DÉCEMBRE
La longue nuit d'hiver sanglote dans la brume
Sous la lampe des paroles inquiètes
S'éveillent en aigrettes d'écumes
Plus scintillantes que les gemmesf dont vous êtes,
Ce soir, auprès de moi, diversement parée.
Les parfums d'ambre subtil évaporés
De vos gants jetés sur l'éventail de plumes,
Le sourire issu clair de vos yeux
Et dont fraîches vos lèvres s'allument.
L'éclair de grand triomphe audacieux
Dont resplendit la chair de vos épaules nues,
Vos bras lisses et forts et de fondant ivoire,
La musique de votre voix ingénue
2l\ LE JARDIN DES ILES GLAIRES
Ont affolé si bien le silence du boudoir Que j'ai, muette ferveur qui me grise, Baisé les bagues de votre main surprise, Mais brusque vous Tavez retirée.
La froide nuit d'hiver près de nous est entrée.
Nous nous taisions, paupières basses, sous la lampe
Versant Tonde lumineuse de ses corolles
Réjouir aux tapis les griffons qui y rampent,
Étranges et placides idoles
Qui accueillaient les confidences de notre émoi.
Nous nous taisions, vous ne souriiez plus, et moi,
Soudain, j'osai, triste, de paroles
Inquiètes, supplier votre long souci :
Je vous rappelai la douceur
D'avoir vécu longtemps, vous, la sœur
De mon rêve par vos sourires adouci.
Et moi, pour vous, le frère
Dont la sage ferveur avait su faire taire
En votre souvenir le cri de vos douleurs ;
Je vous balbutiai la timide caresse
Qu'allumait en mes yeux la fleur de vos regards,
Toute la joie et toute Tivresse,
Le clair bonheur autour de vous épars
Et le regret du geste de ce soir,
Et la prière d'un pardon, et mon espoir.
Alors ! — je ne sais si la brume nocturne S'est déchirée énamourée de pur soleil ! — Vous eûtes vers moi ce regard tendre, et Pune Et Tautre, vos mains splendides, corbeilles Odorantes de fruits et de fleurs de merreilles, Vous les tendîtes, souriante, à la soif de mes baisers
Nuit d'hiver ! nuit profonde et d'azur apaisé I