‹ Le Jardin des apothicaires de ParisChapitre 11 sur 15 · I II I · texte numérisé non relu

I II I

' chargé de nouveau les Prévôts d'écrire à M. Buisson pour savoir de lui défi- I nitivement si il entendait continuer d'occuper la place d'adjoint au démonstrateur, ou s'il donnait sa démission .. (Ibid.t pag® ^^^ verso.) Et le 9 juin 1791, les Prévôts ont donné connaissance d'une lettre de ; M. Buisson dattée du 3 juin 1791 qui donne sa démission formelle de la place I d'adjoint au démonstrateur de botanique; le Comité a arrêté que cette démis^ I sion serait portée à l'assemblée générale. {Ibid.^ page 135.)

(1) Livre des Délibérations du Collège^ page 140 verso.

(2) Ibid., page 157.

(3) Guiart (Louis-Jacques), né à Melun, le 18 avril 1731. ; (4) Cadet de Gassicourt. Article nécrologique.

eu éci'ivaQt à la Société de pharmacie, le goût que j'ai pour l'histoire naturelle. Les Guiart, Deyeux, etc., oût guidé mes premiers pas dans cette science et je leur suis redevable du peu de succès que j'ai obtenu (1].

Cadet de Gassicourt, dans son éloge, nous dit de son enseigoement : « Les botanistes qui professaient alors dans les autres écoles, commençaient leurs cours par la lescription des plantes. M. Guiart fut le premier qui fît précéder le sien par des notions de physiologie végétale. D'est dans ces premières leçons surtout qu'il cherchait à inspirer à ses élèves le goût de la science en leur présentant avec charme et gaieté les considérations les plus iûtéressantes de la vie végétale. Ceux qui ont eu le plaisir de .entendre n'oublieront jamais la grâce et l'esprit avec lesquels il expliquait les fonctions des organes reproduc- ;eurs des plantes. Il était poète alors et aurait pu fourair les Images au chantre des amours des fleurs (~2). »

Pareille louange de la part d'un témoin aussi autorisé le peut nous laisser de doute sur le mérite de Guiarl, x>mme professeur.

Nous allons le retrouver dans l'i^cole de pharmacie, où 1 va, de concert avec son fils, continuer les traditions du ;?ollège.

'.'Enseignement aux iempa de l'École. — Diverses périodes de l'École. — Les Guiart. — Clarion ailjoint. — Agrëgis k l'École. — M. Chalîn, igrég*, pais professeur. — Enseignement théorique. — Herbori salions. — Tmioi pratiques.

En 1796, le Collège de pharmacie n'existait plus ; il avait liaparu avec toutes les institutions de l'ancien régime.

(1) Lettre de remerciement de Ventenat i la Société libre des pharwiens. Volume des Aotograpties, an V ï 18Si, n- S7 des Archiaei.

(î) Journal de Pharmacie et des Science» acceaaoirea, article Hécroloique signé C. L. C, tome iV, 1818, pages 231 et 238.

Mais les pharmaciens le firent aussitôt revivre sous une nouvelle forme. Profitant de l'article 300 de la Constitution qui donne aux citoyens le droit de former des établissements particuliers d'éducation et d'instruction, ainsi que des sociétés libres, pour concourir au progrès des sciences, des lettres et des arts, ils fondèrent la Société libre des pharmaciens de Paris et déclarèrent que leur intention était de perpétuer l'établissement d'instruction créé parleurs prédécesseurs; V Ecole gratuite iwXMn^ émanation directe de la Société ; un de ses organes les plus importants (1).

Plus tard, en Tan XI, l'École changea de caractère : elle fut détachée de la Société, qui devint simplement une compagnie scientifique, ne s'occupant plus directement

de l'instruction des élèves : ce fut V Ecole spéciale de phar^ macte, rattachée à l'État, qui nommait ses professeurs, donnait la sanction officielle à ses actes, mais lui laissait son autonomie au point de vue de l'administration de ses finances.

Enfin, en 1841, l'École entre dans l'Université au même titre que les Facultés ; l'État se charge de l'administration de ses fonds.

La première période est très importante au point de vue de l'organisation de son enseignement. La Société libre des pharmaciens a ses coudées franches; elle établit l'Ecole d'après ses propres idées. Les anciens démonstrateurs deviennent des professeurs et en exercent tous les droits; la Société désigne elle-même, avec une grande indépendance, les maîtres auxquels elle veut confier ses élèves; elle établit ainsi pour chaque enseignement deux professeurs titulaires et un adjoint. Du reste, comme elle est constituée des mêmes éléments que le Collège, elle ne rompt pas avec les traditions, elle ne fait que les améliorer. Elle change à peine les anciens cadres de l'enseignement.

(i) Voir G. Planchon ,iVo/e« sur les premières années de la Société de Phar^ macie de Paris. (Journ. de Pharm. et de Chim., [5J, t. UI, page 86, 1881.

La botanique resta entre les mains des anciens démonstrateurs : Guiart père et Sagot devinrent titulaires; Guiart fils fut nommé adjoint.

Nous avons parlé de Guiart. Nous ne savons pas grand'chose sur Sagot, sinon qu'il était né à Paris le 16 février 1750, reçu maître en 1781 et établi rue de la Roquette ; son enseignement n'a laissé aucune trace.

A partir de l'établissement de l'École gratuite tout est confié aux deux Guiart, et quand la loi de germinal an XI crée l'École spéciale de pharmacie, ce sont eux qui sont ofiiciellement nommés par le gouvernement, l'un titulaire, l'autre adjoint. Les traditions se continuèrent ainsi sans secousses.

Guiart père avait soixante-douze ans en l'an XL Ce fut pour lui une heureuse association que celle de son fils, « association dans laquelle la faiblesse du vieux père recevait d'un fils bien-aimé l'aide et le secours ; repos que l'âge avait rendu nécessaire mais que le vieillard aurait repoussé peut-être s'il fût venu d'une main moins amie (1). »

En réalité c'est le fils qui prend la direction ; c'est lui, .nous l'avons vu, qui reconstitue le jardin et qui en publie le catalogue; il supplée son père à maintes reprises, jusqu'en 1818, où il est appelé à prendre sa succession, qu'il gardera jusqu'en 1848.

En dehors du petit livre dont nous avons parlé, Guiart fils (2) n'a rien publié ; mais il a consacré sa vie à l'enseignement. Pour nous rendre compte de ce qu'étaient ses leçons donnons la parole à un de ses collègues, Soubeiran, qui a été à la fois son élève et son ami et qui, à ces titres, peut nous renseigner mieux que personne :

« En M. Guiart, le professeur a été tout l'homme. Oe

(1) Discours prononcé aux obsèques de M. Guiart, par M. Soubeiran. {Joum. de Pharm. et de Chim. [3], t. XIII, 1848, page 212.) ,

Guiart remplaçait souvent son père : en 1811 (Séance du 26 novembre), l'École lui vote 500' d'indemnité, pour avoir fait plusieurs années les leçons de son père.

(2) Guiart (Dominique-Louis), né à Paris, le 27 juillet 1763.

qui distinguait surtout son enseignement c'est le talent (fu'il savait y apporter. Il ne fallait pas lui demander ce langage fleuri, poétique, rempli d'images que l'on a cru devoir se prêter plus que tout autre à l'enseignement de la liotanique. La diction de M. Guiart était simple, facile, correcte; son exposition toujours claire et précise; il savait choisir habilement les faits, les classer avec méthode, en faire ressortir les applications pratiques. M. Guiart avait su se rendre compte de la position spéciale de ses élèves, il s'était proposé de leur donner une éducation botanique assez étendue pour satisfaire aux exigences de leur profession ; mais en même temps il avait tenu compte de leur position toute particulière, des cours nombreux qu'ils avaient à suivre, de l'exiguïté du temps accordé alors à l'enseignement, réduit aux proportions d'un seul semestre. L'esprit juste et réfléchi de M. Guiart avait su satisfaire à toutes ces exigences. Je ne puis mieux résumer ce qu'était M. Guiart comme professeur qu'en rappelant qu'à une époque où les chaires de botanique étaient occupées par Laurent de Jussieu, par Desfontaines et par Richard père, en un mot par les plus grandes illustrations de la science, les cours de M. Guiart attiraient à l'École de pharmacie un concours nombreux d'élèves et d'amateurs sérieux (t). »

Quant aux matières de son enseignement nous pouvons nous en rendre compte par les questions données à traiter aux élèves dans les concours annuels pour les prix. Il est évident que ces questions étaient toutes tirées des programmes des cours. Or voici le relevé, fait dans les procèsverbaux de ces concours conservés à l'École, des sujets proposés dans quelques années correspondant à l'enseignement de Guiart.

Concours de 1824. — Organisation et accroissement du végétal, des tiges, des cotylédons.

Caractères de la famille des Rubiacées : indiquer les espèces officinales et les parties employées en pharmacie* ^ — -^ — --.-■,., . ■ ■ - - - — . - , — .^ — ■ — ■ — — -^

(1) Souheiran, loc. cit.

Concours de 1825. — Déterminer ce que c'est que la 'aine, quels sont les organes qui la composent. Diffé^ Dces qui peuvent exister entre les graines de quelques milles.

De la famille des Graminées : décrire les caractères qui stingueot cette famille; les principes qu'elle renferme l'usage qu'on en peut faire en pharmacie.

Concours de 1827. — Quelle est l'organisation interne et .terne des feuilles ? Quels sont les difFérenls caractères 16 l'on a tirés des feuilles pour pouvoir distinguer les antes entre elles?

De la famille des Liliacées.

Concours de 1837, — Quels sont les organes de la reproiction dans les algues, les champignons, les hypoxylées, s lichénées, les hépaticées et les mousses? Egalement ins les characées, les equisétacées, les lycopodiacées, s marsiléacées elles fougères.

Caractères de la famille des Fougères : espèces officiiles et parties de ces plantes employées en pharmacie. Ces quelques exemples suffiront pour montrer que toutes i parties de la botanique étaient enseignées à l'École de : tarmacie : la partie systématique ou description des antes y tenait une place à peu près égale aux éléments anatomie, de physiologie et à la morphologie. Du reste, Guiart n'était pas seul à faire cet enseignement : trouvait un aide très efficace dans le professeur adjoint, li prenait une part active à l'instruction des élèves. j

En devenant titulaire, le 20 août 1818, il avait laissé .cante cette place d'adjoint, à laquelle on songea imméatement à pourvoir; dès le 31 octobre, l'École vota et fit s présentations. Houton de la Billardière obtint 6 voix mtre 4 données â Clarion ; mais ce dernier était le candat du gouvernement. Il fut présenté par l'Académie 13 sciences, et le ministre écrivit à l'École : « Quoiqu'mi itre candidat ait obtenu dans votre assemblée, mes- j eurs, la majorité des suffrages, M. Clarion, qui réunit a iS connaissances étendues l'expérience que donnent les luées et un long.exercice de la profession de pharmacien,

a paru à Sa Majesté devoir être préféré à son jeune compétiteur (1).

Quoique la science n'eût pas été le seul mobile de cette nomination, FÉcole n'eut pas à la regretter. Clarion se chargea plus particulièrement de la partie systématique et surtout de la botanique rurale, laissant à Guiart les leçons de morphologie et de physiologie. Sous son impulsion, les herborisations prirent une grande importance. Nous trouvons dans les archives de l'École la liste de ces excursions, dans diverses années. Elles se répètent deux ou trois fois par semaine, parfois trois jours de suite. Il est évident qu'à ce moment, ces exercices pratiques à la campagne forment, à eux seuls, presque tout l'enseignement de Clarion (2).

(1) Séance de l'École du 2 janvier 1819.

Clarion (Jacques), né à Saint-Pons de Seyne (Basses- Alpes), le 12 octobre 1776. — Il fut aussi nommé, en 1823, professeur d'Histoire naturelle médicale k la Faculté de médecine, mais il a dû quitter cette dernière place en 1830, lorsque les hommes politiques qui la lui avaient donnée ont perdu le pouvoir. (Notice sur Clarion, par Guibourt, citée un peu plus bas.)

(2) Voici une de ces listes qui nous montrera à la fois la fréquence des herborisations et les endroits vers lesquels elles étaient dirigées :

Herborisations de VÉcole de Pharmacie dans le courant de Vété 1825 :

Mai 5 — 1'* herb. dans la forêt de Bondy.

— 8 (dim.) — 2» herb. dans le parc de Saint-Cloud et les bois de Ville-

d'Avray.

— il — 3* herb, dans les bois de Meudon.

— 15 (dim.) — -*• herb. dans le bois de Boulogne.

— 18 — 5* herb. dans les prairies et au bord de l'Étang de Saint-Gratien.

— 19 — 6* herb. dans la forêt de Montmorency.

— 26 — V herb. dans le parc de Sceaux et les prairies de Plessis-Piquet. Juin 2 — 8" herb. dans le parc de Saint-Cloud, l'étang et les bois de Ville-

d'Avray.

— 9 — 9* herb. dans le bois de Vincennes et les bords de la Marne. — 15 — lO** herb. dans la forêt de Fontainebleau, côté de Chailly.

— 16 — 11* herb. dans la forêt de Fontainebleau, côté de Franchard.

— 17 — 12° herb. dans la forêt de Fontainebleau, côté du Mail.

— 23 — 13* herb. dans les bois de Saint-Cucuphat, de Marly.

— 26 (dim) — 14" herb. dans le bois de Boulogne.

— 30 — 15" herb. auprès de la Marne et les champs de Saint-Maur.

Du reste, ces conclusions que nous titrons de nos archives, concordent exactement avec les renseignements que donnent sur le professeur tous ceux qui l'ont cooau. Il était universellement réputé comme un herborisateur émérite. Guibourt, dans la notice qu'il lui a consacrée, dit a qu'il était profondément instruit de tout ce qui concernait la physiologie et Tanatomie végétales, et il passait avec raison pour un des botanistes qui connaissaient le

mieux les plantes des environs de Paris Les plantes

nouvelles qu'il avait découvertes en France ont été insérées comme inédites dans la Flore française, de Lamarck et de de CandoUe (1) ». .

Et M. Ghatin, qui avait eu Voccasion non seulement de le connaître, mais aussi de le seconder, à partir de 1843, s'exprime ainsi sur son compte :

« Ghargé à la fois d'enseigner la botanique systématique et de diriger les herborisations, il acquit bientôt dans celles-ci surtout un juste renom. A l'amphithéâtre, sa diction chaude et colorée, la comparaison ingénieuse des caractères de familles, des aperçus neufs et hardis qui ouvraient à ses jeunes auditeurs des voies de recherches, la clarté qui découle de sa possession complète, tout, jusqu'à l'accent provençal qu'il avait religieusement conservé, soutenait l'attention, faisant trouver bien courte la leçon d'une heure.

Juil. 3 (dim.) — 16" herb. dans la forêt de Saint-Germain.

— 7 — 17* herb. dans la forêt de Saint-Germain, côté de Poissy.

— 14 — 18* herb. à Charenton, les champs, les bois de Saint-Maur et les

bords de la Marne.

— 17 (dim.) — 19» herb. à l'étang de Saint-Gratien.

Signé : Claiuon, professeur adjoint, chargé de faire les herborisations de l'École de pharmacie.

Ce sont à peu près les mêm«s localités qui reviennent les autres années.— De temps en temps on note une dépense pour un panier à mettre les plantes qu'on ramassait pour planter dans les jardins des deux écoles de Pharmacie et de Médecine.

(1) Guibourt, Notice sur Clarion {Journ, de Pham, et de Chim, [3}, Vil, 88 à 90, 1845).

I « Mais c'était aux herborisations'que Chirion se montrait

I dans toute sa supériorité. Sur ce terrain, il était de l'aveu

I de tous les botanistes de son temps, le Primus inter pares,

ce dont on ne s'étonnera pas en se rappelant que la

recherche des plantes et leur détermination l'avaient

occupé dès l'enfance, et que son ardeur dans Ce genre

d'études était servie par une grande intelligence et une

organisation des plus robustes. D'une perspicacité, à

i laquelle aucun détail n'échappait, Clarion distinguait du

i premier coup d'oeil une espèce de ses congénères les plus

I voisines » (1).

Avec ses deux professeurs, se complétant l'un l'autre, l'Ecole avait donc un excellent enseignement.

En 1841, une nouvelle organisation de l'École, rattachée

à l'Université, joint des agrégés aux titulaires et aux

adjoints. M. Chatin est chargé de ces fonctions auprès de

la chaire de botanique et son aide est des plus oppor-

i tunes.

Guiart était en effet d'un grand âge à cet époque : il était né en 1763, avait près de quatre-vingts ans, et la fatigue se faisait depuis longtemps sentir. Aussi dans ,1a séance du 30 avril 1842, expose-t-il à rassemblée de I l'Ecole que « des raisons particulières de santé ne lui permettraient que difficilement de faire son cours cette année; il témoigne le désir que M. Chatin soit chargé d'une portion de ce cours. Sur sa proposition et du consentement de M. Clarion, professeur adjoint, l'École arrête que le cours de botanique sera divisée en deux parties : l'organographie et la physiologie végétales .qui seront faites par M. le professeur adjoint, et l'étude des familles des genres et espèces employées en médecine, qui sera confiée à M. Chatin, agrégé pour les sciences naturelles » (2). Guiart n'était plus en état de reprendre ses leçons

(1) Chatin, Notice sur J. Clarion, (in Bulletin de la Soc. botanique de France, tome XXXVUI, 1891, page 89, et Joum. de Pharm. et de Chinu [5], XXV, 1892, page 297).

(2) Délibération de l'École.

d'une manière régulière. D'autre part Clarion souffrait déjà en 1843 d'une maladie de cœur, à laquelle il succomba en 1844. L'agrégé se trouvait donc par le fait des circonstances chargé à lui tout seul, ou à peu près, de renseignement de la botanique. Il en fut ainsi jusqu'à la mort du professeur titulaire, en janvier 1848. Guiart avait quatre-vingt-quatre ans et avec lui disparaissait le dernier représentant du Collège et de la Société libre.

L'École continua à M. Ohatin la mission dont il avait été temporairement chargé à diverses reprises. Au mois de mars 1848, elle le présentait au ministre (1) comme remplaçant de Guiart, et par arrêté du 13 juin, le gouvernement confirmait ce choix.

Avec l'arrivée de M. Chatin à l'École bien des choses par trop anciennes furent modifiées : tout d'abord la classification du jardin, vieille de plus d'un siècle et que n'avaient que très imparfaitement rajeunie les retouches de Guiart; la méthode de de CandoUe, qui en prit la place, mit dans le vrai mouvement de l'époque l'enseignement botanique de l'École. Le cours fut aussi équilibré suivant les besoins du moment et des élèves auquel il s'adressait : il comprit vingt leçons d'organographie et de physiologie, vingt leçons de taxonomie, quelques notions sur les maladies des plantes et sur les applications des tissus végétaux.

A côté du cours théorique, les applications pratiques. Le professeur propose à l'École de remplacer une des trois leçons qu'il compte faire chaque semaine à l'amphithéâtre par une démonstration de plantes usuelles faites dans le jardin. Cette proposition soulève bien quelques craintes sur la détérioration que ces conférences pourraient occasionner; elle laisse cependant l'essai de ces leçons à l'appréciation du professeur (2). En tous cas ce qui peut en tenir lieu, ce sont les herborisations.

A cet égard, M. Chatin est le digne continuateur de

(1) Par 6 voix contre 2 données à Payer.

(2) Délibération de l'École. (Séance du 5 avril 1849.)

Clarion. Connaissant à fond la flore parisienne, il guide avec une grande compétence la jeunesse de l'École aux environs de la capitale, et, quand Foccasion s'en présente, dans des excursions plus lointaines, qui les initient à une végétation plus variée. Après la mort d'Adrien de Jussieu, pendant la trop longue éclipse de la chaire de botanique rurale au Muséum, on peut dire que c'est l'École de pharmacie qui conserve à Paris les vraies traditions de cette étude directe de la nature, à la fois si attrayante et si féconde.

Les études d'anatomie et de physiologie réclamaient un autre genre de travaux pratiques, fondés sur la micrographie. Rien n'existait dans ce sens à l'École. M. Chatin s'attacha à cette œuvre et il l'a menée à bonne an. Dès Tannée 1874, il installa des laboratoires, où les élèves purent s'exercer à Fexamen microscopique des végétaux, et pour donner à ces études une sanction qui les fit poursuivre avec plus d'ardeur et de suite, il obtint, en 1878^ que ces épreuves tiendraient une place importante dans les examens de réception. Ainsi dans les dernières années du Jardin des Apothicaires à la rue de l'Arbalète, l'enseigoement botanique atteignit son pleia développi^ment, ^t les désirs de Nicolas Houël se réalisèrent au delà de tout ce qu'il avait pu espérer.

Nous avons suivi dans ce travail les nombreuses viscissitudes qu'a traversées l'établissement rêvé par ce philanthrope : ses commencements si difficiles, sa lente évolution, sa marche régulièrement croissante à travers les obstacles, enfin sa complète prospérité. Ces progrès remarquables sont dus, il faut le reconnaître, à l'esprit de suite, au dévouement et à la fermeté que montrèrent les Apothicaires. Ils eurent affaire à des adversaires puissants, qui opposaient des préjuges, et plus encore des privilèges incontestés, à leurs désirs de progrès scientifiques; après avoir vaillamment combattu, ils surent attendre patiemment et le temps leur donna gain de cause. Plus tard, quand un souffle nouveau vint secouer les institutions du passé, ils surent profiter de la liberté pour se transformer

purent ainsi traverser, sans interrompre leurmarche, emps agités où tant d'autres sombrèrent ou furent enlanément arrêtés : fait curieux, sur lequel Chaptal tement attiré l'attention en parlant de ce Collège de nacie, seul resté debout au milieu des ruines, seul t conservé ses formes, son organisation et ses profes- (!)■

> titres, chèrement conquis, ne les oublions ^as, et, ■minant, adressons à cette vieille institution de la rue .rbalète, qui nous a si largement ouvert l'avenir, uq nir pieux et reconnaissant!

liscours prononcé i la séance publiqae pour la distribution des pnx iga de Pharmacie, le 19 brumaire an IX, par le citojen Chaplal, mile l'Intérieur, dans annuaire d /'usage des membres du Collège de acie pont Van X de l'ère repu 4 Hca ine IBOl tt 1802 de l'ère c/iré-

Paris, an X, MDCCCIl,

reproduisons ici la pbrase entière, qui porte bien le caractère dn

rsque nos neveui parcourront quelques pages sanglantes de notre , dana lesquelles seront reiracâs tous les vandalisme s, ils verront, iite avec douleur, que les plus belles institutions aient disparu comma Hé; ils verseront peut-être quelques larmes sur les ruines de ces . génie des siècles; mais avec quel étonnement leura le porteronl-ils pas sur le Collège de Pharmacie, seul resté debont es ruines, seul ajrant conservé ses formes, son organisation et ses

Page 1