le V. Vitis Idem L. a des baies rouge vif et un feuillage vert gai, persistant. Son fruit est diurétique; il se mange cru ou en
confitures. Fig. 109 — Valei •iana officinalis.
Les V. ulighiosum L. et oxycoccos L. sont astringents et digestifs. La culture des Vaccinium est assez difficile; voir Les plantes alpines ».
Valeriana officinalis L. (Valériane sauvage, V. officinale, Petite Valériane, Herbe aux chats, H. Saint- George, H. à la meurtrie.) (fig. 109). — C'est une plante vivace indigène, bien connue à cause de son odeur qui attire les chats qui l'aiment avec passion.
Toutes les parties de la plante sont odorantes mais c'est sur la racine que se concentrent surtout les principes pharmaceutiques qui en font la valeur. Sa saveur est acre et amère, son odeur pénétrante et désagréable.
Elle est très efi&cace comme tonique et antispasmodique; c'est un excitant puissant qui agit sur le cerveau à la manière des narcotiques et cause des éblouissements et des contractions nerveuses.
La valériane réussit souvent dans l'épilepsie essentiellement nerveuse. On la met en outre en usage à la campagne contre une foule d'affections nerveuses indéterminées et qui se rapportent à l'hystérie, affections désignées vulgairement par les noms de sjxismes, migr'aine, anxiétés, terreurs paniques, vaxmirs, vertiges, maux de nerfs, etc. Elle réussit bien mélangée à des feuilles d'oranger.
Les feuilles de valériane sont détersives et réussissent contre les ulcères atoniques. En médecine on se sert de préférence des valérianates pour combattre les affections nerveuses.
Elle est un purgatif pour les chats qui se livrent, autour de sa racine, à toutes sortes de gambades et de sauts comme si cette odeur les enivrait.
On la cultive en grand, dans certains pays, pour la médecine.
Le V. Phu L. (Grande Valériane, V. des jardins, Encens de terre) était très usitée chez les anciens ; toutefois ses propriétés, quoique identiques, sont moins accentuées que chez la V. officinale. D'ailleurs, toutes
les Valérianes de nos contrées possèdent, dans une proportion plus ou moins forte, ces mêmes propriétés.
V. celtica L. (Valériane celtique, Nard des anciens, Nard des Alpes.) — C'est une espèce qui, autrefois abondante dans certaines régions élevées de nos Alpes, est devenue rare par suite de la grande exploitation qui, depuis de longs siècles, se fait de sa racine. C'est le fameux Nard celtique des anciens qui le connaissaient sous le nom de N ardus gallica ou de PJi u. Plinii.
Elle trouve peu d'applications en médecine, grâce au fait que ses congénères sont plus actives et plus répandues. Mais la parfumerie utilise depuis très longtemps l'essence aromatique contenue dans sa racine et qui a, paraît-il, la propriété d'adoucir et d'affiner la peau, Celse la fait entrer dans la préi)aration antidote et on l'a considérée comme diurétique.
Les Turcs et les Egyptiens en font grand cas et l'utilisent pour aromatiser les bains do leurs sultanes. Il s'en expédie annuellement des Alpes italiennes et tyroliennes des tonnes en Egyi)te et en Turquie. Son parfum rappelle un peu, mais en beaucoup plus fin et délicat, celui du Patchouli.
Veratnim album L. (Varaire, Hellébore blanc, Véraire, Vératre.) — C'est cette grande plante vivace, aux belles feuilles ovales, nervées, plissées, qui croît dans les pâturages des régions alpines et qui ressemble, quant à son port et à son feuillage, à la gentiane jaune. Ses fleurs sont verdâtres et disposées en longs épis dressés.
Toutes ses parties, mais surtout son rhizome, qui est seul utilisé, sont douceâtres, puis amères au goût et finalement très acres. C'est un poison narcotico-âcre très violent qui exerce une action très énergique sur la peau et les muqueuses. Sa poudre, inspirée, provoque de violents éternûments. Administrée à l'intérieur elle provoque la salivation et détermine une sensation de chaleur dans l'estomac. A dose élevée elle devient
toxique, provoque des vomissements accidents et des cholériformes. Sous son influence on éprouve une augmentation de sécrétions urinaires et de transpiration :
il émousse la sensibilité.
La teinture alcoolique d'éllébore blanc, employée en frictions contre les taches hépatiques, les guérit rapidement. En médecine Fig. 110 — Veratmm nignam. on emploie seulement son
principe actif, la veratrine, dans la névralgie, le rhumatisme aigu, les affections oculaires.
On l'a employée comme sternutatoire, vomitif, purgatif, antispasmodique. On l'emploie contre la gale et elle est surtout utilisée en médecine vétérinaire. La médecine homœopathique l'utilise comme un spécifique contre le choléra.
Le V.îiigrum (fig. 110) qui croît dans les Alpes orien-
taies, le Tyrol, les Alpes italiennes, etc., possède les mêmes propriétés mais en moins fortes proportions.
En pommade on l'emploie avec succès dans les dartres invétérées.
L'éllébore noir est un très bon vermifuge employé avec prudence.
Les anciens Ibères ou les Espagnols des premiers âges se servaient de son suc pour empoisonner leurs flèches. C'est, très probablement, l'Hellébore des anciens.
On le cultive dans nos jardins comme plante de décoration; isolé dans une pelouse ou dans un rocher de plantes alpines, il fait un très bel effet. Il lui faut un sol profond et plutôt frais que sec.
Verbasmm (Molène.) — C'est un genre nombreux, a|)l)artenant à la famille des Scrophularinées et dont la |)lupart des représentants ont des propriétés adoucissantes et légèrement narcoticiues.
V.TJiapsusL. (Bouillon-lilanc, Bonhomme.) — C'est une plante bisannuelle qu'on rencontre dans nos lieux arides et rocheux, en plein soleil. Du centre d'une grosse rosette de feuilles veloutées-argentées s'élève la tige qui, parfois, atteint près de 2 mètres et acquiert un caractère presque ligneux ce qui fait qu'on l'utilise, dans certaines contrées, pour en faire des cannes. Ses belles rieurs jaunes sont disposées en un long épi terminal autour duquel elles se succèdent tout l'été durant.
Ses fleurs, qu'on doit récolter à leur épanouissement |)uis sécher à l'ombre et conserver au sec, ont une légère odeur de violettes. Elles sont adoucissantes et pectorales et l'on en fait des infusions ou des gargarismes
dans les rhumes, les maladies de la gorge, les engorgements de la poitrine et la respiration gênée. On en fait aussi des cataplasmes émollients.
C'est surtout dans les affections du tube intestinal et dans celles des voies urinaires, à l'état aigu que l'infusion peut rendre de grands services. Il est nécessaire de la passer avant de la prendre, parce qu'il existe sur les fleurs de petits poils qui pourraient irriter la gorge et provoquer la toux.
Ses feuilles sont utilisées en décoction pour calmer les épreintes de la diarrhée et de la dysenterie et en fomentation contre les brûlures. Bouillies dans du lait on en fait des cataplasmes qu'on applique sur les furoncles, les panaris, les hémorrhoïdes. Ecrasées et appliquées localement elles guérissent rapidement les plaies que les mendiants se font avec la Clématite ou la Renoncule pour exciter la charité publique. Ses feuilles, grâce à leur nature laineuse, peuvent servir, dit Cariot, de mèches pour les lampes.
Les graines sont un stupéfiant propre à endormir les poissons.
Verbena officinalisL. (Verveine officinale. Herbe aux sorcières, H. du sens, H. du foie, H. sacrée.) — C'est cette petite herbe aux fleurs lilas, disposées en épis grêles et dressés, aux feuilles incisées et opposées, aux formes ébouriffées, qui hante les bords de nos routes et nos guérets stériles.
Elle est légèrement am ère et aromatique et s'applique, dans les campagnes, en cataplasmes dans les contusions et les blessures ou bien, avec du vinaigre, dans les pieu-
résies. En Savoie on considère ses feuilles comme souveraines contre les maladies de poitrine.
C'est, dit Dufour, l'une des plantes auxquelles l'imagination et la. superstition ont accordé un brillant cortège de propriétés merveilleuses. On la faisait entrer dans les pratiques religieuses chez les Druides qui ne la cueuillaient qu'après des cérémonies mystérieuses. Elle jouait un grand rôle dans la magie, la sorcellerie et on l'associait au Gui pour prédire l'avenir. Les Romains en faisaient usage pour purifier les autels, et l'eau dans laquelle on avait trempé la Verveine était répandue dans les salles de festins pour disposer les convives à la gaieté. Les jeunes mariés en mettaient dans leurs vêtements comme gage de bonheur et on était persuadé qu'en la suspendant aux lits on neutralisait les influences des êtres pernicieux. On en composait des philtres l)0ur ranimer l'amour prêt à s'éteindre et on la faisait outrer dans une foule de pré[)arations médicales.
A l'heure qu'il est elle ne joue qu'un rôle effacé en médecine.
Veronica officinalis L. (Véronique officinale, V. mâle. Thé d'Europe, Thé du Nord.) — C'est une i)etite plante rami)ante qui hante les taillis et les bois de nos régions montagneuses et dont les fleurs lilas sont peu brillantes.
On en récolte les sommités fleuries en Juin- Juillet, on les sèche à l'ombre et l'on en fait des infusions qui sont amères, aromatiques, excitantes et stimulantes et qu'on donne pour augmenter la sécrétion urinaire et facilite!* l'expectoration ainsi que la transpiration.
On remploie surtout dans les affections de poitrine et comme sudorifique.
Verveine, voir Ve^-hena.
Vinca major L. et V. minor L. (fig. 111). — La grande et la petite Pervenche, sont communément cultivées dans nos jardins. Cette dernière était la fleur favorite de notre concitoyen J.-J. Kousseau et nous la rencontrons, dans notre pays, sous trois couleurs différentes c'est à
les maladies de poitrine.
Viola. — Ce genre. Violettes ou Pensées, contient plus d'une espèce utilisée en médecine. Il y a d'abord la violette odorante de nos haies, Viola odorata L., qu'on cultive pour son parfum et dont on récolte les fleurs qu'on sèche à l'ombre et qu'on conserve au sec pour des tisanes et des sirops. On les emploie en infusions comme émollientes, béchiques, légèrement laxatives et aussi pour le traitement de
dire à fleurs blanches, bleues et rouges. Elle hante les bords des haies, les bois et les taillis des contrées les plus chaudes de l'Europe.
Flg. 111 — Vinca minor.
Les pervenches sont amères, astringentes, dépuratives et fébrifuges.
La petite pervenche fait partie des vulnéraires suisses et dans nos campagnes on l'utilise contre
toutes les maladies intiammatoires et notamment des lièvres éruptives.
La racine est vomitive; elle contient une matière âcre et vireuse qu'on appelle Violine et que Bâillon déclare être le meilleur succédané de l'ipécacuanha. Ce pj'incipe existe, d'ailleurs, dans toutes les parties de la ])Iante et jusque dans ses graines.
Kneipp tient la violette odorante en haute estime. Il recommande ses feuilles séchées ou ses racines pilées, après cuisson, comme un excellent remède pour la coqueluche et la forte toux. Les adultes, dit-il, se guérissent d'une coqueluche invétérée en prenant 3 fois par iour une tasse de la même tisane.
« Les phtisiques s'en servent également, dit-il, pour adoucir la toux et résoudre le phlegme. » Cette tisane rend encore des services pour les maux de tête, dans les enflures du cou (en gargarisme et en s'en roulant autour du cou un linge imprégné de cette infusion.) On en fait des sirops et l'on confit ses fleurs qui conservent, dans leur vêtement sucré, tout leur ])arfum.
Les feuilles de violette, écrasées et appliquées en forme de cataplasme, rafraîchissent et dissolvent les tumeurs ardentes.
Le V. calcarata i^. (Pensée des Alpes), est cette belle l)cnséeaux grandes fleurs d'un bleu violacéqui émaille, en juin-juillet, les pâturages de nos Alpes et de notre Jura. Son agréable parfum et la beauté de ses fleurs l'ont depuis longtemps signalée aux amateurs de jardins alpins; elle est, dans nos rocailles, l'un des ornements les plus estimés.
Sa fleur, récoltée à son éclosion, séchée à l'ombre, puis conservée au sec, est très estimée de nos montagnards qui l'utilisent en tisanes dans les rhumes et les maux de gorge.
Le V. tricolor L. (Pensée sauvage, Herbe de la Trinité), est la petite pensée des champs qui croît partout dans nos lieux cultivés et qu'on récolte entière, au moment de sa floraison, pour la dessécher à l'ombre et en faire des tisanes béchiques, expectorantes, mucilagineuses qu'on emploie aussi comme un dépuratif au printemps.
On fait macérer la pensée sauvage à la dose de 4 à 8 gr. dans 250 d'eau chaude pendant la nuit ; on fait bouillir ensuite, et on l'administre à jeun avec du lait sucré aux enfants atteints de croiites de lait. Après 15 à 20 jours de ce traitement les enfants sont à peu près guéris.
Violette, voir Viola.
VisGim album L. (Gui.) — C'est une plante fort curieuse et des plus intéressante, que les agriculteurs détruisent dans leurs vergers où elle passe pour nuire aux arbres fruitiers.
En Savoie et dans le Piémont on utilise son bois contre l'épiiepsie.
Dans les toux convulsives, toux rebelles la poudre de l'écorce amène rapidement une diminution sensible.
Pauvre vieux Gui, relique des âges passés, allons-nous te voir aussi disparaître comme un témoin suranné des antiques coutumes de nos pères? Faut-il que, toi aussi, tu sois condamné par cette civilisation moderne qui
n'admet de place au soleil que pour l'utile et le nécessaire ?
On te bannit des vieux vergers et tu te fais honnir jusque sur les arbres des forêts oii pourtant tu ne fais pas grand mal. Ton malheur c'est l'antiquité de ta race, c'est la forme surannée de ton vêtement. Ce siècle utilitaire n'admet pas la poésie et le rêve; et toi, tu nous ])ousses à la contemplation, à la mystique évocation des choses d'antan. Quand le lutteur de cette fin de siècle a le temps de jeter un regard sur toi il s'arrête saisi et se demande d'oii tu viens, qui tu es, ce que tu fais là sur le bois moussu d'un pommier qui se meurt ou dont la sève s'endort. Et dans son rêve que tu reportes vers le passé le poète revoit ces temps mystérieux où le druide, à l'an qui commençait, vêtu de sa tunique blanche, montait au chêne sacré, y cueillait, de sa faucille d'or, tes branches chargées de leurs pommes blanches et les jetait au peuple en criant : A71 gui Van neuf.
En ce temps-là tu bénissais et rendais féconds les troupeaux, tu neutralisais l'effet dos plus violents ])oisons, tu guérissais répilejjtique, le paralytique et Thystérique, tu exer(;,ais sur notre humanité une influence bienfaisante et salutaire. Aujourd'hui tu n'es plus rien et ton rôle a pris fin; tu n'es qu'un vulgaire parasite condamné par l'économie agricole!
Et pourtant, le souvenir de ta gloire passée est resté si vivace chez les descendants des vieux Celtes que tous les peuples qui en proviennent ont encore un reste de vénération que notre génération nomme superstition.
Le Gui de l'an neuf sera toujours vénéré et quand
on t'aurait chassé de nos bois encore faudrait-il t'ai 1er chercher ailleurs car sans toi nous ne fêterions plus le vrai Noël. Ta présence en nos maisons nous est un cordial et une garantie de bonheur. Que si la foi en tes vertus s'en est allée, que si les coutumes de nos pères ont disparu de nos mœurs, que si les vieux rites sont morts, au moins nous restes-tu encore comme un vestige de la foi des ancêtres et ta présence est nécessaire à nos Noëls!
Vis donc, crois et multiplie, mystique relique des âges disparus et qu'avec les menhirs de Carnac, les dolmens de la sombre Bretagne et les cromlecks des Gallois, nos enfants puissent encore longtemps ouïr les rythmes plaintifs des mélodies sacrées d'antan.
Les clic/lés de plantes qid ornent ce volume nous ont été obligeamment prêtés par la maison Vilmorin, Andrieuœ tV C'^ de Paris.
Calondula officinalis . . 73
Caltha palustris. ... 73
Cannabis sativa .... 74
Cardamine amara ... 74
» pratensiw .... 74
Carduus Marianus ... 74
Carlina acanthifolia . . 74
» acaulis 75
Carum Carvi 76
Centaurea amara ... 77
» calcitrapa. . . . -77
') cyanus 77
•) jacea 77
» montana .... 77
» nigra 77
Cetraria Islandica . . .144
Chelidonium majus . . 78 Chenopodiuni Bonus Hen-
ricus .... 78
Cbrysanthemum indicum 79
» sinense .... 79
Cichorium Intybus . . 79
Cicuta vivosa ... 81
Ciniieifuga fœtida ... 81
» racemosa .... 81
Clematis Vitalba ... 81
Cochlearia Armoriaca . 82
» officinalis .... 82
Colchicum officinale . . 83
Colutea arborescens . . 84
Conium maculatum . . 84
Convallaria niaialis . . 85
Convolvulus arvensis . 86
Coriandrum sativum . . 86
Corydalis bulbosa ... 86
') tuberosa .... 87
Crambe maritima ... 87
» Tatarica .... 88
Crocus sativus .... 88
Cucumis sativus ... 89
Cucurbita maxima . . 89
Cuminum Cyninium . . 89
Cyclamen europseum . . 89
» hedersefolium . . 90
Cyclamen Neapolitanum . 90
Cydonia vulgaris . . . 90
Cynara Scolymus ... 92
Cyiioglossum officinale . 92
('yprii)('dium Calceolus . 93
Cytisus alpinuK .... 94
» Lai)urnum ... 94
Daphne cneorum . . . 95
» Mezereum ... 95
Datura Stramonium . . 96
» Tatula 96
Daucus Carotta . . . . 97 Delphinium Cardiopeta-
lum ..... 9îS
» Consolida .... 98
» elatum ..... 98
» Staphysagria . . 98
Dentaria bulbifei-a . . . 99
» digitata .... 99
» pinnata .... 99
Dianthus Caryophillus . 10(»
Dicta m nus albus . . . lOo
. Fraxinella . . . lOo
Digitalis grandiflora . . 102
» ferruginea . . . 102
' lutea 102
» purpurea .... 102
Doronicum Pardalianches 103
Dryas octopetala . . . 104 Echinops Ritro . . . .104
» sphferocephalus. . 104
Echium vulgare . . . 104
Equisetum arvense. . . 105
« maximum . . . 105
» sylvaticum . . . 105
Eryngium alpin um . 107
" amethystinum . . 10()
» Bourgati .... 106
" campestre. . . 10(i " cœuleum . . . .100
» creticum .... 106
» Giganteum . . . 10(i
>• plauum .... lOii
« spino-alba . . . 106
Erysimum officinale . . 230
ErythriPa Centaureum . 107
— 2(il -
Eucalyptus amyffdaliua
■> botrioïdes . . .
•> calophylla.
capitellata
•) coiossea . . .
ffieantea . . .
» ûlobulus . . .
■> goniocalyx
» Guunii . . .
» aymnocalyx .
leucoxylou . .
> niacrorhyucha .
» macula ta .
■> inarffinata
" saligiiH
» sideroxylon .