L'AURORE PROCHAINE
e te reverrai dans quelques jours. Je ne peux croire que cette aurore sepréparel Dans quelques jours, j'entendrai ta voix, et je boirai à ta bouche l'eau qui me fera oublier la soif que j'ai endurée.
® J'étais pareil à l'agneau qui a perdu sa mère. J'étais pareil au papillon qui ne trouve plus la seule fleur dont le suc le nourrit. ® ®® ®@ @® ®® ®® @® ® Sans cesse, je prononce ton nom et celui de l'enfant que tu m'as donné.
Comment le cœur d'un homme peutil contenir un tel amour T® @® @® @® @ Tu m'attendras dans notre jardin, à l'heure éclatante où les fruits sont plus dorés. Mon fils dormira. Sur ses lèvres, nous irons d'abord baiser notre amour vivant. ® ®@ ®@ ®® @® ®@
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Jg M M LES JARDINS DE OUALATA Jff M M
uand la lune sera dans le ciel, je vous parlerai des jardins de Oualata. En attendant, que Moktar verse dans nos tasses de l'eau fraîche, et qu'il stimule les musiciens T ®®®®®®®@®@®®®®®®®® ® Tu dis que la lune est dans le ciel? Je vous parlerai donc des jardins de Oualata... ®@ @® @® ®@ ®@ ®@ ®® ®@ ® Ils sont au delà de la mer, dans El Gazaïr, le pays assoiffé. Comme vous posez un bouquet entre les seins d'une bien-aimée, Dieu a posé ces jardins entre les deux collines de M'zara. ®®®®®@®®®®®@®®®@@® ® Des ruisseaux mélodieux les parcourent, et leur onde a les reflets qui chatoient aux gorges des ramiers. De belles jeunes filles s'y promènent, et leurs seins ont la rondeur des gre-
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nades. ®@®®S®®@®®®®®®®®®® @ Dieu, voulant se construire une mosquée, a posé là ces jardins avec leurs palmiers alignés, qui sont des colonnes ; avec leurs oranges, qui sont des lampes d'or; avec leur sable, qui est un tapis immaculé. © ®@ © Il faut aller s'asseoir dans ces jardins, lorsque l'amour est dans notre cœur comme la lune dans le ciel. ®® @ Une nuit que l'amour était dans mon cœur, j'ai respiré les parfums des jardins de Oualata. ©@ ©@ ®® S® @ O souvenir I O nostalgie T Elle disait : « Tu m'as entraînée loin de ma demeure... Maintenant, je suis contre toi comme une gazelle exténuée. Tu me donnes à boire des baisers, et ce breuvage ajoute à ma fièvre. L'amour est-il si implacable ? » ®@ ®@ ®@ @® ® On n'entendait que le doux ruissellement des eaux. Je demeurais silencieux, assis, prés d'elle, sur le sable
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argenté de lune. ®@ ®® ®@ ®® ®@ ®@ @ Ses paupières s'étaient abaissées sur ses yeux comme la nuit descend sur la mer, et ses mains s'étaient desserrées comme des roses s'épanouissent. Sous les grandes palmes immobiles flottaient d'enivrantes odeurs.
@ J'ai mordu le rubis de sa bouche et les perles de ses dents. J'ai déroulé sa chevelure, et j'ai meurtri ses seins. @ Dans mon cœur poignardé d'amour, la lune ne versait plus son lait pacifiant. ®@®@®®®®®®®®®®®®®@
Jff TES DIX VISAGES M
, e te connais dix visages, et, chaque fois, c'est une autre femme qui me regarde et me sourit. ®®®@®®®®®@®®®®®®®® ® Selon que je dispose tes cheveux sur ton front, selon que je me rapproche ou que je m'éloigne de tes yeux, c'est une autre femme qui est
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étendue sur mon tapis. ®@ ®® ®@ ®@ ® Souvent, blottie contre mon épaule, tu fais la petite fille désolée. Alors, tu as des gémissements alternés, qui me troublent plus que toutes les paroles d'amour. ®®®®®®®®®@®®®@®® ® Souvent, raidie et farouche, tu t'amuses à me repousser. Alors, tes gestes méchants me troublent plus que toutes les caresses. ®® S® ®@ ®@ ® Souvent, penchée sur ma bouche, tu murmures des paroles d'amour sincère, mais ces mots me troublent moins que ton silence quand je cherche tes dix visages. ®@ ®@ ®@ ®® ®@
M JtfLA MOSQUÉES Jff
e me rappelle ce matin de Damas et le silence du jardin où tu sommeillais. ®@ ®@ @® ® L'ombre de ton cou était bleue. Tes seins se soulevaient et s'abaissaient avec un rythme de source. Tes bras,
à l'abandon, étaient deux ruisseaux d'argent sur l'herbe, et des papillons se posaient sur tes ongles, les prenant pour des roses. ®@ ®@ ®@ ®@ ®@ @ A ce moment, dans les Jardins du Paradis, mon père contemplait-il des vierges plus splendides ?® ®@ ®® ®@ ©Je me suis étendu près de toi, comme un mendiant près d'une mosquée.
Jff M LE PAVOT M M
azli, un jour, alla trouver un vieillard et lui demanda : ®@ ® — Qu'est-ce que l'amour?
® Le vieillard répondit : ®@ ®@ @® @® © — Regarde ce pavot... Hier, il s'est épanoui. Aujourd'hui, il s'effeuille.
Demain, il ne restera de sa beauté qu'une capsule remplie de graines empoisonnées. L'amour est tel. ® ®@ @ Fort décontenancée, la jeune fille s'éloigna. Le lendemain, elle aperçut, dans une boutique, un homme qui
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écrasait des graines de pavots. ® ®® @ — Misérable T s'écria Nazli. A quel malheureux destines-tu ce breuvage? ®@®®®®®@®®®@®®®®®@®® ® L'autre éclata de rire. ®@ ®@ ®@ ®@ ® — Ces graines, petite, ne contiennent pas que du poison. J'en extrais une huile délicieuse, mais, encore, faut-il savoir s'y prendre... ®® ®@ ®® ®®®®®®®®®@®®®®®®®@®®®®
Jg RÉSIGNATION JET K>>| endant que je te parlais, l'om- 3 Qs Dre d'une fleur de magnolia s'est posée sur tes genoux.
Elle était si lourde, que tu ne m'écoutais plus I Tu la berçais comme tu aurais bercé l'enfant qui serait né de notre amour, si nous avions pu nous aimer. @® ®®®@®@®®®®®®®@®® ® Et je te regardais bercer l'ombre de de cette fleur immense. @® ®@ ®@ ®@
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