‹ Le jardin des caressesChapitre 25 sur 78 · TT!T · texte numérisé non relu

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® Si l'or s'est échappé de tes coffres, celui des étoiles abonde au firmament, et nulle main ne l'a pollué. ®@ ®® ®® ® Si l'Amour a fui ta demeure, n'envoie personne à sa recherche. Contente-toi de te rappeler son visage vermeil, que tu ne reconnaîtrais pas si tu le revoyais penché sur ton épaule. L'ombre projetée par un cyprès est-elle immuable? ®@ ®@ ®® ®@ @® ® Nous sommes les fils des morts.

Pourquoi essayons-nous de refuser le vin qu'ils ont bu, et, quand nous l'acceptons, pourquoi exigeons-nous que le plus beau des échansons tienne la coupe ?®®®®®®®@®®®@®®®®S)® ® N'ouvre pas une porte qu'il te serait impossible de refermer. ® ®® ®® ® Toute chose, à sa naissance, est menue, puis elle grandit, sauf le malheur, qui est immédiatement énorme, puis décroît. ®® @® @® ®@ ®@ ®@ ®@ ® Diâ Eddin' Obaïd cueillait des tu-

bèreuses sous la neige du mont Chabrâh, et Amr' Ebn El Khoulthoûm ne trouvait que de l'amertume aux plus beaux fruits des vergers de Damas...

@ Les tubéreuses d'Obaïd n'avaient aucun parfum, et les fruits de Khoulthoûm empruntaient leur amertume au fiel que distillait sa bouche. © ®® © L'un et l'autre ignoraient que le vent de l'adversité ne souffle jamais dans le royaume de la Sagesse. ®@ ®® ®® ®®®@®®®®®®®®®®®@®®®®®®

M MON CH EVAL M

, e t'ai nourri d'orge triée par des doigts blancs de femmes.

L'eau que tu buvais avait la transparence de l'air. Tes mors étaient d'argent pur, et les plus nobles versets du Livre étaient brodés sur le tapis de ta selle. @® ®@ @® @® ®@ @® © Ton encolure était aussi douce à caresser qu'une épaule de jeune fille.

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Ta crinière était aussi soyeuse qu'une chevelure. ®®®@®®®®®®®@®®®® ©O mon compagnon valeureux, tu m'as fait triompher dans toutes les batailles, et, quand j'allais à un rendez-vous d'amour, tu dépassais les hirondelles! ®®@®®®®®®®@®®®® @ Tu vas mourir. Ta tête retombe, ton œil s'obscurcit. ®@ @® ®@ ®@ ®@ © Je ne te verrai plus cabré comme une flamme sur le socle roux du désert. ®®®®®®®®®®®@®@®®S)®

jffj^LA RÉALITÉ M M

n jardinier d'Okadh, nommé Abdallah El Sâmar, décida de faire éclore sous le ciel du Hedjâz quelques-unes des fleurs merveilleuses que Chaëb Kiâzim, le voyageur, avait admirées dans le royaume de Sennacherib. ®@ @® ®@ ®@ ®® ®® ® Il pria Chaëb de lui décrire avec soin la forme et les nuances de ces

fleurs, puis il se mit à l'œuvre. © ®® © Trois années passèrent. Un jour, sur la place du marché, Abdallah annonça que l'on pouvait voir, dans son jardin, des fleurs singulières et magnifiques. @®®®®®®®©®@®®®®® © Les curieux furent nombreux. Enfin, Abdallah reçut la visite de Chaëb Kiâzim. Celui-ci convint que ces fleurs étaient semblables à celles qui embaumaient les jardins d'une cité, dont il prononça le nom. @® S© @® ®® ®@ © Abdallah, loin de penser que la vue de son ami avait pu baisser ou que son bon naturel l'inclinait à l'indulgence, ressentit une grande joie, et résolut d'aller comparer ses fleurs à leurs sœurs du pays mystérieux. © @® @® © Un matin, trois jeunes filles de Mossoul trouvèrent, dans un jardin de leur ville, un étranger qui s'était poignardé. ®®©®®®®®©®®®®®®@®® JtMJ6MJ*MMMJ*MJ£M

JS M SES YEUX JS M

uelquefois, je m'amuse à la contrarier. Aussitôt, le poing à la joue, elle s'accoude, dans une attitude de défi. ®® @® ®@ ®@ ®@ @ On entendrait les battements de ses cils... ®®®®®®@®@®®®®®@®®®® © Sous ses paupières bleues, on ne voit plus de ses yeux qu'une lueur horizontale et fascinante. © ®@ ®® ®@

JffJ^LE SERPENTJffJff

lle était assise sur mes genoux, j'avais glissé ma main sous sa robe. D'une voix indifférente, je parlais des troupeaux, des chiens agiles, des pâturages. ®® @ Ses jambes étaient lisses et fermes.

@ Enfin, elle parut s'apercevoir que je la caressais. ® ®@ ®@ ®@ S® ®@ @® @ « Il y a un serpent sous ma robe I dit-elle en riant. @® ®® ®@ ®@ ®@ @®

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® — Justement, lui ai-je répondu, je le cherche... ®®®®®®®®®@®@®®®®

M LA JEUNE FILLE ET L'AVEUGLE M M Jff

n lynx passerait près de toi sans te voir, car tu sais te rendre invisible au plus vigilant. ®®®@®®®®®®®®®®®®®® @ Mais, tu n'as pas trompé l'aveugle qui mendie au carrefour de la Mosquée Verte. Il a crié sur ton passage : @ — Amina, tu es la plus belle! ® ®@ @ — Aveugle, comment peux-tu savoir que je suis belle? lui as-tu répondu. Tu oublies que, si tu étais à cette heure dans un jardin de roses, tu aurais seulement le droit de dire : « Il y a, ici, des fleurs qui embaument comme les roses. » © @® ®@ ®@ ®@ ®® @ — Amina, tu es la plus belle T a-t-il encore crié. J'éprouve, quand tu passes, la joie du voyageur qui écoute

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bruire une source. Quel doit être le bonheur de celui que tu aimes, et qui te voit jour et nuit, même lorsque tu es absente T®®@®®®®®®®@®®®® © — Aveugle, lui as-tu répondu encore, toi qui n'as pas su fermer assez tes paupières pour empêcher la lune de verser son poison dans tes prunelles, ferme mieux ton âme aux pensées soupçonneuses ! » ®@ ®® @® ®@ ® Pourtant, bien-aimée, tu me souriais par-dessus le petit mur de la Mosquée Verte... ®@ ®@ ®® ®@ ®@ ®®

HAÏAT EZZAOUDJINN

armi les lilas dont les thyrses fleuris annoncent le renoui veau de l'amour, Farid et Namah se promènent sans échanger un mot, un regard. © @® @® ®@ ®® ®@ ®@ © Ils vont ainsi côte à côte, dans la vie. De jour en jour, les yeux de Namah s'éteignent, ses joues pâlissent.

©J'imagine que cette jeune femme, la nuit, doit écouter avec délice l'œuvre lente de la mort dans le corps du vieillard. ®@®®®®®®®®®®®@®® ® Mais, à l'aube, quand elle vient de s'endormir, se penche-t-il sur sa tête et suit-il le travail de la bête qui grignotte son cerveau, ronge et délie les fils de son rêve ? @® ®@ @® ®@ ®® ®@

JS LES SORCIERS M

ls se transpercent les joues et les mains, dans un délire sacré. Ils clament des mots inconnus, qu'un joueur de darboukah répète en martelant son instrument.

Une écume épaisse suinte de leur bouche, et leurs yeux ont l'éclat des tisons. Tantôt sur un pied, tantôt sur l'autre, ces possédés tournent infatigablement. On dit qu'ils peuvent faire jaillir une source du sable le plus aride et contraindre une vierge à en-

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fanter... @®®®®®®®@®®@®®®®® ® J'ignore si ces hommes ont un pareil pouvoir. Mais, ce que je sais bien, c'est que mon aimée, la pure Khalîla, donna le jour à une ronde petite tille, quelques mois après le soir que j'eus le bonheur de la rencontrer sous les remparts, alors qu'elle admirait ces danseurs frénétiques. © ®@ ®@ ®® ®@

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