‹ Le Jardin des îles claires: poèmesChapitre 2 sur 6 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Parmi les roseaux des rives chanteuses Le clair Avril scintille sur le fleuve, Et la barque frêle éparpille les gemmes D'eau lucide en fuite où les poursuit la proue.

Le clair Avril palpite, et sa candeur parsème L'heure matinale de lys et d'hélianthèmes Plus diaphanes que la fraîcheur de ses joues.

Et Toi, qui doucement dans ta barque te joues Des désirs qui t'implorent sur le rivage.

Te voici, rieuse, comme Avril qui se dresse au fleuve Disperser, plus léger que des pétales, un plumage Peut-être, cendre à peine dont les eaux s'émeuvent, Des oiseaux tendres qui chantent dans ta voix.

l8 LE JARDIN DES ILES GLAIRES

Ta voix 1 tous les parfums se pâment

De frissonner radieux au rire de tes lèvres,

Aux palpitations de la joie

Qui éclate dans tes yeux sans fièvre,

Et de s'unir parmi la flamme

Soyeuse de ta chevelure puérile,

Tous les parfums chatoient dans Tair en gemmes,

Et c'est toi qui brilles, tu es toi-même

L'adolescent frêle et splendide, le clair Avril !

Les matins juvéniles sont révolus, Près des roseaux des rives chanteuses.

Ta joie en mon Avril ne fleurit plus.

J'écoute s'éloigner la barque sur le fleuve.

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