‹ Le Jardin des apothicaires de ParisChapitre 10 sur 15 · I.-P. Buisson par son opuscule, qui était très probablement · texte numérisé non relu

I.-P. Buisson par son opuscule, qui était très probablement

le programme même de son cours. Quelques indications

BUT la morphologie et sur les systèmes de classification

evaient en être l'introduction. Puis venait la partie essen-

lle, c'est-à-dire la démonstration des plantes utiles. Son ivre ne contient guère qu'une énumération de ces espèces |ntngées par familles. Mais dans un avis qui précède cette nomenclature, les élèves sont priés de ne regarder ce catalogue « que comme l'aperçu d'un autre catalogue auquel

(1) Livre des Délibérations du Collège, etc.^ page 36.

on ajoutera les caractères de familles, d'ordres, de sec^ lions, de genres et d'espèces, s'il est possible. Il n'est fail que pour leur éviter le désagrément des dictées, à employer un temps plus précieux pour leur instruo<j tion (1) ». C'était une sorte de canevas, auquel s'ajoutaient oralement les développements que le professeui jugeait nécessaires (2).

« Les démonstrations dans l'École n'étaient pas les seuls services qu'il aimait à rendre à ses élèves. Des promenades très éloignées dans les environs de Paris devc* naient, par sa présence et à l'aide de ses conseils, uni occasion pour chaque élève de mettre à profit les leçon^ du professeur • (3). Buisson inaugurait déjà ces herbori-i sations, qui sont un des traits caractéristiques de l'enseignement botanique à l'École de pharmacie. j

Nous avons vu comment des considérations étrangères à l'enseignement firent échouer tous les projets du démon» trateur. Découragé par les résultats de la délibératioB de 1784, qui lui enlevait l'organisation du jardin, blessa

(1) Buisson. Classes et noms des Plantes, etc. Avis, page ziv.

(â) L'AlmanacU du Collège résume en quelques mots la yie scientifique ai Buisson :

Jean-Pierre Buisson fut investi du titre de pharmacien de Paris, en 1767; par agrégation en qualité de gagnant maîtrise do THÔtel-Dieu. Il a professi la botanique au Collège de pharmacie, depuis 1777 jusqu'en 1784. Il a él pharmacien en chef du même hospice où il avait gagné sa maîtrise. Le règi de la Terreur l'a forcé de donner sa démission ; cette retraite même faisait éloge. J.-P. Buisson est mort, après une maladie très longue, de langueur, SO brumaire an X {Annuaire à l'usage des membres du Collège de phar macie et de leurs élèveSy pour Van X de Vère républicaine 1801 et ISOJ de Vère chrétienne. Paris, an X, MDCCCII, page 45 et 46.

(3) Delunel. Sur la vie et les travaux du citoyen Buisson, pharmacies I Paris, lu à la dernière séance publique de l'an XI, in Annuaire ou Pri des travaux du Collège de pharmacie de Paris et de la Société libre pharmaciens pour Van XI de la République, Paris, an XI. page 74.

Delunel ajoute un peu plus bas : « Il a donné beaucoup de temps, de soi à la récolte des plantes des environs de Paris; de cette collection, il a foi un herbier dont le mérite, sans répondre tout à fait à ses espérances, n'en ei pas moins un témoignage certain de son amour pour la botanique et du zèll avec lequel il sut la cultiver.

d'être tenu à Técart de tout ce qui touchait à ses fonctions, il demanda sa démission dans le courant de Tannée. Sa lettre prétexte son état de santé et prie le Collège de lui trouver un successeur pour renseignement de l'année 1785, quïl ne se sent pas la force d'entreprendre.

Le Collège s'occupa de son remplacement. C'était en assemblée générale que Ton devait procéder à l'élection, d'après les règles suivantes, résumées dans le Répertoire alphabétique^ déjà cité :

« L'élection de MM. les démonstrateurs doit se faire tous les six ans ; mais si un démonstrateur se retire, on le remplace de suite par l'élection.

« Pour cet efTet, dès que les prévôts ont reçu l'avis de retraite ou que les six ans sont prêts à expirer, ils envoyent des circulaires à tous les confrères pour les prévenir que telle place de démonstrateur est vacante, que ceux qui voudraient bien y avoir part ayent la bonté d'en prévenir les prévôts avant l'élection qui aura lieu dans un mois ou environ.

« Ensuite ils envoient des billets pour prier d'assister à l'élection aux jour et heure qu'ils indiquent.

« Dans l'assemblée convoquée, ils annoncent ceux de MM. les confrères gui se présentent pour démonstrateurs et de suitte chaque membre fait sur des cartes le nom de pelui qu'il choisit. Les cartes sont mises dans le scrutin ît retirées pour être comptées.

« Ceux qui auraient été auparavant agréés en qualité de surnuméraires par une délibération prise par le comité, doivent avoir la préférence dans ces nominations (1). »

Dans l'assemblée du 31 décembre 1784, on vota de cette façon, pour l'élection d'un démonstrateur en botanique sur la démission de M. Buisson, et, à la pluralité des sufrages, la place fut donnée à M. Guiart et celle d'adjoint à K. Lehoux de Clermont. C'étaient les deux membres du

(1) Répertoires alphabétiques déjà cités :

Article Élection des démonstratears, page 37 yerso du vol. n<* 34 et page 34 Terso du vol. n* 36.

Collège que le comité avait chargé de veiller à la replantation du jardin, d'après la classification de Tournefort. Nous retrouverons Guiart, dans l'histoire de TÉcole, jusqu'en 1818.

Buisson et Guiart ont été les seuls démonstrateurs en titre pendant la période du Collège. Mais les adjoints à leur chaire se sont succédés à de très courts intervalles.

Le 27 janvier 1781, Tassart, l'un des prévôts, réunit l'assemblée générale, et après l'avoir avertie quïl a rempli toutes les formalités voulues, il fait procéder à l'élection d'un adjoint au démonstrateur de botanique. Deux candidats sont en présence. Rouelle et Marin. Chaque maître met son suffrage dans le scrutin, et les suffrages comptés, il s'est trouvé que Rouelle avait réuni vingt-deux suffrages et Marin quarante-six (1). La place est donc déférée de droit à Marin.

Ce Marin n'a pas laissé trace de son passage. En 1784, il est remplacé par Lehoiix de Ciermont, qui, luimême, ne reste pas longtemps dans ces fonctions (2). En effet, en 1788, dans l'assemblée du 22 décembre (3), on procède de nouveau à une élection pour remplacer l'adjoint qui manque, est-il dit, depuis longtemps. « Buisson a le vœu unanime de l'assemblée», mais il n'en profite guère, ou du moins hésite longtemps à le faire. Après plusieurs lettres ambiguës écrites au comité, on lui demande de s'expliquer nettement sur ses intentions ; il donne alors, le 19juin 1791, sa démission formelle et défiuitive(4).

(1) Livre des Délibérations du Collège^ page 89 verso.

(2) Livre des Délibérations du Collège y page 60 verso.

(3) Livre des Délibérations du Collège, page 113 verso.

(4) Ce jourd'huy 1 jnin 1791, les Prévols ont été invités de plus à écrire à M. Buisson pour en obtenir une réponse positive sur son acceptation ou son refus à la place d'adjoint au démonstrateur de botanique, d'ici à vendredi prochain, en lui exposant que son silence sera réputé une démission. (Livre des Délibérations du Collège, page 134 verso.)

Et le 3 juin 1891... Les Prévôts ayant reçu de M. Buisson une lettre en réponse à celle qu'ils avaient été chargés de lui écrire par le Comité assemblé le 1*' du courant, TAssemblée n'ayant pas trouvé cette lettre satisfaisante &

Le 19 avril 1792, deux nouveaux candidats sont en ligne, Guiraudet et Guiart fils. Un petit nombre de membres sont présents à l'assemblée ; on diffère l'ouverture de la séance jusqu'à midi, pour laisser aux retardataires le temps d'arriver. Enfin, on procède au scrutin, et il y a égalité de suffrages entre les deux concurrents. Au second tour la majorité est acquise à Guiraudet (1).

Deux ans plus tard (3 floréal an II), le citoyen Sagot est désigné comme' adjoint de Guiart (2).

Au milieu de tous ces changements, les adjoints ne peuvent rendre grand service à l'enseignement ; nous ne trouvons rien à mettre à leur actif, et tout le poids de l'instruction botanique repose sur Guiart père (3).

Pour avoir une idée de ce professeur, nous n'avons pas

la ressource de ses ouvrages; il n'a jamais rien imprimé,

mais ses contemporains lui rendent hommage, et font de

ses leçons un véritable éloge. C'était un lettré, dont les

études avaient été brillantes, et qui s'était laissé séduire

par la botanique. Très modeste, il n'avait jamais publié

aucun de ses ouvrages; mais « ses amis connaissaient

de lui plusieurs mémoires intéressants, plusieurs écrits

littéraires, des poésies latines, remarquables par la

ipureté du style et l'imitation des anciens (4) ». Enfin, nous

avons dans nos archives quelques pièces de vers lues par

lui dans les réunions intimes avec ses collègues. S'il n'a

I rien produit pour le public, ses cours ont été fort utiles;

I ils étaient suivis par de nombreux élèves, Ventenat était

' du nombre. Je dois à cet établissement (le Collège), dit-iî

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