‹ Le jardin de l'herboriste [electronic resource]Chapitre 5 sur 21 · LB JARDIN · texte numérisé non relu

LB JARDIN

dans lequel il est dit : La meilleure poudre d'Iris vient d'Elis et de Cyzique; la meilleure qualité d'essence de roses se fait à Phasales, à Naples et à Capoue, celle qu'on tire du Ci'ocus est supérieure à Soli, en Cilicieet à Rhodes; l'essence de Nard à Tanius, l'extrait des feuilles de vigne à Chypre et à Adramyttium, l'huile de Marjolaine, l'extrait de pommes se tirent de Cos; en Egypte on prépare supérieurement les pai-fums métopien et mendésien. Toutefois, ajoute-t-il, la qualité de. chaque parfum est due aux substances et aux opéi-ations plutôt qu'au pays lui-même.

Alexis, poète grec qui vivait au IV" siècle avant J.-C, dit dans le « Colon » :

« Car pour se parfumer il ne trempait pas ses doigts dans le vase d'albâtre, coutume ordinaire du temps passé, mais il lâchait quatre colombes tout imprégnées d'essences de plusieurs espèces. Chacune portant un ])arfum |)articulier et différent des autres, elles planaient au-dessus de nous, et de leurs ailes humides faisaient pleuvoir ieui-s parfums sur nos robes et sur nos vêtements. »

On parfumait toujours la salle dans laquelle un repas avait lieu, soit en brûlant de l'encens soit en répandant sur les meubles des eaux de senteur. Du reste chaque invité était lui-même parfumé et chaque partie du corps avait son essence i)articulière. La menthe était recommandée pour les bras, l'huile de palmier pour les joues et la poitrine; dans les sourcils et les cheveux on mettait une pommade faite avec de la Marjolaine; pour

les genoux et le cou on employait Tessence de lierre terrestre qui était réputée utile dans les oi'gies comme aussi l'essence de roses ; le coing fournissait uno essence utilisée dans la létliargie et la dyspepsie; le parfum des feuilles de vigne entretenait la lucidité d'esj)i*it et celui des violettes blanches était favorable à la digestion.

Les boutiques des parfumeurs, en Grèce, étaient le rendez-vous des « dandis ») d'alors; on disait : « Allons au parfum » comme on dit « Allons au café )>.

Les Romains employèrent les parfums avec une folle profusion, lis en recevaient de tous les pays du monde et Ton sait qu'ils allaient jusqu'à parfumer les aigles romaines avant la bataille et aussi après, quand la victoire leur était favorable. Les faits suivants monti'ei'ont quels abus on commettait alors: Lors des fuuérailh^s de sa femme Po|)pée, Néron fit brûler sur le biiclier plus d'encens que TArabie n'en |)roduisait dans tout(^ une année. Plancius Plancus, |)roscrit par les triumvirs, avait été trahi parles essences qu'il i)ortait; les soldats envoyés à sa poursuite découvrirent sa retraite^ par W.n ettluv(^s qui s'en échappaient. Les Romains, selon Pline teignaient leurs chev(»ux en noir avec le Millepertuis, le Myrte, le Cyprès, la pelure bouillie du j)oireau et le brou de noix. Un mélange d'huiles, de cendres et de lombrics les em|)êchaient de blanchir; les baies de myrte prévenaient la calvitie et la graisse d'ours faisait déjà pousser les cheveux.

On rendait les cheveux blonds avec de la lie de vinaigre ; les courtisanes, à qui il était défendu de porter

des cheveux noirs, les rendaient blonds avec du jus de coings mélangé à celui du Troène. Selon Properce, quelques ralinés teignaient leurs cheveux en bleu !

Les femmes romaines se noircissaient les sourcils, se carminaient les joues et s'effaçaient les cicatrices du visage avec de la mandragore. Cosmus, Niceros, Folia. etc., étaient des parfumeurs romains qui doivent à leurs composés aromatiques l'honneur d'avoir passé à la postérité.

Ces renseignements, que nous avons puisés dans un volume spécial * montrent combien est ancien le besoin qu'éprouve l'homme civilisé de respirer des parfums agréables et, bien que sous les civilisations trop i-afinées on ait fait abus des aromates, nous voyons pourtant Jésus accepter l'huile parfumée de Marie-Magdeleino et réprimander Judas qui en regrettait l'emploi.

Jusqu'à quel point les parfums sont-ils hygiéniques, c'est ce que l'on ne saurait dire. Il est cependant certain qu'ils constituent un antiseptique et qu'ils tuent les microbes. Un savant expérimentateur, M. Cadéa, a choisi les germes de trois maladies s'attaquant à des organismes différents, mais dont l'action est également mortelle, la fièvre typhoïde pour l'homme, la morve pour les chevaux et les mulets, le charbon qui s'attaque plus particulièrement à la race ovine et bovine.

Le sublimé corrosif est, sans doute, le remède le plus énergique; mais il est un poison très violent et ne peut être administré qu'avec précaution et pas par tout le

^ Histoire des parfums, par S. Piesse, Paris 1890.

monde. M. Cadéa a trouvé que l'essence de cannelle vient immédiatement après le sublimé corrosif et tue en 12 heures et presque aussi rapidement que lui les germes morbides, c'est à dire le microbe de la fièvre typhoïde. Puis viennent les essences d'origan, de girofles, de géranium et d'autres encore.

On connaît la puissance désinfectrice de certaines essences telles qu'eucalyptus, camphre, camomille, arnica, absinthe, etc. La désinfection a pour but d'enlever de l'air qu'on respire, certaines exhalaisons ou gaz produits par des substances délétères telles que les matières organiques. Cette fermentation se fait généralement sous l'influence des infiniment petits qui se rattachent soit au règne végétal soit au règne animal. Les mauvaises odeurs sont accompagnées de miasmes i)lus ou moins incommodants et infectieux.

Dans beaucoup de cas les j)arfums ne font (jue cohabiter avec les miasmes sans les détruire et c'est un danger à cause de l'illusion pi'oduite sur le cerveau par la prédominance d'une bonne odeur qui facilite ainsi labsorbtion des mauvais microbes. Ce qu'il faudrait c'est, non pas de masquer une mauvaise par une bonne odeur, mais de détruire la première et de tuer les êtres malfaisants qu'elle contient. Il est, nous l'avons vu, des plantes aromatiques qui jouent ce rôle-là dans la nature.

Les parties des plantes qui sont le plus parfumées sont généralement les fleurs, bien que dans les espèces aromatiques proprement dites, les feuilles et les tiges soient plus ou moins richement pourvues d'huile essentielle (Eucalyptus, Labiées, Ombellifères, Oignons, etc.)

On a remarqué qu'un parfum est d'autant |)lus délicat que l'huile essentielle est plus élaborée. C'est surtout le cas lorsque la fleur a peu de couleur et c'est ce qui explique les suaves parfums dont sont surtout dotées les fleurs blanclics alors que les fleurs vertes no sentent rien. C'est ce qui fait que le lilas forcé, qui est toujours blanc, aune odeur plusflne que l'ordinaire, les matières colorées et les tanins n'ayant pas le temps de se former. C'est pourquoi il s'est établi à Nice des « forceurs » de fleurs pour parfums.

Sur 1194 espèces de fleurs blanches cultivées en Europe, dit V Illustration horticole, il en est 187 de très parfumées, tandis que sur 951 espèces à fleurs jaunes, il n'y en a que 77 qui possèdent un parfum; sur 823 à fleurs rouges il y en a 84 et sur 594 à fleurs bleues ou violettes il y en a seulement 31. On ne mentionne ici que les parfums agréables.

Or, si les fleurs blanches répandent d'aussi suaves parfums c'est parce qu'elles sont surtout fréquentées par les insectes nocturnes qu'elles attirent, par leur couleur d'abord qui est la seule qui se puisse voir dans un milieu sombre, puis par leurs pai'fums. Il en est même plusieurs, les Calla, les Datura, par exemple, dont le parfum ne s'exhale que la nuit.

L'huile essentielle où réside le parfum des fleurs se trouve généralement dans les cellules épidermiques de la surface supérieure des pétales ou sépales tandis que la surface inférieure contient ordinairement du tanin ou des pigments qui en sont dérivés. Dans la fleur la chlorophylle se change en tanin ou en huile essentielle.

II est bien vrai que, ainsi que le croit M. Andi-eae, dans la discipline de la vie il n'y a point de lacunes. Tout ce dont riiomme a besoin dans ce monde lui a été donné. Il s'agit seulement d'apprendre à lire dans le livre adniij'able de la nature où chaque plante est une j)age, chaque famille un chai)itre d'un beau livre en pleine harmonie avec la discipline de C(^lui qui a voulu la vie. Il faut apprendre à épeler dans ce Wwo sublime dont nous tournons les pages sans les comprendre:

Oh! que l'hoiniiic ;ip))n'iidr.'iit de choses iiK'ivcilleuses

S'il pcrwvfiit le sens dos voix mystérieuses

Qu'il entend s'élever à chacun de ses jms !

Mais cet hymne sacré que chante la nature

Est pour l'esprit humain d'une essence trop piiie :

Il j)eut le ))reKsentir, il ne le comprend pas,

Aliok i)k Ciiamhrikr.

C HAPITRE II

Les plantes officinales de nos champs, de nos montagnes ET DE NOS JARDINS : LEURS PROPRIETES, LEUR CULTURE ET LEUR RECOLTE.

Pour les mortes saisons ii()u> mettons (mi réserve Ce que le soleil sèche et que le temps conserve.

LAMAUïlNK, dans /wcr^/n.

arrive a

Tandis (jirautrcfois l'iiuiuanité s'adonnait avec mysticisme à la récolte des « simjdes » auxquels on attril)uait toutes sortes do venus médicinales et même diaboliques, de nos jours, par réaction sans doute, on les abandonne aux empyriques et aux charlatans.

Il est vrai que, grâce aux découvertes de la chimie, on est les plantes par leurs principes

- -in —

iinniédiiits qui, sous un faible volume, produisent les mêiiK^s effets et souvent avec plus de rajjidité.

H Malheureusement, dit le D'' Héraud, l'expérience a démontré qu'on ne saurait attribuer à l'un des principes immédiats d'une plante, quelqu'actif qu'il soit d'ailleurs, les mêmes propriétés médicales qu'à la plante elle-même; la quinine ne représente \m plus le quinquina que la moi'phine ne représente l'opium. »

<( La vérité, dit-il, est entre la crédulité des Anciens, dont la singulière confiance accordait les propriétés les plus actives aux végétaux les plus inoffensifs, et le dédain systématique et exagéré des modernes, qui se privent des précieuses ressources offertes par les plantes en général et par les plantes indigènes en particulier. Beaucoup de nos plantes indigènes acquerraient en effet un prix élevé, si elles croissaient sur les Andes ou sur l'Himalaya. »

Le Codex medicamentanus (Pharmacopée française) indique un très grand nombre de végétaux indigènes comme recommandables dans tel ou tel cas de maladie ou d'indisposition et le fait que les études de botanique sont plus que jamais à l'ordre du jour dans nos Ecoles de médecine prouve bien l'importance que les sciences thérapeutiques attachent aux propriétés des plantes.

La mère de famille devrait, comme nos grand'mères l'ont fait autrefois, avoir soin de consacrer une armoire bien sèche à la pharmacie du ménage.

Kneipp la préconise fort et il recommande à toute maîtresse de maison d'avoir une pharmacie fondée sur les principes suivants:

1" Teintures oa extraits. — Le suc médicinal d'une l)lanto peut en être extrait de jjlusieurs manières mais la m<'illeure concentration s'opère par les teintures ou extraits. Cela se fait de la manière suivante :

Choisissez, parmi les herbes, Heurs ou baies dont vous voulez obtenir l'essence, ce qu'il y a de meilleur, de plus mûr et de plus partait... Faites sécher à Tair libre, sur une planche et toujours à l'ombre. Quand vos herbes ou fruits sont bien secs, réduisez-les en j)arcelles. découpez, pilez, pour les mettre ensuite dans une bouteille que vous emplissez d'eau de vie de grains ou, à son défaut, d'esprit de vin ou même d'eau de vie de fi'uits. Fermez hermétiquement et i)lacez 1m bouteille dans un lieu tempéré. On peut aussi faire miUH'rcr dans 1(^ vin mais la teinture obtenue se conserve |)eu. IMus on peut laisser la liqueur se satui'(îr du suc des j)lantes et meilleure elle sera; mais en cas de nécessité on |>eut (Ml us(M- au bout de (pielques jours de macération.

L(^s teintures se jjnmnent par j^^outtes : dans certains cas, cependant, mais excc^ptionnclNMnent. on a i-ecours à la cuillère.

2"^ Thésou ^mwe^. — Quand, dit Kneij)p. par un tem|)s s(M', vous rentrez des cham])s ou quo vous sortez pour aller voir les blés, faites un petit détour et cueillez ça et là une plante médicinale. Donnez la préféi*ence aux herbes (jui poussent dans les terrains secs et sur le penchant d<s collines bien ensoleillées. Les plantes cueuillies en pleine tloraison rendent les meilleurs et les plus signalés services. Jknuicoup de ces herbes croissent dans nos vei-gers et nos potagers, autour de nous.

Toute mère de famille sait préparer la tisane ; elle prend, pour une tasse, une pinœe d'herbes sèches qu'elle place dans sa casserole d'eau bouillante; elle laisse cuire pendant quelques minutes puis elle décante et sert sa tisane,

L'Abbé Kneipp, lui, fait un thé plus fort en faisant bouillir pendant longtemps les plantes médicinales afin de bien communiquer à la tisane le goût et le principe essentiel de la plante.

Poudres. — Il arrive quelquefois qu'on réduit les racines, tiges, feuilles ou graines des plantes officinales en poudre, certains malades éprouvant de la répugnance pour les tisanes. Cette poudre, obtenue par le mortiei-, est répandue sur leurs aliments comme on le fait avec le poivre ou bien on la mélange dans leur boisson sans qu'ils s'en aperçoivent. On la conserve dans des flacons bien fermés.

C'est surtout dans les campagnes, dans les villages reculés de nos montagnes et dans les lieux de villégiature où l'on est dénué de ressources que les renseignements contenus dans ce chapitre, seront appréciés. Ils permettront aux personnes qui les liront d'avoir sous la main des remèdes ou leurs succédanés permettant à chacun de soulager bien des maux en attendant l'arrivée du médecin et de soigner même des malades selon et d'après les ordonnances de l'homme de la science puisqu'il n'est pas de médecins qui, à l'heure qu'il est, nient leur efficacité. Enfin, il est utile, pour chacun de savoir distinguer les plantes inertes des espèces actives ou vénéneuses.

La liste suivante ne contient, cela va sans dire, que colles des plantes qui sont, actuellement encore, considérées comme efficaces par la thérapeutique ou même simplement que l'usage a consacrées. Il est, dans les vallons élevés de nos Alpes comme dans les villages de nos plaines, des herbaffes inconnm à la médecine et qui, depuis de longs siècles, y sont vénérés comme de précieux remèdes, dont la connaissance se transmet de génération en génération. Nous avons été à même d'en apprécier plusieurs et il n'est pas d'al])iniste qui ne rende hommage aux vertus concentrées dans tel amer qui croît au bord du glacier ou dans telle petite ombellifére qui se cache modestement au sein de l'herbe de pâturage. Le fameux « thé suisse », cette panacée qu'on utilise contre toutes sortes d'affections pulmoiuiires et autres, est un composé de plusieurs j)lnut(»s qui ne figurent nullement dans le('odex et qui no franchissent j)as le seuil des officines de j)liarmaciens.

1^'énumération qui suit résume ce qui, parmi les [)lantes des contrées tempérées et froides, c'est à dire l)armi les espèces de plein air, annuelles ou rustiques sous notre climat, i)eut être considéré comme réellement doué de propriétés officinales, antiseptiques ou aromatiques.

Abies pectiuata DC. (Sapin blanc.) — C'est le plus beau de nos deux sapins; sa belle prestance et son l)ort noble rappellent le Cèdre du Liban. C'est le sapin des Pyrénées qui s'est répandu dans le centre de l'Europe et plus particulièrement dans les sols calcaires.

Les jeunes pousses du sapin blanc sont connues f'n |)liMi'nuicie sous le nom de homyeons de sapin. Ils sont recouverts d'une matière résineuse à laquelle ils doivent leui's jn'opriétés béchiques et excitantes. Leur odeur est ai'omatique et ra|)pelle celle de la térébenthine, leur saveur est amère et peu agréable. On les recueille en février et on les sèche a l'ombre ; ils sont antiscorbutiques, diurétiques et utilisés dans les affections catarrhales des bronches et de la vessie. Les bourgeons de scq)in, macérés dans du vin, donnent une liqueur qu'on emploie en médecine comme l'eau de goudron.

11 produit, dans les Vosges et les Alpes, la térébenthine dite d'Alsace ou de Strasbourg, caractérisée par son entière solubilité dans l'alcool, son odeur de citron et la façon rapide dont elle se dessèche.

Abies picea Mill. (Sapin rouge ou Epicéa.) C'est le sapin ordinaire de nos forêts du Nord et du centre de l'Europe.

11 fournit la poix blanche ou poix de Bourgogne, qu'on utilise dans les emplâtres légèrement iri'itants qui s'appliquent sur la peau pour chasser des douleurs locales; son application prolongée |)rovoque des éru[)tions furonculeuses ; c'est aussi un révulsif lent, souvent employé dans les affections jjulmonaires.

Absinthe, voir Artemisia.

Acacia voir Robinia.

Acanthus mollis L. (fig. 1). — C'est Tantique acanthe des Grecs, dont les feuilles gracieusement découpées ont inspiré le sculpteur Callimachus et motivé le cha-

piteau coi'intliicn. Sos bollos grappin de ticurs roses sont également nn ornement.

Cette j)lant(\ (\\ù croît d;ins rKnrope méridionale,

y est utilisée contre les piqûres de la tarantule. Toutes ses parties renferment un principe mucilagineux abondant qu'on emploie en lotions et en cataplasmes émollients.

Sa racine est utilisée, dans la médecine orientale, à cause de son amertume.

Acerasantliropophora R. Br. — C'est une oi'chidée de nos vallons calcaires à la fleur verdâtre et rougeâtre, représentant un peu un homme suspendu par la taille, d'où son nom d'Orchis homme pendu. Le r)' Louis Planchon a publié à son sujet dans le « Nouveau Montpellier médical, » Tome I, 1892, de fort intéressantes observations. Cet orchis, comme aussi VOrchis militaris L., contient dans son feuillage un principe odorant nommé Coumarine. C'est le même principe qu'on rencontre dans la Flouve odorante des prés et qui donne au foin sec son agréable parfum et c'est également le même qui parfume, lorsqu'elles se dessèchent, les feuilles des Mélilots et de l'Aspérule odorante ou Maitrank. Ce parfum a de l'analogie avec celui delà Vanille et, chose curieuse, il ne se manifeste qu'à l'état sec. Les Arabes ont, paraît-il, depuis longtemps déjà, découvert ce principe odorant chez l'Aceras. Les feuilles sèches de cette plante ont un goût de bâton de Vanille en partie épuisé ; leur amertume est très légère et leur parfum doux et très délicat.

Après la récolte, dit le D' Planchon, on entasse les feuilles pour leur faire subir une légère fermentation; puis on les sèche à l'air et l'on a soin de les mettre en boites bien fei-mées ou en flacons bien bouchés et bien secs sous peine de perdre une partie de leur parfum.

M. Planclion assure cependant, et notre expérience corrobore la sienne, qu'il a depuis cinq ans de ces feuilles qui ont conservé leur parfum.

Chez rOrchis militaris cette odeur est moins forte et moins délicate. Il ne serait pas impossible que le M^r?tella angustifoUa Ricli., l'Orchis vanille de nos montagnes, eût les mêmes matières en suspension dans ses petites feuilles puisque sa rieur exhale un parfum de vanille si fort qu'on s'en sert, dans certains chalets des montagnes suisses, i)our parfumer la crème '.

On cultive l'Aceras dans un sol gazonné et calcaire, ;iu soleil.

Ache, voir Apium.

Acldllea macroplujUa L. (tig. 2). — Grande plante vivace de la famille des Composées, aux rieurs blanches.

' Voir pour ])liis de renseignements au sujet des Orchidées terrestres et rustiques le volume « Les Orchidées rustiques », par H. Correvon. Genève 1893.

Fig. 2 — Acliille.1 macropliylla.

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