AVANT-PROPOS
Les jardins de simples ont été les premiers jardins bôtaaiques. En Italie, avant les établissements académiques ie Pise et de Pàdoue, des amateurs ou des apothicaires cultivaient dans des espaces réservés des plantes ornementales ou utiles, et à Montpellier, au milieu du XVP siècle, ilors qu'on ne songeait pas encore à fonder dans l'Univerftté de médecine le magnifique jardin ouvert en 1593 par Richer de Belleval, quelques praticiens conservaient dans les enclos particuliers les végétaux qu'ils allaient recueillir wsque dans les Oévennes ; les botanistes de la Renaislance en font mention dans leurs ouvrages. Lobel cite en particulier ceux de Parges, d'Hermet, où il avait planté ui-même l'Aconit napel, et celui du professeur Laurent foubert, où étaient cultivées plusieurs plantes exotiques. ; De tous ces jardins, le plus remarquable en France ist certainement celui des apothicaires de Paris. Il est testiné non pas à un simple particulier mais à toute rae corporation; on y cultive des plantes, non seuleaeot pour alimenter une officine, mais encore et surtout
pour servir à rinstruction des élèves. Remontant au règne de Henri III, il l'emporte en ancienneté sur tous les jardins ofiBlciels de France : celui de Montpellier, fondé sous Henri IV, et le jardin royal de Paris, établi sous Louis XIII. En outre il devient, dès le commencement du XVIP siècle, le centre de toute l'activité de la communauté des apothicaires, qui s'habituent de plus en plus à traiter de leurs affaires à la rue de TArbalète; c'est autour de lui que s'élèvent peu à peu les locaux appropriés aux divers usages de la corporation ; c'est là qu'en 1777 se fixe le Collège, précurseur de l'École spéciale de pharmacie, qui y a siégé jusqu'à ces dernières années. Il y a donc, croyons-nous, un véritable intérêt à faire, avec quelques détails, l'histoire de cet ancien témoin des actes de nos prédécesseurs. Les documents utiles à ce travail sont assez nombreux. On en trouve de très importants dans les histoires de Paris: celle de Félibien(l), celle de Dulaure (2), l'histoire de la Police de Delamare (3), les recherches de Sauvai (4) et de Jaillot (5) ; mais les plus intéressants existent dans les archives manuscrites de l'École : délibérations de la corporation depuis 1656, du collège depuis sa fondation en 1777, de l'École; comptes financiers; dispenses et concessions; pièces manuscrites de procès entre les apothi^ caires et les épiciers ou corporations voisines; sentences, arrêts, etc., etc. Ces documents ont déjà été utilisés en partie par Laugier et Duruy (6) pour la confection de leurs Pandectes pharmaceutiques, par Phillippe (7) dans l'His
(1) Michel Félibien. Histoire de la ville de Paris, continuée par Guy-Al. Lobineau. Paris. 1725. 5 vol. in-fol.
(2) Dulaure. Histoire de Paris. 6* éd. Paris. 1837. 8 vol. in-8" et un atlas.
(3) Delamare. Traité de la Police. Paris. 1722-38. 4 vol. in-fol.
(4) Sauvai. Histoire et Recherches des Antiquités de la Ville de Paris. Paris. 1724. 3 vol. in-fol.
(5) Jaillot. Recherches critiques^ historiques et topographiques sur la ville de Paris, avec le plan de chaque quartier. Paris. 1775. 5 vol. in-8®.
(6) Ad. Laugier et Duruy. Les Pandectes pharmaceutiques, Paris. 183T In-8«.
(7) A. Phillippe. Histoire des Apothicaires. 1 vol. in-S*. Paris. 1853. ;
toire des Apothicaires. Mais il nous reste à relater, même après ces deux ouvrages, bien des faits inédits.
Nous avons aussi consulté avec grand profit les collections de nos Archives nationales, celles du musée Carnavalet, ouvert avec une si grande obligeance par MM. Cousin et Faucou aux recherches des savants. Enfin nous avons utilisé les données fournies par les anciens plans de Paris. Le Traité de la police de Delamare donne un certain nombre de ces plans, mais la collection la plus précieuse à cet égard est celle que le conseil municipal de Paris a fait publier il y a quelques années et qui indique, depuis les commencements de la Cité, les accroissements successifs de la ville et les changements survenus dans les divers quartiers.
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