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AU PAVOT DES ALPES

Au Docteui- H. Gotjdet.

Fille des noirs pierriers qui fleuris sur la peute

Au sein des blocs épars, Bravant les froids autans, la ueige, la tourmente

Et les sombres brouillards.

J'aime à voir au matin briller fraîche et joyeuse

Ta fleur d'or et d'argent, A la voir frissonner sur l'arête neigeuse

Et sous les coups du vent.

Est-il vrai que ta coupe, au foud de son calice

Cache un venin subtil ?

Que ton parfum produit une ivresse factice

Qui n'est pas sans péril ?

Est-il vrai que ta fleur, perfide enchanteresse.

Contient dans son encens Un narcotique obscur qui sait, avec adresse,

Engourdir tous nos sens ?

Quoi ? De toi sortirait un malfaisant génie ?

Ce sont de sots dictons !

Non, je t'aime et ne puis croire à ta perfidie

Petit Pavot des Monts.

Farietaria officinalis L. (Pariétaire, Casse-pierre, Perce-murailles.) — Plante vivace, toute garnie de poils crochus, aux feuilles molles, souvent rougeâtres, aux petites fleurs verdâtres disposées en glomérules. Elle hante les vieux murs, les ruines, les rues des villages, les décombres et passe pour être riche en azotate de potasse.

C'est une herbe émolliente, qui passe pour adoucissante, rafraîchissante, très fréquemment employée comme diurétique en mélange avec la barbe de maïs et les queues de cerises.

Paris quadrifoUa L. (Parisette, Pariette, Raisin de Renard.) — C'est une plante bien connue, qui croît à l'ombre des bois dans nos régions montagneuses et dont les quatre uniques feuilles sont verticillées en

forme de croix ; à sa fleur verdâtre succède une baie noire qui possède des propriétés vénéneuses.

La Parisette est une plante énergique; elle produit sur nos organes, selon les doses, des effets divers.

C'est un vomitif aussi sûr que l'ipecacuanha employé à la dose de 1 à 3 grammes de racine ou poudre.

Patience sauvage, voir Rumex.

Pavot, voir Papaver.

Pêcher, voir Prunus Persica.

Pensée sauvage, voir Viola tricohr.

Persil, voir Petroselinwn sativmn.

Pervenche, voir Vinca.

Petasites, voir Tussïlago.

Petroselinum sativum Hoffm. (Persil.) — C'est un condiment très répandu dans les cultures et très apprécié par nos cuisinières. Originaire du midi de l'Europe, on cultive le Persil dans tous les pays civilisés et l'horticulture en a obtenu plusieurs formes et variétés.

Toutes ses parties ont une odeur aromatique, anisée et térébenthinée, ce qui lui donne sa valeur culinaire. En médecine on utilise sa racine pour provoquer la sécrétion de l'urine et pour des cataplasmes qu'on applique sur les engorgements des mamelles.

C'est un excellent antiseptique, très recommandé par Andrese. C'est également un très bon fébrifuge. Il remplace parfaitement le sulfate de quinine dans les fièvres de nos contrées. Aux maladies du pays on trouve toujours de remède qui se rencontre naturellement dans la nature sans avoir recours aux plantes exotiques. Sa graine est, avec Tache, l'anis et la carotte, une

des quatre semences chaudes. Elle est un stimulant et un carminatif et renferme le beurre de persil, matière grasse, fusible à 23 degrés et un liquide oléagineux, à odeur forte, très vanté, sous le nom d'a^nol, comme antinévralgique et emménagogue. La racine de Persil est employée en médecine; c'est l'une des cinq racines apéritives. Voici un remède poptdaire qui réussit très bien pour guérir les ulcères de mauvaise nature, les plaies gangréneuses etc.

Prenez suc de persil, 3 cuillerées à bouche, sel et poivre pulvérisés de chaque 1 cuillerée h bouche, vinaigre fort 500 grammes, faites macérer 3 jours, passez. On en imbibe des compresses.

Physalis Alkekengi L.

{Alkékenge, Coqueret, Fig. 85 - Physalis Alkekeugi.

Physalide, Lanterne)(tig.

85).— C'est une Solanée vivace, au rhizome très envahissant, aux fleurs d'un blanc jaunâtre, peu apparentes, mais auxquelles succède un fruit entoui"é d'une vésicule renflée, d'un rouge brique ardent, munie de côtes comme un falot et tout à fait semblable à un ballon ou vessie gonflée. Le fruit lui-même est une baie rouge, assez semblable à celle du pommier d'amour ou cerisette. 11 est très recherché des merles, et dans

quelques endroits on l'emploie à colorer le beurre en rouge. Sa chair est rafraîchissante et sudorifique. C'est un précieux spécifique contre les rétentions d'urine; en outre, il est laxatif. On l'emploie comme purgatif léger dans les campagnes et il fait partie du sirop de rhuharde composé. Dans les contrées humides ou régnent les fièvres, la poudre d'Alkekenge, guérit la plupart des malades atteints de fièvres intermitentes. La dose est de 4 à 16 grammes de poudre de la plante entière.

Pied d'alouette, voir Delphinium.

Pimpinella magna L. (Grande Pimpinelle ou Grand Boucage, Bouquetine.) — C'est une Ombellifère vivace qui croît dans les pâturages et taillis de la région montagneuse et alpine et dont les fleurs, en ombelles comme celles de la Carotte, passent du blanc au rose et même au carmin vif, dans la haute montagne.

Sa racine, à odeur forte et à saveur amère, est astringente, tonique et stomachique.

Le P. Saxifraga L. (Pimpinelle blanche ou petit persil de bouc), croît sur nos rochers, le long de nos chemins et dans les pentes sèches des basses régions. Il a les mêmes propriétés que l'espèce précédente et est même plus usité qu'elle.

Piniis. — Le genre Pinus renferme un grand nombre d'espèces dispersées sous toutes les zones et latitudes. Chez nous le Pinus sylvestris L. et le Pimts Cemhro L. (arole) sont les plus répandus.

Le premier (Pin du Nord, Pin d'Ecosse, Pin de Russie, Pin suisse, Pin de mâture, Daille), croît surtout dans le Nord et son aire géographique s'étend sur une grande

partie de l'hémisphère boréal. Il forme encore de jolies forêts en Laponie et monte dans nos alpes jusqu'à l'altitude de 2,000 mètres.

Les bourgeons de pins sont fort estimés pour leur odeur balsamiques pour leurs propriétés béchiques. M. Andreae en fait un extrait qu'on nomme essence de pins et qui est très usité dans nos maisons oiî on utilise ses propriétés antiseptiques et béchiques soit pour assainir l'air des appartements soit pour des inhalations dans les affections des voies respiratoires et des poumons. Il est sui-tout bon dans les époques d'épidémies.

Des rameaux et des feuilles des Pins on tire la laine de pin, qui s'emploie à l'état d'ouate, de fil ou de tissu et qui a une bonne odeur de bourgeons frais. On l'utilise en applications extérieures contre les bronchites, les rhumes, etc. On en fait des matelas hygiéniques qui neutralisent les effets pernicieux des miasmes et des tissus qui remplacent avec avantage les llanelles et crêpes dits de santé.

On tire du Pin sylvestre une térébenthine excellente dont, par distillation on obtient Vessence, qui agit à l'intérieur comme stimulant, irritant et même rubéfiant. A haute dose, elle tue le taenia, les ascarides, les lombrics, et autres vers; elle est employée à l'extérieur en onguents ou emplâtres contre la goutte, les rhumatismes, les névralgies et surtout contre la sciatique. Le résidu qui reste après la distillation complète de l'essence de térébenthine constitue la colophane qui est utilisée en grand dans l'industrie et dans la médecine comme hémostatique mécanique pour arrêter le sang des

sangsues ainsi que pour divers emplâtres. La colophane entre dans la composition de beaucoup d'emplâtres.

C'est du Pin sylvestre qu'on obtient le goudron végétal dit de Norvège et Vhuile de goudron. Le goudron de Norvège agit à l'extérieur comme antiseptique; il empêche la putréfaction des matières organiques. Il s'administre, à l'intérieur, sous forme d'eau de goudron, de pilules, pastilles, sirops, etc., dans les affections catarrhales.

« L'Hidlede pin, dit Empeyta, s'emploie avec succès, « en frictions, au début de la paralysie et de l'apoplexie; « quelques gouttes dans de l'eau sucrée sont souveraines « contre les crampes d'estomac, les névralgies, et peu- « vent arrêter l'hydropisie, à son début, du moins ; on « en fait un savon de toilette et un excellent cosmétique « pour la peau.

« VEsprit de pin s'emploie aussi en frictions contre « les migraines, vertiges, lassitudes inexpliquées, mais « il est surtout recommandable aux personnes qui n'ont « pas le moyen ou la force d'aller respirer les effluves « balsamiques des forêts, car il n'y a qu'à en verser « quelques gouttes sur une pelle chaude pour parce fumer utilement un appartement pendant plusieurs « heures.

« L'extrait solide de feuilles de pin, à la dose de cent « grammes, dissous dans l'eau, donne un bain médical « qui contient tous les principes des eaux de Franzen- « bad, recommandées contre la goutte et les maladies « de la peau. »

L'arole n'est guère utilisé en médecine mais ses

graines, qui renferment une grosse amande au goût de noisette, sont très appréciées des montagnards qui en font même de l'huile.

Pyrola rotimdifolia L., secimda L., minor L. sont trois espèces d'un genre intéressant qui semble avoir pour principal caractère de se cacher sous bois et de fuir le bruit, la poussière et le soleil. Ce sont, surtout chez la première, de jolies fleurs en grappes, assez semblables à celles du Muguet; mais le feuillage vert foncé, luisant, est si élégant qu'il est certainement la partie la plus ornementale de la plante. Il persiste l'hiver et si la culture des Pyroles n'était pas si difficile, ces i)lantes ])0urraient être considérées comme l'un des meilleui's ornements de nos rocailles ombragées, de nos sous-bois, etc. Ces feuilles sont réj)utées dans les campagnes où on h^s utilise comme astringentes et vulnéraires et dans j)lusieurs affections intérieures eut r autres la diarrhée et la leucorrhé(\ On en i)réi)are aussi des collyres contre les conjonctivités. La pyrola porte le nom, en Amérique, de Winter-green. Ses feuilles sont diurétiques et étaient très employées contre l'hydropisie. Le Winter-green est très employé dans la parfumerie à cause des son huile volatile très pénétrante, à odeur très forte rai)pelant celle de la reine des près.

En Russie on emploie la racine en infusion théiforme contre la gravelle.

Pissenlit, voir Taraxacimi.

Pivoine, voir Paeonia.

Plantago (Plantain). — Ce sont des plantes bien mo-

destes et qui n'offrent aucun attrait à l'œil. Elles ont cependant des propriétés officinales qui font rechercher plusieurs d'entr'elles, entr'autres le P. major L. (Grand Plantain) dont les feuilles sont légèrement amères et vermifuges ; on les ordonnait autrefois contre les crachements de sang, la dyssenterie, les hémorrhoïdes. On en faisait aussi des collyres et ses graines étaient et sont encore en plusieurs endroits, utilisées comme émollientes. Dans l'Archipel, ces graines pilées sont administrées contre la diarrhée. Dans la Suisse allemande et à Bâle on fait une grande consommation du suc de Plantain employé en pastilles sous le nom de Spitzvv^ehgerichbonbons contre les affections de la poitrine.

Le P. lanceolata L. (Herbe aux Charpentiers. H. aux cinq coutures, H. à cinq côtés, H. à la coupure) est regardé comme un excellent vulnéraire; dans les campagnes son épiderme enlevé on applique la feuille sur la coupure ou la blessure et la guérison est rapide, disent les campagnards. La plantain pelé a guéri de mauvaises dartres rebelles et rongeantes.

Kneipp recommande l'emploi du Plantago lanceolata pour l'usage interne comme à l'extérieur. Le suc de sa feuille, dit-il, est excellent pour guérir les plaies et un pansement de ce genre est des meilleurs. On dirait, ajoute-t-il, que le plantain referme la plaie béante par une couture de fil d'or. La tisane, faite avec les feuilles desséchées du plantain, est excellente pour les engorgements internes. Il recommande aussi qu'on récolte, au printemps, les feuilles de plantain pour en extraire

le suc et en faire une boisson. On préviendrait, de cette façon, une foule d'indispositions intérieures qui, semblables à des champignons vénéneux, surgissent du sang et des humeurs corrompues.

Polygala. — Ce genre i-enferme un certain nombre de charmantes plantes dont les fleurs, généralement disposées en épis, offrent les plus jolies teintes du bleu au rose vif. Les P. amara L. et vulgaris L. (Herbe au laitier, Laitier commun) ont une racine très amère, tonique et qu'on utilise comme évacuante. On peut en retirer de grands avantages dans les attections jtulmonaires (bronchites chroniques).

Folygonatum vulgare Desf. (Sceau de Salomon, Herbe à Salomon, signet,

GenOuillet.) (fig. 86). — Fig. 86 — rolygonatum biflomm.

C'est une plante vivace

bien connue, qui hante les taillis et les haies de nos pays et dont le rhizome traçant et horizontal est noueux et porte des empreintes qui réi)ondent à l'insertion de ses rameaux aériens détruits à chaque automne. On dit ce rhizome astringent et on l'utilise comme cosmétique. Mais c'est surtout la feuille qu'on emploie et qui passe pour un vulnéraire efficace bien que, par elle même elle ne paraisse avoir aucune

propriété. Dans le canton de Vaud on les fait macérer dans de l'eau de vie et l'on s'en sert pour guérir les plaies et blessures.

En Suède dans les temps de disette les paysans ont mêlé de ces racines avec de la farine de froment et en ont fait un pain sans qu'il ait été pour cela vomitif.

Polygonum Bistorta L. (Renouée-Bistorte, Grande- Bistorte.) (fig. 87). — C'est une plante vivace à grosse

souche articulée, deux fois recourbée, comme un S, ce qui a valu à la plante son nom spécifique. Sa belle fleur rose en épis court et terminal, est l'un des ornements des pâturages de nos montagnes.

Cette racine, renflée et charnue, a une saveur astringente très forte et Fig. 87 — Polygonum BLstorta. uu peu âcrc ; elle renferme du tannin, beaucoup d'amidon et de l'acide oxalique. Elle est surtout utilisée comme astringent puissant et sous forme de gargarismes dans le scorbut, les aphthes, les maux de gorge, pour tonifier les gencives et la muqueuse de la bouche. Elle entre dans la préparation du Diascordiimi. On l'emploie pour guérir les diarrhées chroniques dans la médecine vétérinaire et nos montagnards utilisent ses feuilles contre les maladies de la peau.

Plusieurs peuples du Nord (Russes), retirent de sa racine l'amidon qu'ils utilisent comme aliment. Ses feuilles cuites se mangent comme légume et ses graines sont également alimentaires ; les Islandais les apprécient beaucoup.

Les oiseaux en sont ti-ès friands.

Le Polygonum aviculare L. (Traînasse), est une mauvaise herbe qu'on rencontre dans les lieux les plus stériles. Il renferme un principe colorant en bleu, tout à fait semblable à l'indigo. C'est une plante vulnéraire et astringente; ses graines, purgatives pour l'homme, sont recherchées avec avidité par les petits oiseaux. Presque toutes les diarrhées qui ont résisté à l'opium et aux astringents connus cèdent rapidement à une forte décoction de cette plante.

Le Polygonum hydropiper. [Persicairê acre L. Poivre d'eau) est une espèce amphybie qu'on rencontre dans les marécages ou sur le bord des eaux. Sa racine possède une saveur forte, brûlante, semblable à celle du j)oivre qui, appliquée sur la peau, agit comme un vésicatoire et provoque le tuméfaction. La persicairê s'emploie à l'extérieur comme résolutif et détersif dans les engorgements glanduleux, sur les ulcères. Les graines l)Ossèdent une âcreté prononcée et, en les réduisant en poudre, on pourrait les substituer au poivre.

Poîypodium vulgare L. (Polypode commun, du chêne, Fougerolle, Réglisse sauvage, Bois doux.) (fig). 88. — C'est une Fougère bien curieuse, dont le rhizome charnu et épais a un goût doucereux qui le fait rechercher des enfants et des frondes élevées, persistantes,

élégamment et simplement dentelées. Cette plante croît sur les troncs des arbres, les toits de chaume des campagnes, sur les rochers, les murs, etc.

Son rhizome est seul utilisé en médecine; il est légèrement purgatif et expectorant; on l'utilise surtout pour purger les enfants qui le prennent sans répugnance à cause de sa saveur sucrée. Les campagnards l'emploient communément contre les bronchites invé-

Cette Fougère, sans doute par un reste de superstition druidique, jouit d'une grande réputation parmi le peuple.

Potentïlla reptans L.

(Quintefeuille, Herbe à cinq feuilles, Cinquième, Main de Mars) est une plante très vulgaire dans nos contrées.

Sa feuille mâchée et appliquée sur les gencives passe pour guérir les maux de dents. La racine est astringente et réussit dans les hémorrhagies passives.

Potentïlla Tormentïlla DC. (Tormentille.) — C'est une plante très répandue dans les landes de bruyère et les terrains légers ; elle a de petites fleurs jaunes à quatre pétales et une grosse racine tuberculeuse, inégale, brunâtre, qu'on récolte en été puis qu'on dessèche au soleil ou à l'étuve et qui constitue l'un des meil-

leurs astringents connus. On l'utilise contre les hémorrlioïdes, la diarrhée, la dyssenterie, les hémorrhagies passives, le ramollissement des gencives, les ulcérations de la bouche et de la gorge.

Poterium Sangiiisorba L. (Grande Pimprenelle, Pimprenelle d'Italie, Pimprenelle des montagnes.) — C'est cette herbe vivace aux feuilles composées,aux fleurs brun foncé, disposées en épis serrés et dressés, qui hante les marécages et prés humides de nos régions froides.

Ses feuilles sont utilisées pour leurs propriétés vulnéraires; on les applique, fraîches, sur les plaies et sèches, mais pilées, sur les ulcères. Les Piémontais les utilisent contre les hémorrhoïdes. Sa racine est diurétique et ses feuilles, prises en infusion, passent pour stomachiques. On l'associe au bouillon d'herbes et se mange parfois en salade avec la laitue dont elle facilite la digestion.

Prêle, voir Equisetum.

Primnla officinolis Jacq. (Fleur de coucou. Herbe à la paralysie. Coucou.) — C'est la primevère de nos prairies, celle dont les fleurs, très odorantes, sont réunies en un bouquet retombant, au sommet de la tige et dont la corolle jaune est marquée de cinq taches d'un orangé vif.

On remploie, dans les campagnes, en décoction contre la paralysie et en application contre les rhumatismes. Sa racine était autrefois recherchée comme diurétique et comme sternutatoire; elle contient un principe amer et exhale comme presque toutes les plantes de la famille des Primulacées, une forte odeur anisée. La tisane faite

avec ses fleurs est usitée dans les campagnes où elle est utilisée comme stimulant et sudorifique. Les Piémontais utilisent ses fleurs contre l'épilepsie.

Kneipp dit à son sujet : « Si vous mâchez de ces corolles tubulées, vous vous i-endez compte du nectar salutaire qui y est caché. Si vous avez une prédisposition au rhumatisme articulaire oîi à la goutte, ou que vous souflriez déjà de cette maladie, buvez pendant un certain temps de la tisane de Primevère, chaque jour une tasse. Les douleurs seront atténuées et finiront par s'éteindre. »

Les Anglais mangent ses feuilles en salade tandis qu'en Allemagne on fait, avec ses fleurs, récoltées à leur épanouissement, une infusion qui fermente et qui, associée à du citron et du sucre, est une boisson assez agréable. On s'en sert aussi, comme de l'Aspérule pour aromatiser le vin.

Prunus. — Ce genre renferme plusieurs espèces qui, sous des noms très différents, ornent nos jardins et nos parcs et garnissent nos vergers. Le P. domestica L. nous fournit les prunes diverses qu'on mange à l'état frais ou sec, et qui sont, surtout le pruneau un excellent laxatif. Le P. spinosa L. (Ei)ine noire. Prunellier, Pellocier) qui fournit la iwunelle ou Pelloce est cet arbuste épineux qui hante nos lieux arides et garnit nos haies; ses fleurs blanches sont des premières à saluer le printemps et ses fruits ronds, bleuâtres très acides, donnent une boisson rafraîchissante très usitée dans les campagnes. On en fait aussi une eau-de-vie fort appréciée des gourmets.

Kneipp recommande vivement les fleurs de Prunelle comme un laxatif inoffensif qui doit se trouver dans chaque pharmacie de famille. C'est une purgation légère, un excellent stomachique épurant et fortifiant l'estomac.

« Prenez, dit-il, de ces fleurs de Prunelle, faites les bouillir pendant une minute et buvez en, 3 à 4 jours durant, une tasse par jour. Cette infusion agit, tout doucement, sans aucune incommodité, aucun ennui; et pourtant elle purge à fond. » Son écorce est astringente et a été employée dans le traitement des fièvres. Les feuilles, infusées, sont utilisées dans le Nord comme un succédané du thé.

On j)réparait autrefois avec ses fruits un extrait astringent et tonique nommé acacia uostrus.

Pï-nmis Lauro-Cerasus L. (Cerasus Lauro-Cerasus Lois., Laurier-Cerise, Laurel le.) — C'est le bel arbuste aux feuilles persistantes, bien connu de tous et qui, d'origine asiatique et caucasienne, a, depuis le XVI"'" siècle, franchi les portes de nos jardins et de nos pai-cs.

Ses feuilles sont utilisées dans l'art culinaire pour aromatiser certains mets, certaines pâtisseries et liqueurs. Elles communiquent le goût d'amandes amères, mais à forte dose elles causent l'empoisonnement grâce à l'acide prussique qu'elles contiennent en sorte qu'on ne doit s'en servir qu'avec prudence. Deux feuilles suflisent amplement i)our aromatiser deux litres de lait. La médecine en retire l'eau distillée de Laurier- Cerise qu'on emploie dans les affections nerveuses, les toux convulsives, la coqueluche, l'asthme, rhyj)Ocon-

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