‹ Le jardin des plantesChapitre 13 sur 83 · C.YWWY kMV · texte numérisé non relu

C.YWWY kMV

MENAGERIE.

en portant îles choses lourdes; son air était assez triste, sa démarche grave, ses mouvements mesurés, son naturel doux et très-différent de celui des autres Singes. Le signe et la parole suffisaient pour le faire agir. Nous avons vu cet animal présenter la main pour reconduite les gens qui venaient le visiter, se promener avec eux et comme de compagnie; nous l’avons vu s’asseoir à table, déployer sa serviette, s’en essuyer les lèvres, se servir de la cuiller et de la fourchette pour porter à sa bouche, verser luimême sa boisson dans un verre, le choquer lorsqu’il y était invité, aller prendre une tasse et une soucoupe, l’apporter sur la table, y mettre du sucre, y verser du thé, le laisser refroidir pour le boire, et tout cela sans autre instigation que les signes ou les paroles de son maître, et souvent de lui-même. Il ne faisait de mal à personne, s’approchait même avec circonspection, et se présentait comme pour demander des caresses. Il aimait prodigieusement les bonbons : tout le monde lui en donnait, et comme il avait une toux fréquente et la poitrine attaquée, celte grande quantité de choses sucrées contribua sans doute à abréger sa vie. 11 ne vécut à Paris qu’un été et mourut l'hiver suivant à Londres. Il mangeait presque de tout, seulement il préférait les fruits mûrs et secs à tous les autres aliments. II buvait du vin, mais en petite quantité; il le laissait volontiers pour du lait, du thé ou d’autres liqueurs douces. »

Peut-être que le nouveau Chimpanzé aura paru un peu différent de ce portrait écrit sous une première impression. C’était néanmoins un animal fort doux, as&ez docile et très-intelligent; mais il n’avait pas été aussi bien élevé que celui de l’intendant du Jardin des Plantes; et quoiqu’il reçût des visites des personnages les plus éminents, il vivait modestement dans une des travées de la Rotonde, n’ayant fort souvent pour toute société qu’un chien ou un chat.

Au rapport de M. Broderip, naturaliste anglais, un jeune Chimpanzé, qui a vécu quelque temps à Londres, était aussi un animal fort remarquable par son intelligence.

«Dès qu’il lui devenu un peu familier avec moi, dit ce savant, je lui montrai un jour, en jouant, un miroir, et je le mis tout à coup devant ses yeux. Aussitôt il lixa son attention sur ce nouvel objet, et passa subitement de la plus grande activité à une immobilité complète : il examinait le miroir avec curiosité, et paraissait frappé d’étonnement; ensuite il me regarda, puis porta de nouveau les yeux sur la glace, passa derrière, revint par-devant; et tout en considérant son image, il cherchait, à l’aide de ses mains, à s’assurer s’il n’y avait rien derrière le miroir; enfin, il y appliqua ses lèvres. Un sauvage, d’après les récits des voyageurs, ne fait pas autrement dans la même circonstance. »

L’Orang-Outang ( Pilhccus salyrus ) n’a été vu vivant en France que pendant le dix-neuvième siècle. Quatre individus ont été amenés à Paris : 1° une jeune femelle de Bornéo, offerte, en 1808, à l’impératrice Joséphine par M. Decaen, et qui a fait partie de la ménagerie dé la Malmaison , où elle est morte cinq mois après son arrivée; 2» un autre qu’on montrait dans la rue Saint-André-des-Arcs, en 1809; 5° le jeune mâle de Sumatra, qu’on a vu au Muséum depuis le mois de mai 1836 jusqu’au commencement de janvier 1857, époque de sa mort; 4° un sujet également jeune, et postérieur au précédent, qui appartenait à la direction du Cirque-Olympique. On avait d’abord eu 1 intention de le faire jouer avec les autres singes qu’on a vus sur ce théâtre il y a quelque temps, mais il n’a pas même débuté.

Tous ces Orangs étaient jeunes, ainsi que ceux qu’on a vus en Angleterre, et les quatre ou cinq Chimpanzés amenés vivants en Europe. L’intelligence de ces animaux est des plus souples, et, dans le jeune âge, leur caractère se distingue par une douceur et une gaieté qu’on pourrait appeler enfantine. Mais il n’en est pas de même des adultes, dont la brutalité se développe à l’égal de leurs forces physiques, et les rend véritablement indomptables. Aussi n’en a-t-on jusqu’ici conservé aucun vivant.

Jack , l’orang-outang du Jardin des Plantes, était remarquable par sa douceur, par son amabilité , et par un mélange de manières à la fois gauches ou intelligentes, selon que les actes qu’on voulait lui faire accomplir étaient plus ou moins en rapport avec la nature de son organisation. Il aimait beaucoup à jouer, surtout avec les enfants, et il vivait en quelque sorte familièrement avec son gardien, se conformant au régime du petit ménage qui l’avait accueilli , et subissant tour à tour les réprimandes ou les caresses de son tuteur, selon qu’il s’élail bien ou mal conduit. Jouait-il avec brusquerie, avait-il été gourmand, ou bien essayait-il de briser les vitres de son logement, ou de mordiller, comme un jeune chien, les personnes qui le visitaient; une correction sévère lui était administrée, et il la recevait, sinon de bonne grâce , du moins avec résignation ; cachant sa figure dans ses mains dès qu’on le menaçait, et versant des larmes quand on employait les coups. Il grimpait avec facilité à une corde placée dans son logement. Lorsqu’il s’asseyait, il croisait les jambes comme le font les Turcs et les tailleurs; et, dans celle attitude, sa physionomie ressemblait assez bien à celle des petites figurines indiennes appelées magots de la Chine.

11 mangeait assez proprement, et, suivant la nature des aliments, il se servait de la cuiller ou de la fourchette. Ici , comme dans presque tous ses actes, on reconnaissait des preuves de son intelligence. Nous n’en citerons qu’une ; un jour on lui avait apporté pour déjeuner de la salade, que sans doute il trouvait trop vinaigrée; 1 idée lui vint

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d oter un peu de vinaigre en trottant la salade sur les poils de son bras; mais ce moyen ayant été infructueux, il prit les feuilles, et les pressa l’une après l’autre entre les plis d’une couverture qui lui servait de tapis.

Cet animal était curieux et gourmand; les nombreuses corrections de son gardien n’avaient pas tardé à lui montrer qu’il devait cire un peu plus réservé ; aussi exécutaitil ses petits coups lorsqu’on ne faisait pas attention à lui. Il ne pouvait rester seul : le voisinage d’un chien rendait d’abord son isolement moins triste; mais il s’en fatiguait promptement. Il lui fallait la société des hommes, et quoiqu’il affectionnât de préférence un petit nombre de personnes qu’il voyait plus fréquemment, il se liait néanmoins fort aisément avec tout le monde.

Les Orangs adultes sont essentiellement tristes et paresseux, et leur démarche a quelque chose de grave. On suppose que la durée de leur existence ne dépasse pas quarante ou cinquante ans.

Le travail de la dentition, toujours pénible chez les animaux captifs, n’a pas permis aux Orangs-Outangs que l’on a pu se procurer d’arriver à l’âge adulte. 11 en est ainsi de presque tous les singes de nos Ménageries que l’on a pris jeunes, et même de beaucoup d’autres animaux. La dentition des Orangs et des autres Singes de l’ancien monde suit les mômes phases que celle de l’espèce humaine.

5. Aucune espèce de Gibbon n’a encore vécu à la Ménagerie; mais on en voyait un , il y a peu de temps, dans un des cafés du boulevard du Temple, à Paris; cl la liberté dont on le laissait jouir permettait au public de constater l’agilité de ses mouvements. Les Gibbons sont construits sur le même modèle que les Orangs. Ils sont destinés, comme ceux-ci, à vivre sur les arbres; leurs membres antérieurs sont fort longs, et les postérieurs proportionnellement assez courts. Ils n’ont pas autant d’intelligence que les Orangs; mais en grandissant, ils conservent des mœurs plus douces, et jamais ils ne présentent le caractère brutal de ces derniers. Ce sont, en somme, des animaux fort tristes, et dont la démarche à terre est assez embarrassée; ils ne montrent de l’agilité qu’en grimpant sur les arbres ou en s’élançant d’un point à un autre ; il paraît même que sous ce rapport ils sont bien supérieurs aux Orangs. Un des traits dominants de leur caractère est l’affection qu’ils portent à leurs petits.

On n’a encore trouvé d’Orangs qu’à Sumatra et à Bornéo. Les Gibbons existent aussi dans ces deux îles, et de plus à Java, à Celèbes, etc., ainsi que sur une partie du continent indien.

Buffon a observé vivante une des espèces du genre Gibbon.

4. Les Singes qui précèdent n’ont pas d’apparence de queue, et leurs vertèbres caudales constituent, comme chez l’homme, un petit coccyx caché sous les téguments. Ce caractère, et quelques autres encore, tels que l’élargissement de leur sternum, la forme tuberculeuse de leurs dents molaires, etc., les ont fait considérer comme les plus semblables à notre espèce et nommer anthropomorphes. Linné les plaçait même dans le genre Homme. Après eux, nous devons parler des autres Singes qu’on voit à la Ménagerie, et en premier lieu des semnopitiièques.

Ceux-ci constituent un genre assez nombreux en espèces propres à l’Inde et à ses îles. Il y en a aussi en Afrique, sous l’équateur; mais la particularité d’avoir le pouce des mains de devant très-court ou même rudimentaire et caché sous la peau, les avait fait distinguer en un genre particulier sous le nom de Colobes. Le Doue, le Nasique , VEn-

8ü SECONDE PARTIE.

telle, etc., sont des Semnopillièques. Le Gucreza d’Abyssinie, et quelques aulres assez peu connus, sont des Colobes. L’entelle est le seul des Semnopillièques que 1 on ail possédé vivant à Paris. Ce Singe, qui vil au Bengale, est un de ceux que les Indous révèrent, el dont la capture est interdite. On a pu cependant en observer a l’état de captivité des sujets jeunes et adultes. Fr. Cuvier, en rappelant les modifications que l’âge amène dans le moral de ce Singe et de la plupart des autres espèces qu il a été possible d’étudier, s’exprime ainsi :

« Pendant sa première jeunesse, l’Enlelle a le museau très-peu saillant : son front est assez large et presque sur la même ligne que les autres parties de la face; le crâne est élevé, arrondi, et renferme un cerveau qui le remplit entièrement. A ces traits organiques se joignent des qualités intellectuelles très-étendues; une étonnante pénétration pour concevoir ce qui peut lui être agréable ou nuisible, d’où naît une grande facilité à l’apprivoiser par les bons traitements, et un penchant invincible à employer la ruse pour s’approprier ce qu’il ne pourrait obtenir par la force, ou pour échappera des dangers qu’il ne parviendrait pas à surmonter autrement. Au contraire, 1 Enlelle trèsadulte n’a plus de front; son museau a acquis une proéminence considérable, et la convexité de son crâne ne nous présente plus que l’arc d’un grand cercle, tant Incapacité cérébrale a diminué. Aussi, ne trouve-t-on plus en lui les qualités si remarquables qu il nous offrait auparavant: l’apathie a remplacé la pénétration; le besoin delà solitude a succédé à la confiance, et la force supplée en grande partie à l’adresse. Ces différences sont si grandes , que , dans l’habitude vicieuse où nous sommes de juger des actions des animaux par les nôtres, nous prendrions le jeune Enlelle pour un individu de l’âge où les développements les plus tardifs sont atteints, où toutes les perlections morales de 1 espèce sont acquises, et où les forces physiques commencent à s’affaiblir ; et l’Entelle adulte, pour un individu qui n’aurait encore que sa force physique , et qui n’obtiendrait que plus tard celle qui est destinée à la diriger. Mais la nature n’agit pas ainsi avec ces animaux , qui ne doivent point sortir de la sphère étroite où ils sont destinés à exercer leur intluence. Pour cela il suffit, en quelque sorte, qu’ils puissent veiller à leur conservation. Or, dans ce but, l’intelligence était nécessaire quand la force n’existait point encore; dès que celle-ci est acquise, toute autre puissance perd son utilité; et en effet, c’est ce que nous montrent encore tousles Singes : tant qu’ils sont jeunes, ils rivalisent presque avec l’homme de pénétration et d’adresse ; et dès que leurs forces musculaires se développent , ils deviennent sérieux et féroces. En esclavage même, plutôt que de solliciter du geste et de la voix , ils exigent en menaçant, et au lieu de la liberté turbulente, mais sans danger, dont on pouvait les laisser jouir, il faut les charger de chaînes pour éviter qu’ils ne se livrent à tonte leur méchanceté. Et ces faits n’ont pour cause ni la gêne , ni rien de ce (pii se trouve de violent dans la situation de ces animaux renfermés dans nos Ménageries. Les mêmes observations ont eu lieu de la part de tous ceux qui ont pu étudier les Singes, là où ils jouissent le plus de leur liberté. »

5. Le genre guenon ou cercopithèque, en latin Cercopitliecus , n’a jusqu’ici fourni, d’une manière authentique, que des espèces africaines; el celles que dans quelques ouvrages on donne encore comme des Cercopithèques asiatiques, sont, par la gracilité de leurs formes, aussi bien que par la nature de leur crâne, de leurs dents, et les boursoufflurcs de leur estomac, de véritables Semnopillièques.

MENAGE Hit.

La Ménagerie possède toujours plusieurs espèces de Guenons, et plus fréquemment le malbrouck (Cercopithecus faunus); le callitricüe (Cercopithecus sabœus) ; et le pat as ( Cercopithecus ruber ). La patrie du premier n’est pas encore bien constatée, et quelques auteurs ont même pensé qu’il pourrait bien être du Bengale, ce qui est peu probable; le second est du nord de l’Afrique, mais surtout du Cap-Vert et du Sénégal; et le troisième nous vient habituellement du Sénégal. On le trouve aussi dans la Nubie , ou du moins ce pays en produit une espèce fort voisine, le nisnas, qui paraît avoir été représentée sur d’anciens monuments égyptiens. Celle espèce, ou variété, a reçu le nom latin de Cercopithecus pyrronolus.

Il en est d’autres qui, étant moins communs , ont par cela même plus de prix; leur patrie est principalement la Guinée, et parmi eux se rangent les plus intelligents et les plus dociles de tous les Cercopithèques. Leur front ne s’efface pas autant avec l’âge, et ils n’acquièrent pas, même dans les mâles, le grand développement des dents canines , qui est caractéristique chez les Malbroucks et les Patas.

Le T A L A poi N , C. Talapoin ; La s cagne , C . Ascatuus ; le il oeil E u R , C. A ielilans , dont vous voyez ci-dessus la figure; le moustac, C. Cephus , sont dans ce cas. Entre eux et les précédents se rangent la m on e [Cercopithecus mona), remarquable par les jolies touffes de poils jaunes qui lui servent de favoris, et aussi une espèce voisine de la Diane ou roloway, espèce nommée Cercopithecus leucampyx ou diademalus.

C’est d’après des animaux qu’on a nourris à la Ménagerie, que le gr i v et , du Sennaar et d’Abyssinie (Cercopithecus griscus , F. Cuvier) , ainsi que le vervet de I Afrique australe {Cercopithecus pygerylhrus, F. Cuvier), ont pu être distingués nettement du Malbrouck, avec lequel on les avait jusqu’alors confondus. Le Grivel est l’espèce de guenon que les anciens Egyptiens ont le plus souvent représentée ; il nous vient encore de Nubie et d'Abyssinie , où il a pour compatriotes le Patas et le Papion.

0. Les macaques (Macacus, ou mieux Cynopilhecus) , qui forment un autre genre, se reconnaissent à des formes plus lourdes; leurs dents rappellent celles des Semnopitlièques, mais leur museau est plus allongé, leur oreille n’est pas bordée , et elle commence à devenir anguleuse dans la partie supérieure. Leur queue est plus ou moins longue, quelquefois à peine visible, mais, dans le premier cas, toujours traînante et ne se relevant pas au-dessus du dos , comme chez les Guenons et les Semnopithèques. Les premiers sont africains; on les nomme Mangabeys. Il y en a deux espèces, le m a ngarev

a collier ( Mucacus œlhiops ) , et le mangabe y fuligineux ( Macacus / uliginosus ) ; tous deux ont été possédés vivants. Buflbn donnait à tort ces animaux comme originaires de Madagascar.

Le macaque commun (Macacus cynomolgos) vient principalement du Bengale et des îles de la Sonde ; et comme c’est un des Singes les plus communs, il n’est pas rare d’en voir entre les mains des petits Savoyards qui, à Paris, et dans toutes nos grandes villes, font métier de l’intelligence ou de la singularité de différents animaux.

Il y en a toujours à la Ménagerie, ainsi que des bonnets chinois (Macacus sinicus),

espèce assez voisine , mais plus pâle dans ses couleurs, à front moins couvert , et à poils du sommet de la tète habituellement irradiés.

On possède en ce moment une variété curieuse de l’espèce du Macaque; c’est un sujet entièrement albinos , dû à M. Alfred Clienest.

Une fort jolie espèce, également asiatique, et particulière à la côte de Malabar, est

l’OUEND A RO U.

Le réformateur de la nomenclature en histoire naturelle, Linné, qui savait si habilement appliquer aux espèces qu’il dénommait des épithètes en rapport avec quelquesunes de leurs particularités, l’appelait Simia Silenus, aujourd’hui Macacus Silenus , à cause de sa longue chevelure, en partie composée de poils gris, et comparable à celle d’un vieillard de joyeuse compagnie.

Le rhésus, appelé par Buffon tatas a queue courte, est plus commun que le précédent, et le Maimon , ou singe à queue de cochon ( Macacus ncmcslrinus ), n’est pas

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non plus extrêmement rares; c’est un des Macaques les plus forts et les plus laids. On n'a vu qu’une seule fois à Paris, et à Londres, le macaque nègre ( Cynopilhccus niger), espèce qui fut prise d’abord pour un Cynocéphale, et qui a pour caractère d’èlre entièrement noire et de manquer de queue. Ce curieux animal a dans ses allures quelque chose des Gibbons et du Chimpanzé. Il semble aussi plus intelligent que la plupart de ses

congénères, et sa physionomie, ses oreilles même, qui sont presque complètement bordées

comme celles de l’Orang, expriment extérieurement la supériorité de sa nature morale.

A la fin des Macaques, et à leur tête, si on considère la fréquence de ses apparitions dans nos ménageries, prend place le Magot ( Macacus innus). C’est le singe qu’a disséqué Galien, et d’après lequel les anciens ont connu par analogie la structure physique de l'homme. C’est à tort, ainsi que l'a remarqué M. de Dlain ville , que Camper, célèbre naturaliste hollandais, avait rapporté à l'Orang la description anatomique faite dès le deuxième siècle par le professeur d’Alexandrie , et qui, jusqu’au temps de Vésale, a été la seule que les médecins apprissent. Le Magot vit sur les rochers les plus escarpés de la Barbarie. Il yen a aussi quelques-uns sur la montagne de Gibraltar; mais rien ne démontre que ce ne soient pas des individus échappés à la captivité. Les Singes de cette espèce manquent de queue, comme ceux des trois premiers genres; ils sont fort intelligents et susceptibles, surtout dans le jeune âge, d’une éducation assez étendue. On en a fait quelquefois le type d’un genre à part, dans lequel on a aussi placé des Macaques sans queue, celui de Cochinchine cl celui du Japon, dont on n’a encore vu en Europe que les dépouilles. Mais le Magot, par les caractères de sa dentition et de son crâne, fort peu différents d’ailleurs de ce qu’ils sont dans les autres Macaques, est le seul qu'on soit autorisé à placer dans ce genre.

7. Les cynocéphales (ou le genre Chœropilhecus , dénomination qui veut dire cochons-singes) ont la queue pendante, mais légèrement relevée à sa base; leurs narines

sont tout à fait terminales, et donnent à leur tète l’apparence d’une tète de cochon ou même de chien, ce qu’on a voulu exprimer par le mot cynocéphale. Si l’on considère seulement la manière de vivre de ccs singes, la première de ces dénominations leur convient beaucoup mieux que la seconde, car ils sont sales et grossiers au dernier point. Us nous viennent d’Afrique. Le plus commun est le papion ( Cliœropilliccus sphynx) de la Haute- Egypte. 11 est verdâtre et tiqueté de jaune; ses formes sont trapues, sa queue est assez longue, mais ne louche pas le sol, quand l’animal est en marche. On le distingue du rarouin, qui est plus jaunâtre, et duCHAiMA (Cliœropilliccus cynocephalus), espèce des environs du cap de Bonne-Espérance, et dont l’aspect a quelque chose d’effrayant. Le tartarin ( Chœropilhecus hamadryas ) paraît, au contraire, plus doux ; il est en effet plus facile à apprivoiser. Dans les mâles adultes, les poils sont fort agréablement mouchetés de cendré, et ceux de la tète cl du thorax forment une sorte de crinière qui coiffe l’animal comme d’une ample perruque. L’Arabie est la patrie de ce singe, et les bateleurs égyptiens le mènent fréquemment avec eux. Quatre Hamadryas, d’âge et de sexe différents, ont vécu à la Ménagérie dans ces deux dernières années.

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