‹ Le jardin de l'herboriste [electronic resource]Chapitre 4 sur 21 · II. DlTRAND · texte numérisé non relu

II. DlTRAND

La culture des simples, de ces remèdes de bonnes femmes que notre siècle de progrès et de civilisation très avancée a mis « au rancard » peut paraître une chose superflue à beaucoup. Elle n'en est pas moins très populaire et le nombre des personnes fort intelligentes qui reviennent à ces anciens remèdes que le bon Dieu a mis à notre disposition est bien plus nombreux qu'on ne le croit. Les traditions populaires sont recherchées par les esprits délicats et les légendes sont goiitées des littérateurs comme des artistes. Les remèdes des Anciens jouissent même d'un regain de popularité depuis que l'homéopathie en a remis plusieurs en honneur. On ne craint pas de passer pour ridicule et de paraître avoir des idées surannées en administrant de l'aconit aux fiévreux, en ofi"rant de la pâte de guimauve aux enroués, en récoltant du tilleul ou de la fleur de sureau.

Les souvenirs de notre enfance nous reportent au temps où nos mères recueillaient les fleurs de mauve et les tiges de menthe, les graines de myrrhe et les cynorrhodons des églantiers sauvages pour en faire des boissons que nous avons fort méprisées dans notre âge d'adolescence et de force mais que, redescendant la colline de la vie, nous nous sentons enclins à prendre en nouvelle estime.

Et puis, dans notre époque de microbomanie et de nervosisme il est bon de s'administrer des antiseptiques et des calmants sous une forme moins concentrée que celle qui nous est offerte par la chimie, de traiter notre corps avec des solutions moins énergiques sans doute mais plus douces et plus salutaires parce qu'elles

n'appellent pas la réaction inévitable et qu'elles n'offrent aucun danger. Souvent ,grâce aux remèdes très actifs que nous offre la chimie, nous guérissons rapidement une douleur pour en créer une autre, conséquence de la perturbation que produit toujours dans un organisme une action soudaine.

La vie est dans le sang ; si celui-ci est pur, s'il circule librement, tout va bien et l'homme est heureux. Mais la plus petite impureté, quelques microbes malfaisants peuvent l'empoisonner pour toujours et alors c'est la sombre maladie, la triste et pénible lutte contre des maux sans cesse renouvelés, la mort.

Ecoutez un homme qui, à l'âge de 78 ans, est encore aussi vigoureux, aussi jeune, aussi sain, aussi heureux qu'un adolescent ; un vieillard qui possède tout l'enthousiasme de ses vingt ans, qui aime la vie, qui sait en jouir de la bonne manière et que ceux qui l'entourent déclarent le plus heureux des hommes malgré les rudes épreuves qu'il a eu à supporter. 11 veut réagir contre la mollesse de notre race fin de siècle, contre le manque d'énergi(> de nos volontés, contre l'anémie dont soutirent nos corps et nos âmes. Et pour nous rendre la vigueur des muscles et la richesse du sang il veut purifier celui-ci en expulsant les microbes malfaisants qu'il peut contenir et cela, grâce à l'action des antisejjtiques que nous otf're la bonne vieille nature. La résine des Pins, l'essence des Labiées, le jus des Crucifères ou des Ombellifères, qui sont à la portée de tout le monde, sont considérés par lui comme le plus précieux des antiseptiques. Ils doivent être introduits dans le sang par le

moyen de la nutrition et des condiments et non sous forme de remèdes. Mangez, dit M. Andreae, de l'ail, du cresson, du céleri, du poireau, car ce n'est pas en vain que le Créateur a placé autour de nous et dans les plantes que nous foulons de nos pieds, les plus précieux antiseptiques.

Dans deux brochures écrites avec sa foi, son entrain, sa poésie et sa verve toute particulière il nous initie à ses idées '. Voici le résumé de ses conseils qu'il a publiés dernièrement sous forme de circulaire :

« La culture et l'éducation sont la base du bonheur et de la santé, mais il faut agir et marcher selon les conditions exigées par nos facultés hautement élevées et dans l'ordre qui correspond à cette haute position, établi par la pensée, par la sagesse, par la puissance et par l'amour du Dieu vivant, dans un sens parfaitement harmonique.

« Dans l'état actuel de la santé publique, en constatant l'etfet désastreux des influences septiques qui nous visitent, la question des moyens de réaction contre ces ennemis minuscules mais grandement dangereux se présente à tout homme qui se préoccupe de la grande question de la santé.

Où chercher, où trouver ?

« 11 faut s'adresser à la Nature, à cette grande ressource vitale et réparatrice, vous dira un vieil observa-

* Flora, influences septiques et antiseptiques, Neuchâtel, 1891. Du régime antiseptique, Neuchâtel, 1892.

-teur, et il a parfaitement raison. Mais la chose n'est pas si simple qu'on pourrait bien le supposer. La Nature, dans laquelle tous les trésors de la Vie, toutes les conditions idéales de notre existence ont été déposées, n'est plus un ensemble harmonique de forces vitales, — comme encore du temps de Salomon et de la florissante Carthage — elle ne forme plus, dans tout son ensemble, qu'un grand champ dévasté. On a déboisé la terre dans une proportion déplorable; et de plus en plus nous subissons les conséquences funestes de l'aveuglement des autorités compétentes, qui, comme savants ou comme puissances gouvernementales, devraient protester et agir contre ce désordre, provoquer ou prendre des mesures correctes contre les causes de ces influences agissant, dans une marche progressive, aux déj)ens do la santé des nations.

« Nous savons que nous sommes influencés par les courants atmosphériques qui influent sur la température et produisent les temps de sécheresse et de pluie.

« Nos microscopes constatent aussi la (jnalité et la nature de ces courants qui nous arrivent surtout de rOrient, imi)régnés d'éléments dévastateurs et qui, par la destruction des forêts, ne sont plus absorbés ni dans leurs lieux d'origine, ni dans leur voyage.

« 11 s'agira i)ar conséquent du reboisement de la terre, d'une association grandiose, vraiment casmique ; et aujourd'hui tout cela est possible. Il s'agira de la protection des petits oiseaux. Tout cela me semble être d'une nécessité absolue. Dans ce noble programme pour notre vie et pour notre action future, la force que devra pos-

séder et acquérir notre jeunesse me semble un avantage de premier ordre. Il faudra imiter la discipline des Anglais quant à l'éducation physique et donner plus de temps à l'exercice au grand air, qui purifie le sang. Semer, planter, porter des charges en terre, en rochers, sur des brancards à deux, seront des exercices aussi nobles que de faire de grands sauts, et nous voilà en train de retrouver le jardin duquel nous avons été chassé par nos erreurs. Voilà l'avenir de ma pensée, l'avenir normal de ceux auquel il appartient.

« Je crois à l'amour de Dieu, moi, vieux botaniste. Chaque plante m'en parle, car chaque plante a son sens, son langage, son but, sa félicité, sa richesse. La petite gentiane me chante quand je lui demande « Que fais-tu ici ? » :

Toute pour toi, toute pour toi !

Toujours, toujours, toujours!

Toute pour toi !

« Et voilà mes conseils: Associons-nous pour rétablir « le jardin auquel nous avons de nouveau droit. Etu- (( dions la nature et profitons des ressources qui y sont « établies pour faire la guerre aux influences funestes. « Poursuivons nos ennemis avec toutes les armes que « nous pourrons trouver, sans relâche et avec une en- « tière confiance, jusqu'à ce que, le jardin rétabli, nous « puissions nous en passer. Et rétablissons le vrai, en « fait d'éducation. La loi « tu travailleras six jows » « n'est pas adressée aux enfants / Il nous faudra ga-

« gner pour les enfants, au moins un jour entier par « semaine, libres (sous surveillance), pour sortir, pour « courir, pour planter, pour s'exercer, pour jouer, pour « visiter les Heurs, surtout celles de la montagne, qui <( leur diront toutes : jpowr toi, imir toi, toujours, tou- « jours pour toi! On découvrira des qualités, des res- « sources protectrices inconnues, étonnantes, trop igno- « rées, trop peu appréciées. En attendant et pour « commencer, il faut faire connaissance avec la Myrrhe, « le puissant antiseptique prophylactique par excel- « lence. Sa teinture servira comme gargarisme, plu- « sieurs fois par jour, en mélange avec de l'eau. Cette « merveille de l'Orient nous fera pardonner les désor- <( dres qui s'y commettent journellement. La graine de (( moutarde blanche, entière, est aussi un moyen sim- « pie, puissamment antiseptique. On en prend deux à '( trois fois par jour avec un peu d'eau sucrée ou non « sucrée. L'extrait liquide de gentiane, quelques gouttes « par jour, est aussi fortement à recommander. L'es- <( sence de pin au cresson en parfum sur le mouchoii- « ou en inhalations sera aussi un prophylactique très (( puissant.

« Et nous irons plus loin en science hygiénique et « antiseptique! Que chacun cherche; je crois que la di- « rection est bien indiquée quand je répète: retoui'nons « à la Nature, à cette alliance du ciel avec la terre, à ces « enfants du soleil qui nous diront toujours et de la « part de leur Créateur : Pour toi, pour toi, pour toi, « toujours, toujours pour toi!

« Cherchons la santé, cherchons le Beau, cherchons

« la Vérité et nous trouverons cette vie qui nous est « faite par la volonté du Dieu vivant! Voilà le résumé « de mes conseils.

« V. Andrew:. »

Nous lisons dans sa brochure « Flora » :

« Si Ton a pu constater dans notre sang, des orga- « nismes qui causent une perturbation septique, une « décomposition putride, un affaiblissement de la vie « normale, nous devons admettre tout naturellement « et d'après ces mêmes investigations de la science « moderne, qu'à côté du microbisme anormal il existe « un microbisme vital, normal, idéal, dans une pro- « portion plus ou moins réduite chez l'homme malade, « en comparaison de la quantité de fluide idéal que pos- « sède l'homme en bonne santé.

« Le sang est une vie et non seulement un liquide « chimique. Voilà ce que la science du microscope nous « a démontré d'une manière positive. Mais je crois que <( le microbe idéal échappera à jamais à notre observa- <( tion, à nos moyens d'analyse. Ce que nous avons « découvert c'est la dégénérescence du microbe vital, « c'est la monsti'uosité maladive Pour palper la vie, « la forme du microbe vital, nous sommes trop petits. « L'homme saisira aussi peu le fond de la vie du mi- « crobe idéal qu'il peut saisir l'infini, et si nous admet- « tons que la qualité du sang est en juste proportion

1 On peut citer Schiller dans Wallenstein : « Wie er (sie) sich rœuspert und wie er (sie) spuckt, das habt ihr richtig abgeguckt. .

avec la qualité de l'individu, que chaque famille possède dans son sein les vestiges des vertus et des défauts de ses ancêtres, nous comprendrons que, vouloir faire l'analyse de notre vitalité dont le sang est la plus parfaite condition, serait une prétention absolument ridicule.

« Le sang est pour moi la merveille des merveilles ; il est le porteur de la vie, il est lui-même vie, animé du souffle divin qui fit sortir Fhomme du néant; le sang est le porteur de nos qualités et de nos défauts, et comme il est susceptible d'une modification, d'un ennoblissement graduels, il est nécessaire de faire ressortir, à proi)os d'études hygiéniques, la valeur de ce trésor que nous devons garantir contre les influences 9,Qi^t\que?> 2^hysiqnes et morales qui tondent à le corrompre. Nous avons à fortifier le microbisme normal contre le microbisme anormal. Voilà notre grande tâche.

« Lliygiène est une qnestïou du jour. Les gouvernements s'en préoccupent : la science du microscope a répandu sur cette question de vives lumières, mais la discipline large et haute, dont la nature est l'expression positive, le rôle surtout de la j)lante, notre nourrice et réparatrice de tous les jours, ne me seml)l('nt pas encore suffisamment comj)ris et appréciés. C'est donc à la Nature que nous devons nous adresser pour puiser ces trésors de santé et de réparation qu'elle peut nous ofi'rir })ar la volonté de Celui qui a discipliné les mondes, aussi bien dans les grandes œuvres que dans les petites choses.

« La Nature contient dans son sein les éléments « constitutifs de notre organisation physique qui s'as- « similent à notre organisme par la nutrition et la « respiration, pour en constituer la charpente et former « les vaisseaux divers de nos organes. Je nommerai la « chaux, le phosphore, Tazote, l'oxygène, Peau, Tacide « carbonique; mais ce qui entretient surtout la vie, « ce qui reconstitue les dépenses de la vitalité, c'est la « nourriture que nous fournissent le règne animal et les « végétaux. Tandis que les matières animales et les « corps gras qui leur sont associés ont pour principal « but d'entretenir la chaleur vitale par le phénomène « de la respiration les matières végétales, outre les « éléments nutritifs qu'ils amènent à notre organisme, « réagissent puissamment en influences toniques et « antiseptiques. L'homme a toujours su associer à sa « nutrition journalière les végétaux les plus propres « à maintenir la qualité de son sang, et cela sans se « rendre compte de la chose. Nous nous servons dans « nos apprêts par simple goût, par simple sympathie, « d'oignons, de poireaux, d'ail (surtout chez les peuples « du Midi), de céleri, de persil, de cresson, de raves, de « raifort, de radis, de moutarde. Ces végétaux sont re- « gardés plutôt comme des adjonctions de luxe que /( comme matières alimentaires, mais le rôle qu'elles « jouent est positivement celui de stimulant et d'anti- « septique. Nous savons que les plantes à essences sul-

T II est certain que les matières animales contiennent également les principes de nutrition.

« furées agissent comme antiscorbutiques; nous nom- « merons le raifort, le cochléaria, le cresson; nous « savons avec quelle ardeur les peuples méridionaux (( usent de l'ail, de la ciboule, des oignons; ce sont de (( ces stimulants stomachiques qui ont été placés sur la « terre en faveur de l'homme par une discipline pro- « videntielle, parce qu'ils combattent l'action des fer- <( ments putrides. Dès que nous sommes malades par (( un vice du sang, il faut avoir recours à l'action de (( ces influences salutaires qui, concentrées et parfaite- « ment dosées, conserveront à l'estomac et aux organes « digestifs leur vigueur primitive, au lieu de cherch(n- « ailleurs que dans l'économie vitale de la nutrition les « moyens de réagir en faveur de notre sang. Le sang « normal et riche ne se forme que par une nourriture « correcte, que par une alimentation rationnelle.

« Si donc la réaction salutaire contre les influences « septiques, contre les microbes à action j)utride peut ((. se faire d'une manière si normale, si simi)le, en diri- « géant par un système antiseptique journalier les in- «. fluences réactrices contre nos ennemis, nous aurons « en notre faveur une ressource salutaire de premier « ordre sans déranger pour cela d'une manière sensible « notre régime ordinaire.

« Le bon sang ne se produit que par la bonne diges- « tion d'une bonne nourriture / \\ faut s'en convaincre. « Nous n'avons pas à courir après des spécifiques étran- « gers, fabriqués, qui présentent des dangers dans leui* « action et peuvent troubler notre organisme. Nos vé- « gétaux, les légumes sains et les condiments antisep-

« tiques nous sont fournis par les plantes qui appar- « tiennent aux familles les plus sympathiques à l'homme « et lui ont été familières de tout temps. Je nommerai « les crucifères (raves, choux), les alliacées (l'ail, l'écha- « lote), les composées (dents de lion, armoises), les om- « bellijères (cumin), les rubiacées (quinquina, belle « étoile), auxquelles nous ajouterons les plantes à prin- « cipes stomachiques, les amers que les composées et « les gentianées surtout nous fournissent. En faisant « participer l'enfant à un régime végétal antiseptique « culinaire il sera sous l'influence salutaire de cette « discipline providentielle qu'il faut chercher à com- « prendre, à sentir et à faire servir au bien général.

« Nous possédons tous les moyens nécessaires pour « concentrer dans un volume très réduit les agents « antiseptiques de la catégorie indiquée, et nous de- « vons surtout accentuer que le régime antiseptique (( destiné à combattre les microbes septiques doit être « appliqué de la manière la plus sobre.

« On a autrefois fait servir comme talisman contre « les mauvais esprits qui hantaient les écuries et y « apportaient la mort, des racines de victoriale (Ll^Ziîw? « victoriale) ou un sachet 6!asa fœtida qu'on y suspen- « dait. On se suspendait également au cou la dite racine « contre ces ennemis et cela avec succès. Ces mauvais « esprits étaient tout simplement des miasmes micro- « biques, mais cela me prouve deux choses : 1° Le génie w de l'homme du peuple qui flaire des influences sin- « gulières, tout comme certains sauvages vivant dans « les forêts, a su trouver des agents divers que les

« universités ont respectés, admis. 2° Une mesure mort deste est nécessaire au régime antiseptique, mais « cette mesure n'obtiendra cependant un résultat fart vorable que par une longue application sobre do rt moyens réactionnaires.

Citons encore cette belle page qui termine, sous forme de conclusion, la brochure « Flora : »

« Dans mon travail sur les influences sei)tiques et « antiseptiques, très imparfait, je le sais, je n'ai pas cru rt devoir mentionner toutes les ressources que nous « offre la grande nature pour soulager nos souffrances « et nos maux si divers et si compliqués. Nous connais- « sons tous les matièi*es qu'elle nous offre en huiles « onctueuses par les oliviers, par les amandiers, en « essences diverses qui toutes ont leur valeur relative, « en principes narcotiques, astringents, émollients, tort niques, que nous fournissent les solanées, les papave- « racées, les rosacées, les malvacées, les labiées, et bien rt d'autres familles encore. Tout ceci est à notre adresse « tout comme les eaux minérales qui jaillissent du soin « de la terre et qui toutes ont des pro|)riétés différentes « d'une grande valeur. Pour notre constitution, pour rt notre santé, nous avons encore besoin de fer, du cal- « caire, du soufre, de la soude, de la potasse, du sel ; « tout cela se trouve dans la nature, chez cette mère rt à laquelle nous appartenons. L'homme est un être « cosmique, il vit de la terre et du ciel. Les deux dort maines contiennent des trésors de vie que l'homme « ne connaît pas assez. C'est l'étude de la plante qu'il

« a surtout négligée; il ne connaît par conséquent pas « le rôle qu'elle doit remplir. Nos amers, nos toniques, « nos antiscoi'butiques, nos dépuratifs ne sont au fond « que des antiseptiques et doivent être employés comme « tels, à la longue et en petites doses, avec suite et « sympathiquement associées. C'est la science de l'ave- « nir. On ne s'exposera à aucun danger avec les anti- « septiqiies indiqués, agents que nous savons être favo- « rahles à notre santé et cela, depuis que l'homme « existe. Il faudra dans tous les cas, s'il y a moyen, « nous émanciper de tous nos grands et de nos petits « ennemis.

« Fleurier, 6 février 1892. V. Andrew. »

Quelques pages du « Régime antiseptique » trouveront également place ici et seront certainement goûtées des lecteurs du présent travail :

« La vie est dans le sang.

« La mort aussi est dans le sang; les microbes, les ^ « fiéaux de contagion et les maladies héréditaires nous (( le disent. ;

« C'est dans le sang que réside la force de la vie, la « force des êtres vivants, c'est dans le sang que s'ac- « complissent et l'ennoblissement et la décadence de K l'individu et des nations. \

« C'est sur le sang qu'il faut agir si Ton veut guérir (( les maux, les maladies physiques, toutes ces misères « à mille noms.

« Le régime antiseptique, motivé par les découvertes

« des microbes, devra constituer le complément normal « et nécessaire de deux disciplines vitales, de celle du « régime alimentaire et de celle du régime hygiénique.

« Le régime alimentaire s'est formé, modifié, enrichi « par les besoins impératifs et journaliers, se manifeste tant par la faim, par la soif; dès l'origine de sa « l'ace l'homme a trouvé sous sa main, dans ce qui « l'entourait, dans ce qui le charmait de quoi satis- « faire les exigences de sa vitalité. Cela noiis dit tout « simplement qii'il y a une Providence.

« Le régime hygiénique est le résultat de la civilisa- « tion : les Egyptiens, les Grecs, les Romains ont imité « l'oiseau qui se baigne et qui soigne sa toilette. Mais « c'est dans notre siècle surtout que l'homme a bien « compris la nécessité absolue d'un régime de propreté « de lumière, de soleil, d'amélioration de ses habi- « tations et d'assainissomont de ses villes et do ses vil- « lages.

« Malgré toutes ces précautions, une lacune reste à « remplir, celle du rétablissement de la (lualité normale « de notre sang. C'est le microsco|)e qui nous a indi(iué « certaines influences occultes qui le détériorent et qui « Taflaiblissent — nous avions besoin de ces lumières ! « Nous avons découvert un ennemi, le microbe septique, « qui nous dote d'une quantité de misères dont on ne « connaissait pas la cause ni le vrai siège, qui perpétue « en nous, dans nos familles, des maladifs effrayantes.

« \ . AnI)KE/K. »

Qu'on veuille bien nous pardonner ces longues citations d'un homme bien placé pour parler de ces choses. Voici encore quelques témoignages qui émanent d'un autre grand médecin de l'humanité souffrante :

« Que Dieu est bon ! dit l'abbé Kneipp. Reconnais- « sons-le et allons à la recherche des plantes que le « Créateur a douées d'un véritable parfum et qui, par « leur odeur aromatique, nous font de gracieuses invi- « tations. Et quand nous les cueillons, rendons grâces « à notre Père infiniment aimable, qui est dans le Ciel. »

Les Parfums des plantes exercent sur la vie humaine une influence considérable. Ils nous rendent tristes ou gais, contribuent à notre bonheur ou à notre malheur et rendent souvent la santé aux êtres souffrants. La fleur secrète le nectar et exhale des parfums pour attirer à elle l'insecte, auxiliaire utile et souvent indispensable de sa fécondation. Ces parfums sont parfois suaves et doux tandis que chez quelques plantes (les Aroïdées, par exemple) ils sont repoussants, rappellant la viande pourrie et l'odeur des cadavres, odeur qui, toute nauséabonde qu'elle est, attire certaines mouches qui recherchent ces jouissances-là et colportent le pollen d'une fleur à l'autre.

L'homme a, dès les temps antiques, cherché à extraire des fleurs les parfums agréables qu'elles renferment et il a ravi aux végétaux qui les possèdent les résines et les huiles aromatiques que les anciens Hébreux brûlaient déjà dans le Temple. Les anciens Egyptiens utilisaient les aromates pour embaumer leurs morts, et qui niera

leur grande supériorité dans cet art? La Bible est pleine d'allusions faites aux pai'funis et aux aromates dont les peuples d'alors faisaient un usage constant.

Les Chinois ont, de tout temps aussi, accordé une large place aux parfums. Les disciples de Zoroastre, en Orient, faisaient leurs prières devant des autels où brillait le feu sacré et cinq fois par jour les prêtres y jetaient du bois odorant et des parfums. Encore à l'heure qu'il est les Orientaux considèrent comme un acte d'hospitalité et d'amitié, d'asperger leurs visiteurs d'essence de roses et de les parfumer de bois d'aloës à la lin de chaque visite.

Hérodote nous apprend que les femmes scythes bi'oyaient sur une pierre du bois de cyprès, du cèdre et de l'encens et en faisaient une pâte dont elles s'enduisaient le visage et les membres.

Mais ce sont sans doute les Grecs et les Romains qui obtiennent la palme dans cette joûte parfumée car aucun peuple ne paraît avoir poussé aussi loin l'amour des jouissances de l'odorat. Les gens poussaient la recherche jusqu'à renfermer leurs habits dans des coffres odorants ; ils avaient des cassolettes qui répandaient de suaves parfums dans l'air pendant les repas. Ils se couronnaient de i-oses dans les festins et les vins les i)lus estimés des Athéniens étaient i)arfumés avec des violettes, des roses et d'autres aromates. Le luxe des parfums fut même j)Oussé si loin que Solon dut en défendre l'usage aux Athéniens pai* un article de loi qui ne fut pas longtemps respecté.

Apollonius a écrit un ouvi-age spécial sui- les parfums

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